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La science russe au service de la conquête de l'Arctique

Les nouvelles du Svalbard, Août 2014

Lors du dernier conseil scientifique au printemps dernier du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie "Sur la mise en œuvre de la politique d'état de la Fédération de Russie en Arctique dans l'intérêt de la sécurité nationale", le président V. Poutine a notamment déclaré : "[Dans cette région] sont concentrés pratiquement tous les aspects de la sécurité nationale : défense et politique, économie, technologie, écologie, et ressources naturelles. Ainsi, suivant les estimations des experts, le total des réserves de ressources énergétiques de la partie arctique de la Fédération de Russie dépasse 1600 milliards de tonnes, et le plateau continental contient un quart de l'ensemble des réserves en hydrocarbures des plateaux continentaux de la planète." Une nouvelle "conquête" de l'Arctique est ainsi organisée par les autorités russes. La science et les scientifiques sont appelés à y jouer un rôle important, comme le confirme la liste des missions confiées par le Président au gouvernement le 29 juin dernier pour un "aménagement sûr et efficace du territoire arctique". La question territoriale maritime est primordiale. Il s'agit pour la Russie d'agrandir sa zone économique exclusive (ZEE) au-delà des 200 milles marins (370 km) garantis par la convention des Nations unies sur le droit de la mer (Montego Bay 1982). Créée par cette convention, la Commission des limites du plateau continental (CLPC) est chargée d'examiner les demandes d'extension de ZEE présentées par les différents pays. La Russie va déposer en 2015 une demande, reprenant et développant un dossier déjà déposé en 2001, concernant les dorsales de Lomonossov et de Mendeleïev ; la première est l'objet de demandes similaires du Canada et du Danemark, et a une forte charge symbolique, puisque le territoire concerné contient le pôle Nord.

Les scientifiques russes sont donc chargés de réunir les arguments géologiques suffisants pour convaincre la CLPC du bien-fondé de cette revendication, et s'inscrire ainsi dans la suite du succès obtenu en mars dernier à propos de la mer d'Okhotsk, partie de l'océan pacifique située entre les îles Kouriles et la péninsule du Kamchatka. Ainsi, le 30 avril, une équipe de l'Institut Trofimuk de géologie et géophysique du pétrole et du gaz, organisme basé à Novossibirsk et rattaché à la Branche sibérienne de l'Académie des sciences, a présenté des résultats concernant la dorsale Mendeleïev. D'autre part, la Russie et la Chine ont décidé de coopérer pour former des spécialistes de haut niveau en droit maritime international. L'Université fédérale d'extrême orient (Vladivostok) et l'Université des transports de Shanghai vont ainsi créer un Institut conjoint de recherches sur les mers frontières et l'Arctique, à dominante juridique, mais qui a vocation à étendre ses activités aux domaines scientifiques et technologiques. Le gouvernement prépare un programme de recherches scientifiques sur l'Arctique et l'Antarctique qui est annoncé comme ouvert à la coopération internationale. L'un des premiers objectifs cette nouvelle initiative sera la constitution d'un Atlas national de l'Arctique, regroupant l'ensemble des connaissances sur le sujet. Là encore, un enjeu politique est présent : faire en sorte que les données obtenues par les compagnies russes et étrangères lors de leurs recherches arctiques soient accessibles à tous les organismes scientifiques russes. Les préoccupations écologiques et le suivi du changement climatique sont également prioritaires. Nikolaï Kasimov, doyen de la faculté de géographie de l'Université d'état de Moscou (MGU) a d'ailleurs signalé que la Russie perdait des territoires en raison de la fonte du pergélisol côtier, sur le continent comme sur les îles de l'océan arctique. Les géants pétrolier et gazier, Rosneft et Gazprom, ont une obligation d' "excellence écologique" dans leurs recherches de nouveaux gisements, et contribuent à divers programmes scientifiques et technologiques, depuis le développement de techniques utiles à la prévention et au traitement des marées noires, jusqu'à l'étude des ours polaires.
Le développement de la route maritime du nord (RMN) est une conséquence du changement climatique. De 1,8 millions de tonnes en 2010, le tonnage annuel de marchandises transportées par la RMN pourrait atteindre 50 millions de tonnes en 2020. L'accompagnement de cette transformation inclut la création d'un nouveau port, Sabetta sur la péninsule du Yamal, et la construction de nouveaux brise-glaces nucléaires. Pour coordonner l'ensemble de la politique arctique russe, et notamment l'intégration de la recherche scientifique à l'aménagement de ces nouveaux territoires, la Russie songe à se doter d'un organisme gouvernemental ayant une vision et une compétence globales. La création d'un ministère a récemment été évoquée ; l'idée a été abandonnée et la forme précise du futur organisme est encore débattue.

Source : BE Russie Août 2014

Traduction et adaptation : Bernard Soumier



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