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Il faut un moratoire de 50 ans pour l'Arctique

Les nouvelles du Svalbard, Octobre 2015

Alors qu'il y a encore deux décennies des conditions météorologiques, glaciologiques et l'énormité des primes d'assurance dissuadaient toute navigation, le réchauffement climatique autorise désormais un transit saisonnier en Arctique, le long des frontières nord du Canada et de l'Alaska, à travers le célèbre Passage du Nord-Ouest, comme c'est le cas toute l'année le long de la côte russe, par le passage du Nord-Est. Avec le risque inéluctable de voir une catastrophe écologique se produire dans une région particulièrement vulnérable et dépourvue de tout support logistique.
Le cœur de l'océan Arctique et l'inaccessible pôle Nord lui-même, jadis recouvert en permanence d'une épaisseur de glace pluriannuelle de plusieurs mètres, se retrouve partiellement libre de glace à la fin de l'été, avec des conséquences désastreuses pour une faune arctique irréversiblement adaptée au froid.
L'utilisation massive des combustibles fossiles a provoqué la fonte rapide de cette indispensable réserve de froid. La disparition de la glace permet l'accès aux trésors du sous-sol marin, présumé riche en ressources naturelles telles que pétrole, gaz et autres minéraux pour lesquelles les pays riverains sont en compétition. En 2007, la Russie a planté son drapeau national au fond de l'océan Arctique et aujourd'hui, le pôle Nord géographique lui-même, point symbolique dans l'océan, est revendiqué par le Canada, la Russie et la Norvège.
Et si, au lieu de cette foire d'empoigne, les nations concernées suspendaient leurs revendications territoriales au-delà de la zone économique exclusive de 200 miles et renonçaient à l'exploitation des ressources fossiles de l'Arctique, au nom de l'intérêt supérieur de l'Humanité et des générations futures ? Cet acte de renoncement enverrait un signal fort à la communauté internationale, alors qu'elle se débat pour trouver un accord contraignant de limitation des émissions de gaz à effet de serre responsables de l'augmentation de la température de la planète.
Mettre l'Arctique à l'abri de toute exploitation de ses ressources minérales peut sembler idéaliste et irréaliste, mais il y a un précédent : l'Antarctique. Le grand continent de l'hémisphère Sud a failli lui aussi être ouvert à l'exploitation de ses richesses, lorsque la Convention de Wellington a été signée en 1988.
Il a fallu une mobilisation sans précédent des environnementalistes, aussitôt relayée par des millions de citoyens du monde signataires d'une pétition, pour écarter cette éventualité. Le commandant Cousteau, qui connaissait mieux que quiconque la dangerosité et la vulnérabilité du continent blanc pour y avoir tourné quatre films et failli y perdre la Calypso, pris la tête de cette campagne planétaire pour dénoncer l'absurdité et l'ignominie de cette convention.
Il réussit à convaincre le premier ministre Michel Rocard et le premier ministre australien Bob Hawke d'arrêter le processus de ratification. Le président des États-Unis George Bush puis d'autres responsables politiques se rallièrent à leur tour à cette position. Six enfants représentant chacun un continent sont venus solennellement prendre possession de l'Antarctique, au nom des générations futures. Le film réalisé sur leur expédition a été envoyé aux députés de tous les pays signataires du traité de l'Antarctique ainsi qu'aux membres du Congrès américain.
En moins de trois ans, la situation a été renversée. Signé en 1991, le Protocole de Madrid a instauré un moratoire de 50 ans sur toute exploitation des ressources minérales, pétrole, gaz, charbon et autres minéraux, et déclaré l'Antarctique « Terre de paix, Terre de science ».
Aujourd'hui, seule la recherche scientifique et un tourisme durable sont autorisés sur le continent blanc et l'idée même d'une exploitation y paraîtrait scandaleuse, sinon sacrilège, à la plupart d'entre nous. À une époque où les préoccupations pour le climat n'étaient pas aussi vives qu'aujourd'hui, certains ont su dire non. Des voix par millions se sont élevées avec succès pour défendre des intérêts communs, placés au-dessus des considérations nationales et pécuniaires.
Un tel sursaut est-il possible aujourd'hui de la part des pays limitrophes de l'Arctique, Canada, Danemark, Groenland, États-Unis, Islande, Norvège, Russie ?
La compagnie Shell vient de renoncer à toute exploration au large de l'Alaska, principalement pour des raisons économiques. Pour que les autres compagnies pétrolières suivent le même chemin de l'abandon, elles ont besoin de signaux forts que seuls les États peuvent leur envoyer. L'Arctique est un bien commun de l'humanité.
Instaurer pour 50 ans un moratoire sur l'exploitation de ses ressources minérales, et déclarer l'Arctique « Terre de paix, Terre de science », serait un formidable message d'espoir pour l'avenir en ces temps incertains.

Source : Le Monde 16/10/2015



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