Alors que l’État cherche à faire des économies et que les retraites sont, une fois de plus, dans le viseur, une question se pose : faut-il s’attendre à un gel des pensions en 2026 ? Spoiler : rien n’est encore décidé, mais le scénario fait son chemin…
Une « année blanche » qui pourrait tout geler… sauf les inquiétudes
Dans les coulisses de Bercy, un mot commence à faire frémir : gel. Pas celui du matin d’hiver, mais celui des dépenses publiques, qui pourraient être maintenues à leur niveau actuel l’an prochain. L’idée, surnommée « année blanche », serait de reconduire les budgets 2025 en 2026 sans les adapter à l’inflation. Un peu comme si votre facture de courses augmentait, mais que votre portefeuille, lui, restait figé.
Ce scénario, évoqué par Amélie de Montchalin (ministre des Comptes publics), s’inscrit dans une stratégie plus large : trouver 40 milliards d’euros d’économies. Rien que ça. Objectif ? Redresser les comptes sans faire porter tout le poids à une seule catégorie de la population. Sauf que dans les faits, certaines poches risquent de sentir passer l’effort plus que d’autres.
Des retraites sous haute tension
Habituellement, les pensions de retraite sont revalorisées chaque année en fonction de l’inflation, selon les règles du Code de la Sécurité sociale. Mais si le gel entre en vigueur, fini le petit coup de pouce habituel en janvier.
On parle ici d’un manque à gagner d’environ 3 milliards d’euros pour les seuls retraités. Et pour ceux qui scrutent leur fiche de pension comme un bulletin météo en espérant le beau temps, cette nouvelle n’a rien de réjouissant. À titre d’exemple, si l’inflation se situe entre 1,1 % et 1,3 % début 2026, c’est autant de pouvoir d’achat qui s’envolerait… sans rattrapage.
Ce ne serait d’ailleurs pas une première : en 2019, certaines pensions avaient déjà été gelées pour les retraités au-dessus d’un certain seuil. Une mesure qui reste en travers de la gorge de beaucoup.
Fiscalité : quand l’inflation vous fait payer plus
Autre victime potentielle de cette année blanche : le barème de l’impôt sur le revenu. Lui aussi est normalement ajusté à l’inflation pour éviter que les hausses de salaire (même minimes) ne fassent grimper injustement la facture fiscale.
Sans cette revalorisation, l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) estime que près de 18 millions de foyers pourraient voir leur impôt augmenter. Pire : environ 400 000 contribuables deviendraient imposables du jour au lendemain. Voilà qui change les perspectives quand on pensait échapper à l’impôt cette année-là.
Et maintenant ?
Rien n’est encore officiel. Le Haut-commissaire au Plan, François Bayrou, doit dévoiler ses propositions d’ici la mi-juillet. Mais une chose est sûre : dans un contexte où l’inflation peine à ralentir et où les Français doivent déjà composer avec la hausse des prix alimentaires, de l’énergie et des loyers, le moindre gel de revenu sera ressenti comme un coup de froid.
À noter que les économistes rappellent régulièrement qu’un gel temporaire peut avoir un effet cumulatif sur le long terme. Autrement dit, si la retraite n’est pas revalorisée une année, cela impacte aussi toutes les suivantes.
En attendant les annonces officielles, mieux vaut garder un œil sur ses finances et anticiper. Car si les pensions ne suivent pas, c’est le pouvoir d’achat qui recule. Et dans une France qui vieillit, cela pourrait peser lourd dans la balance… surtout celle des fins de mois.