Un nouveau projet de loi faciliterait les poursuites contre les employeurs et les propriétaires qui profitent des travailleurs étrangers vulnérables, comblant ainsi un vide juridique de longue date.
Le gouvernement norvégien a soumis un nouveau projet de loi au Parlement visant à lutter contre l'exploitation des travailleurs étrangers, en particulier ceux en situation de vulnérabilité en raison d'un statut de résidence temporaire ou incertain.

Si elle est adoptée, la législation introduirait une nouvelle disposition pénale dans la loi sur l'immigration (Utlendingsloven), élargissant ainsi les personnes pouvant être tenues responsables des abus et augmentant les peines de prison potentielles.
Combler une lacune juridique
En vertu de la loi norvégienne actuelle, seuls les intermédiaires tels que les agents de recrutement ou les courtiers en logements peuvent être poursuivis pour exploitation de travailleurs étrangers.
Cela a longtemps été critiqué comme étant une lacune du système, dans la mesure où les employeurs et les propriétaires eux-mêmes ne peuvent généralement pas être tenus pénalement responsables en vertu de la même disposition. La loi proposée changerait cela.
Les employeurs et les propriétaires qui exploitent des travailleurs étrangers pourraient être condamnés à des peines de prison allant jusqu'à trois ans, voire jusqu'à six ans dans les cas particulièrement graves. Cela représente une augmentation significative par rapport au maximum actuel de deux ans, qui s'applique uniquement aux intermédiaires.
Cibler l’exploitation au-delà de la traite des êtres humains
La Norvège dispose déjà de lois strictes contre la traite des êtres humains à des fins de travail forcé. Cependant, le gouvernement affirme que de nombreux cas d’exploitation ne satisfont pas à ce seuil légal, tout en causant de graves préjudices.
Les exemples mis en évidence dans la proposition comprennent :
- Des travailleurs sous-payés
- Facturer un loyer excessif
- Utiliser le statut d'immigration d'un travailleur pour le pousser à accepter de mauvaises conditions
La ministre de la Justice, Astri Aas-Hansen, a déclaré que l'objectif était de traiter plus efficacement ces affaires de la « zone grise ».
« L'exploitation des travailleurs étrangers constitue une menace pour le marché du travail et une violation de la sécurité et des droits des individus en situation de vulnérabilité », a-t-elle déclaré dans un communiqué du gouvernement.
Focus sur les ressortissants étrangers vulnérables
La proposition se concentre particulièrement sur les ressortissants étrangers sans résidence permanente en Norvège, qui sont considérés comme étant plus exposés au risque d'exploitation.
Cela inclut les personnes qui dépendent d’un emploi ou d’un logement pour maintenir leur séjour légal dans le pays, ce qui les rend moins susceptibles de signaler des abus ou de contester un traitement injuste.
Le gouvernement affirme que des protections juridiques plus fortes sont nécessaires pour protéger ce groupe et garantir des conditions équitables sur le marché du travail.
Une répression plus large de la criminalité sur le lieu de travail
Le projet de loi fait partie des efforts plus larges du gouvernement pour lutter contre la criminalité sur le lieu de travail et ce que l'on appelle le « dumping social », où les travailleurs étrangers se voient proposer des salaires ou des conditions bien pires que les normes norvégiennes.
Il s’aligne également sur les objectifs politiques plus larges énoncés dans les stratégies nationales sur la sécurité du marché du travail et les efforts de lutte contre la traite.
La proposition a été soumise au Storting le 27 mars 2026 et sera désormais débattue avant qu'une décision finale ne soit prise.
Que se passe-t-il ensuite ?
Si elle est approuvée, la nouvelle loi marquerait un changement notable dans la manière dont la Norvège lutte contre l’exploitation du travail, en étendant la responsabilité directement à ceux qui en bénéficient.
Pour les travailleurs étrangers en Norvège, en particulier ceux qui se trouvent dans des situations plus précaires, les changements pourraient offrir une protection juridique nettement plus renforcée.
Cependant, comme pour de nombreuses propositions législatives, le résultat final dépendra du débat parlementaire et des amendements potentiels dans les mois à venir.