Introduction au Svalbard ou Spitzberg
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Nouvelles du Svalbard et autres brèves polaires, février 2014

« Big Brother » sur l'Île aux Ours

Les 9 occupants de la station-météo située sur Bjørnøya sont en passe de devenir des célébrités à la télévision dans la veine de « Big Brother ». En effet la chaîne de télévision NRK envisage de passer les prochains 6 mois sur l'île afin d'y filmer leurs activités quotidiennes.
« Aucun d'entre nous n'a l'intention d'aller se cacher », affirme Erik Sommerseth, le chef de la station, en notant au passage que ceux qui ont été embauchés cette année étaient au courant. « La plupart des gens considèrent l'Île aux Ours et l'Arctique comme une expérience passionnante, et après cela ils retournent à leur existence habituelle. »
Erling Bjørklund, cameraman à NRK, la chaîne qui contribué à la production en 2004 de la série documentaire « Life in Svalbard » à Longyearbyen, disait vouloir essayer un projet similaire, mais dans un environnement différent du Svalbard. NRK va se rendre à la station 3 ou 4 fois d'ici le mois de juin, à raison d'un séjour de quelques semaines à chaque fois. La diffusion à la télévision sera programmée au plus tôt pour cet automne.

Falaises à oiseaux du sud de l'île aux Ours
Falaises à oiseaux du sud de l'île aux Ours

Source : Icepeople 7/01/2014

Barentsburg : réouverture de la mine

À la mine russe de Barentsburg la production va pouvoir reprendre. En effet, après 3 accidents graves en 2013 les autorités norvégiennes avaient décidé de fermer la mine. En avril et en juin deux mineurs furent mortellement blessés par des chutes de pierres ; un autre, en juin, a perdu l'usage d'une jambe après un accident. Ces 3 accidents ont coûté 1,3 millions de couronnes (environ 155 000 Euros) à la société Trust Arktikugol. La fermeture fut décidée en raison d'un niveau de sécurité globalement insuffisant. Entre-temps, la société Trust Arktikugol a, conformément aux directives norvégiennes, pris des mesures pour élever le niveau de sécurité des mineurs, et l'autorisation pour la reprise de l'exploitation a été accordée du côté norvégien. En 2008, suite à un incendie, la mine avait déjà été fermée pendant plus de 2 ans.

Le port de Barentsburg
Le port de Barentsburg

Source : Spitzbergen.de Janvier 2014

Île de Hopen : son découvreur Marmaduke immortalisé

La petite île de Hopen au sud-est du Spitzberg fut, d'après ce que l'on sait, découverte en 1613 par Thomas Marmaduke, un baleinier originaire d'Angleterre.L'île fut nommée d'après son bateau, le Hopewell, mais jusqu'à présent le nom du découvreur ne figurait sur aucune carte. Cela n'a pas échappé à l'attention des occupants de la station-météo, et le cuisinier a fait la demande auprès de l'Institut Polaire Norvégien pour la prise officielle du nom « Marmadukeskaret » désignant une petite vallée encaissée sur la côte ouest de l'île, à quelques centaines de mètres de la station, et qui porte désormais officiellement ce nom depuis le début de l'année.
Deux fois par an le comité compétent se réunit pour délibérer sur de nouveaux noms de lieu qui seront ensuite enregistrés sur la carte topographique. Tout le monde peut faire des propositions, mais en général on n'attribue pas des noms de personnes encore vivantes.

La station-météo de l'île Hopen
La station-météo de l'île Hopen

Source : Spitzbergen.de Janvier 2014

Envahisseurs polaires : empêcher la dissémination de nouvelles espèces

L'introduction d'espèces nouvelles au sein d'écosystèmes existants, isolés et pauvres en espèces s'est toujours révélée problématique, voire même catastrophique. Au Spitzberg le sujet n'est actuellement pas aussi dramatique qu'en Géorgie du Sud. Il y a plusieurs raisons à cela : d'abord, la flore et la faune sont plus riches en espèces et déjà mieux adaptées à des animaux herbivores ou carnivores. Ensuite, l'immigration naturelle par le vent et les courants marins en Arctique est, en raison des conditions géographiques, bien plus répandue que dans les îles très isolées de l'Antarctique, où le vent et la mer contribuent davantage à l'isolement qu'au rattachement à des régions plus chaudes.
Il ne faut cependant pas non plus sous-estimer le problème des espèces invasives dans l'Arctique. L'histoire du Spitzberg, jalonnée entre autres par son industrie minière, avec les matériaux de construction et le fourrage pour animaux, a permis l'introduction d'un bon nombre d'espèces. Les cas problématiques, qui peuvent mettre effectivement mettre sous pression la biodiversité locale, sont par exemple le cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris) qui pousse et prospère à Barentsburg et le campagnol d'Europe de l'est, (Microtus Levis), répandu dans les agglomérations. Le fait que ce rongeur soit tout à fait à l'aise dans des agglomérations abandonnées depuis des décennies ainsi qu'aux alentours, comme Colesbukta et Grumantbyen, montre bien qu'il n'a besoin que d'une adaptation minimum ou d'un réchauffement du climat, pour que l'espèce puisse se propager de façon conséquente. Or, l'administration norvégienne, qui ne semblait pas particulièrement pressée au Spitzberg, veut enfin s'attaquer au problème, en tirant les leçons de la situation provoquée par des rongeurs voraces dans les îles subantarctiques au large de la Nouvelle-Zélande ou en Géorgie du Sud. L'urgence est présente dans trois domaines et il faut avant tout empêcher autant que possible l'arrivée de nouvelles espèces au Spitzberg. Les vecteurs sont représentés par le fret, l'eau de ballast des bateaux, ainsi que les habits et les bottes des gens, auxquels adhèrent souvent de la terre avec des graines ou de la matière végétale. Les analyses ont révélé qu'une partie étonnamment importante des passagers débarquant de l'avion à Longyearbyen, transportent sur leurs bottes de la matière végétale susceptible de germer. C'est ainsi que l'on va demander à tous les passagers, avant un voyage au Spitzberg ou en général dans une région où croissent d'autres espèces, de débarrasser leurs chaussures, leurs vêtements et leur équipement de toute matière organique. C'est ce qui est déjà pratiqué résolument en Antarctique, afin de stopper et de contrôler la propagation de nouvelles espèces. Pour mettre en route ce processus, l'administration a présenté un plan d'action dans lequel le problème est décrit et l'urgence démontrée.

Source : Spitzbergen.de / Janvier 2014

Le changement climatique fatal pour beaucoup de bébés manchots

Le changement climatique tue beaucoup de bébés manchots en Argentine et pourrait aussi affecter ces oiseaux dans l'Antarctique, selon deux études publiées mercredi aux États-Unis. En provoquant une plus grande fréquence d'événements météorologiques extrêmes --tempêtes, pluies diluviennes, vagues de chaleur-- le réchauffement climatique fait des ravages parmi les plus jeunes oiseaux de la plus grande colonie de manchots de Magellan, en Patagonie, dans le sud de l'Argentine, selon une recherche de l'université de Washington parue dans la revue scientifique PLOS ONE. Ces chercheurs ont suivi pendant 27 ans (1983-2010) 3 496 petits manchots de moins de trois mois.
Durant la période étudiée, la plus grande partie de ces oisillons sont morts de faim. Mais certaines années, une grande partie a succombé aux pluies diluviennes faute d'avoir, à cet âge, un plumage imperméable. Cette absence de protection leur a aussi été fatale durant des vagues de chaleur car cela les a empêchés de plonger dans l'eau pour se rafraîchir comme le font les adultes.
Au total, 7 % des morts annuelles de petits manchots ont été imputés au changement climatique, avec, pour certaines années, un taux de 43 % voire 50 %. Les deux premières semaines de décembre sont les plus meurtrières : les oisillons ont à ce moment là moins de 25 jours, et ont été confrontés à un nombre croissant d'événements météorologiques extrêmes de 1983 à 2010, précisent les auteurs.
« Il s'agit de la plus longue étude à montrer un impact majeur du changement climatique sur la survie des jeunes manchots et la reproduction de ces oiseaux », souligne Dee Boersma, professeur de biologie de l'université de Washington et auteur de cette recherche menée à Punto Tombo, sur la côte atlantique argentine. Quelque 200.000 couples de manchots y résident de septembre à février pour se reproduire. « On ne peut rien faire pour atténuer les effets néfastes du changement climatique, mais il est possible d'agir pour éviter que la plus grande colonie de manchots de Magellan soit privée de nourriture en créant une réserve marine protégée, où ces oiseaux puissent chercher leur nourriture et élever leurs petits », a-t-elle ajouté. Selon Ginger Rebstock, de l'université de Washington et co-auteur de l'étude, «nous allons voir des années durant lesquelles quasiment aucun oisillon ne survivra si le changement climatique produit des tempêtes plus puissantes et plus fréquentes pendant la période de reproduction, comme le prédisent les climatologues». Une seconde étude, menée par Amélie Lescroël du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive en France, également publiée mercredi dans PLOS ONE, montre que le réchauffement climatique pourrait affecter les sources de nourriture des manchots de Terre-Adélie, dans l'Antarctique, compromettant leur survie.

Manchot papou et son jeune
Manchot papou et son jeune (B.SOUMIER)

Source : AFP Janvier 2014

Actualisations des directives environnementales au Spitzberg

La loi concernant les directives environnementales au Spitzberg (svalbardmiljøloven), réglemente ce qu'il est permis de faire et ce qui ne l'est pas. Il y a régulièrement des modifications et des rajouts. La dernière actualisation est entrée en vigueur au début de l'année mais il y a pas de changements significatifs pour ceux qui se rendent au Spitzberg, y compris les touristes.

Voici quelques nouveautés dans les réglementations actualisées :

• La zone de Longyearbyen a été élargie et comprend dorénavant aussi l'Adventfjord ; elle peut être ainsi gérée par l'administration locale élue. Jusqu'à maintenant l'Adventfjord, ainsi que tout le reste du Spitzberg, sauf les zones situées à l'intérieur des agglomérations, était juridiquement sous la responsabilité du gouvernement norvégien, dont fait partie le Sysselmannen (« gouverneur ») nommé à Oslo.

• De petits changements dans le domaine de la chasse concernent les taxes, l'âge requis pour la nouvelle génération de chasseurs : jusqu'à maintenant les nimrods en herbe devaient avoir 16 ans révolus ; aujourd'hui il suffit d'avoir 16 ans dans l'année, même si l'anniversaire tombe le jour de la St Sylvestre. À Longyearbyen, où les enfants, dès la maternelle, sont déjà mis en contact avec le thème de la chasse, cela va sûrement soulever l'enthousiasme. D'autres dispositions concernant les directives sur la chasse ont été renforcées.

• L'utilisation d'hydroglisseurs, autrefois interdits à terre et sur les plans d'eau intérieurs gelés, est à présent interdite aussi sur les eaux côtières jusqu'à un mile de la rive. Les bateaux à coussin d'air ont été récemment un sujet de controverse. On a recours à de tels bateaux pour la recherche, lors d'expéditions assez longues sur la banquise dérivante (en 2012 jusqu'au Pôle Nord), ainsi que pour le service des secours à Sveagruva, où des zones marécageuses assez importantes ne sont pas accessibles avec des bateaux normaux ou des véhicules, sachant que les exercices d'entraînement restent interdits. En tout cas une utilisation, non prévue mais après tout imaginable, d'hydroglisseurs à des fins commerciales comme dans le tourisme, est exclue.

• Les visiteurs de Ny-Ålesund peuvent se déplacer dans une zone plus large sans prévenir le gouverneur au préalable. La zone C qui ne nécessitait aucune autorisation a été élargie et englobe aussi les célèbres sommets des « Trois Couronnes » (« Tre Kroner ») à l'est du Kongsfjord, ainsi qu'une partie du Forlandsund. Comme la très grande majorité des chercheurs ne séjournent que temporairement à Ny-Ålesund, n'ont pas le statut de résidents et que sur le plan juridique- donc pour des excursions privées - ils sont répertoriés comme des nouveaux-venus et par conséquent comme des touristes, il est certain que cela en réjouira plus d'un.

Source : Spitzbergen.de /Janvier 2014

Des photos historiques retrouvées en Antarctique

Des négatifs de photos, abandonnés il y a un siècle dans la hutte de Robert Falcon Scott construite lors de sa dernière expédition, ont été retrouvés et conservés par des membres de la « New Zealand's Antarctic Heritage Trust ». La découverte a eu lieu dans la chambre noire de Herbert Ponting, le photographe de l'expédition Scott. Jusqu'à maintenant on ne possédait aucun cliché du groupe de la Mer de Ross qui faisait partie de l'expédition de Shackleton sur l'Endurance.
Les spécialistes néozélandais de la conservation ont pu reconstruire 22 clichés ; ceux-ci ont été pris par le groupe de la Mer de Ross lors de l'expédition transantarctique de Shackleton, appelée aussi « Endurance -Expedition » entre 1914 et 1917.
L'expédition de Shackleton avait pour but de traverser pour la première fois l'Antarctique à pied jusqu'au Pôle Sud, de la Mer de Weddell à la Mer de Ross. Le groupe partant de la Mer de Ross qui devait pénétrer à l'intérieur du continent et organiser des dépôts de vivre pour Shackleton et ses hommes, s'échoua près du Cap Evans où il dut attendre patiemment de 1915 à 1917. Là, ils passèrent une partie du temps dans la hutte de Scott, où l'on a retrouvé les clichés inconnus. Quant à savoir qui a pris les photos, cela reste un mystère.

Les négatifs
Les négatifs tels qu'ils ont été retrouvés
Iceberg devant l'île de Ross
Iceberg devant l'île de Ross
Alexander Stevens
Alexander Stevens, chef scientifique de l'expédition de Shackleton, à bord de l'« Aurora »

Source : PolarNews 30/01/2014

Le lait de l'otarie à fourrure, un indicateur de la pollution en Antarctique

On considère toujours l'Antarctique comme le dernier espace sauvage pratiquement intact. De par son éloignement de toute civilisation, son isolement et surtout sa zone de convergence qui l'entoure, cette région semble relativement dénuée de toute pollution. Pour diverses raisons il n'y a pas eu de recherches dans cette direction. Un océanographe de l'Université de Rhode Island URI (USA), étudie actuellement le lait de l'otarie à fourrure des Kerguelen pour déterminer la présence possible de produits toxiques, qui s'accumulent chez ces animaux et peuvent être transmis aux jeunes.

otarie à fourrure
Otarie à fourrure

Source : PolarNews 27/01/2014

Effondrement des bénéfices en 2013 : Shell arrête ses forages en Arctique

Le groupe pétrolier Shell, après des pertes considérables cette année, se voit obligé de faire des économies. Des affaires peu rentables d'une valeur de 15 milliards de dollars vont être vendues, le très controversé projet de forage en Alaska est arrêté et les investissements annulés.

Plate-forme de forage Kulluk
Plate-forme de forage Kulluk

Source : SpiegelOnline 30/01/2014

Moscou compte explorer les richesses arctiques qui ne lui appartiennent pas encore

Alors que le litige international sur l'appartenance territoriale du plateau arctique n'est pas encore réglé à l'Onu, l'agence fédérale des ressources souterraines Rosnedra a lancé un appel d'offres pour évaluer les perspectives pétrogazières du plateau continental russe au-delà de la zone économique exclusive du pays, qui s'étend sur une bande de 200 miles marins le long de ses côtes. Plus précisément, la Russie a lancé cette démarche au moment où elle prépare sa requête auprès de la Commission des limites du plateau continental de l'ONU pour élargir sa zone de souveraineté dans la région. Le montant maximal du contrat s'élèvera à 944 millions de roubles, soit près de 21 millions d'euros. Selon les experts, en dépit des revendications du Kremlin sur les ressources arctiques, la Russie ne pourra pas commencer à exploiter les hydrocarbures de la zone dans les prochaines années, avant tout en raison des immenses investissements nécessaires, de l'absence de technologies, et de la conjoncture économique mondiale défavorable, écrit jeudi le quotidien Novye Izvestia.

Source : RIA Novosti 30/01/2014

La station dérivante russe mise au rancart

Pour la première fois depuis 10 ans, la Russie n'aura pas de station de recherche dérivante dans l'Arctique. La raison invoquée est la hausse des coûts de la société Atomflot pour l'utilisation de ses brise-glaces. Pendant cet hiver les scientifiques russes ne pourront pas poursuivre leurs recherches sur l'Océan Arctique à partir d'une plaque de banquise dérivante. Selon Wladimir Sokolov, du département des expéditions polaires de la HEMA (Hydrometeorology and Environmental Agency), Atomflot, propriétaire des brise-glaces à propulsion nucléaire, a augmenté massivement ses tarifs. L'agence HEMA a maintenant prié le gouvernement de Moscou de passer à l'action, mais sans obtenir encore de réponse, poursuit Sokolov.

La Russie a exploité ses stations de recherche dérivantes depuis 1937, année de la mise en service de la première station, la Nordpol-1. À partir de 1954 de une à trois stations ont travaillé chaque année en continu dans l'Arctique. Après la fin de l'Union Soviétique les stations furent arrêtées pendant 12 ans et ne furent remises en service qu'en 2003. La dernière station « Nordpol-40 », a fonctionné d'octobre 2012 à juin 2013 et attira l'attention du monde entier lorsque les occupants durent être évacués suit à la dislocation de la plaque de banquise. À cause de la diminution des glaces dans l'Arctique il devint plus difficile d'année en année de trouver une plaque adéquate pour la station. Avant d'en choisir une sûre et capable de la supporter, le brise-glace d'Atomflot, qui transportait toute l'équipe et le matériel, dut faire le tour du Pôle. Pendant la saison précédente les scientifiques avait déjà du se battre avec les glaces ; à la fin avril 2012 les occupants de « Nordpol »-39 furent transférés sur une autre plaque de banquise, car la leur commençait à se fractionner. Pour éviter tous ces problèmes à l'avenir, la Russie a mis à disposition 1,7 milliards de roubles (environ 42 millions d'Euros) pour le développement d'une plate-forme renforcée pour la glace et à propulsion autonome. Celle-ci doit remplacer les plaques de glace naturelles et servir de base pour les futures stations dérivantes.

la station dérivante temporaire Barnéo
Chaque année en avril la station dérivante temporaire « Barneo » est installée à environ 100 km du Pôle Nord.
la station dérivante Nordpol-1
«Nordpol-1» fut la première station polaire dérivante, installée près du Pôle Nord par l'Union Soviétique en 1937 et dirigée par Ivan Papanin.
la station dérivante Nordpol-32
Pendant l'été 2004, la station dérivante « Nordpol »-32 dut être évacuée en raison de l'instabilité de la glace.

Source : PolarNews 11/02/2014

Stratégie arctique de l'Allemagne : grand écart entre intérêts économiques et posture écologique

Résumé :

L'Allemagne a déjà défini sa stratégie pour l'Arctique, établissant des priorités pour ses chercheurs et ses industriels. Forte d'une longue expérience dans la région, l'Allemagne souhaite un rôle accru pour elle-même et pour l'Union européenne au sein du Conseil pour l'Arctique et de ses groupes de travail. Le pays coopère depuis longtemps avec la France en matière de recherche, mais diversifie ses partenariats en mettant en place des projets avec des pays membres du Conseil pour l'Arctique.

projet de recherche FRAM
Illustration du potentiel projet de recherche FRAM, dont le but est l'installation d'équipements sous-marins pour une observation automatisée de l'Océan Arctique

La politique officielle du gouvernement allemand

Dans un document publié en octobre 2013, le Ministère des Affaires Etrangères allemand présente les "Directives pour une politique arctique allemande. Prendre des responsabilités, profiter des opportunités" ("Leitlinien deutscher Arktispolitik. Verantwortung übernehmen, Chancen nutzen"). Dans ce document, le gouvernement fédéral allemand :

- reconnaît l'importance géopolitique, géo-économique et géo-écologique de cette région ;
- reconnaît le potentiel pour l'économie allemande et européenne et le défi écologique, que représente l'exploitation des matières premières dans l'Arctique, qui doit se faire en appliquant les normes environnementales les plus strictes ;
- souligne l'importance d'appliquer le principe de précaution dans une région essentielle pour l'environnement mondial et préconise la création de zones protégées pour la conservation de la biodiversité ;
- considère que l'Allemagne peut contribuer à une expertise spécialisée en matière de recherche, de technologie et de standards environnementaux pour un développement durable, dans des partenariats de coopération dans l'économie maritime avec les pays riverains de l'Arctique ;
- intervient en faveur de la libre circulation des navires dans les eaux arctiques en conformité avec les plus hauts standards de sécurité et d'environnement ;
- s'engage dans une recherche ouverte en Arctique et des résultats partagés qui doivent sous-tendre l'action politique en Arctique ;
- préconise une utilisation pacifique de l'Arctique ;
- reconnaît les divers accords internationaux et régionaux servant de cadre juridique dans l'Arctique ;
- s'engage à protéger les droits des autochtones en Arctique dont celui à l'autodétermination pour leur habitat ;
- préconise une coopération multilatérale et reconnaît le Conseil de l'Arctique comme seul organe décisionnel régional "panarctique", tout en visant à renforcer le rôle d'observateur de l'Allemagne dans ce conseil;
- soutient une politique européenne active de l'Arctique, incluant une cohérence globale sur les enjeux de l'Arctique dans la politique étrangère et la sécurité, sur les politiques de recherche, de protection de l'environnement, de l'énergie et des matières premières, de l'industrie et de la technologie, des transports et de la pêche.

Des enjeux économiques forts à développer

Bon nombre d'entreprises allemandes sont déjà impliquées dans des coopérations liées à l'exploitation des ressources en Arctique (minéraux et hydrocarbures). Par exemple Siemens a récemment passé un accord avec le norvégien Statoil pour la modélisation et la réalisation de réseaux électriques (transformateurs, etc.) en eaux profondes. Aussi plus de 100 PMEs installées en Allemagne (Ex : Bornemann) sont intéressées par les ressources minérales marines. L'Allemagne vend son savoir-faire technologique pour l'exploitation de ces ressources (pompes, senseurs, ...). La moitié de ces 100 PMEs sont déjà présentes dans les eaux nordiques. En outre, un consortium composé d'entreprises et de centres de recherche a bénéficié d'un financement du ministère de l'économie et de l'énergie (BMWi) pour le développement d'un robot multifonctionnel sous-marin destiné aux eaux profondes.

Le gouvernement allemand promeut le savoir-faire de ses PMEs en matière de technologie environnementale appliquée à une économie durable au travers d'actions de réseautage. Les entreprises allemandes sont régulièrement conviées à des réunions d'information sur l'Arctique.

Exemples d'acteurs impliqués dans la recherche en Arctique

Une longue expérience de recherche polaire

Les chercheurs allemands sont présents dans la région du Spitsberg depuis 1988 (depuis 1963 pour les français avec la base Charles Rabot). En 2010, près de 80 millions d'euros avaient été consacrés à la recherche au Pôle Nord par le gouvernement fédéral et l'agence fédérale pour la recherche (DFG).

En plus de la politique globale du gouvernement, le Ministère de l'Education et de la Recherche (BMBF) a établi en coopération avec le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique et le Comité scientifique international pour l'Arctique, une stratégie pour l'Arctique. Ce document datant de 2011 et intitulé "Changements rapides dans l'Arctique : la recherche polaire dans une responsabilité globale" (Schnelle Veranderungen in der Arktis : Polarforschung in globaler Verantwortung), précise les principaux points de la stratégie de recherche dans l'Arctique :
- Développement du climat passé, présent et futur dans l'Arctique ;
- Impact de la calotte glacière du Groenland sur l'élévation du niveau de la mer ;
- Réduction de la banquise arctique et impact sur l'atmosphère et l'écosystème arctique ;
- Pergélisol et hydrates de gaz et la machine climatique ;
- Adaptation des organismes polaires à l'environnement arctique en mutation ;
- Opportunités et risques associés à une exploitation économique croissante de l'Arctique.

Des organismes de recherche fortement impliqués

AWI

L'Institut Alfred Wegener (AWI), est le plus important Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine. Cet institut scientifique allemand situé à Bremerhaven, dans le nord de l'Allemagne fut fondé en 1980. L'institut a des stations de recherche en Arctique et en Antarctique.

Pour l'AWI, la recherche polaire devrait à l'avenir :
- Intégrer les sciences naturelles et humaines afin d'intégrer des paramètres socio-économiques. Des domaines en dehors du champ "classique" des sciences polaires devraient être envisagés ;
- Améliorer l'observation des deux régions polaires par l'utilisation de nouvelles technologies marines et terrestres en complément des mesures par satellite;
- Améliorer la coordination internationale des infrastructures polaires afin de pouvoir assurer l'accès à des zones reculées. La coordination générale de la recherche polaire devrait se faire par des projets "flagships", sur lesquels viendraient s'appuyer d'autres projets. En effet, selon la directrice de l'AWI, la recherche dans les régions polaires est trop onéreuse pour être menée par une nation seule ;
- Encourager la mise en commun des données à l'échelle européenne et internationale. Cependant plusieurs aspects légaux doivent être abordés avant une mise en accès libre total des données ;
- Coopérer pour un enseignement adapté. En effet, le paysage de la recherche en Arctique devra se doter de nouveaux profils d'ici 2030. Ainsi ingénieurs, spécialistes du droit scientifique, physiciens, économistes devront rejoindre les rangs des océanographes, biologistes, chimistes, météorologues, etc.

Une des dernières campagnes de son vaisseau de recherche "Polarstern" vise à étudier pourquoi la calotte glaciaire croît en Antarctique afin d'expliquer sa diminution en Arctique. L'épaisseur de cette dernière est seulement partiellement connue. L'AWI a mis en place un programme de recherche avec le Canada, pour une observation sur long terme de l'Arctique (Projet ARICE) notamment pour combler son besoin important de d'information concernant la biodiversité sous la banquise.

Par ailleurs, l'AWI participe au project Robex (Robotische Exploration unter Extrembedingungen - Exploration robotique en conditions extrêmes). Ce projet est destiné à l'exploration aérospatiale mais aussi aux fonds marins. Les technologies développées pourront servir à l'exploitation des ressources au fond de l'Océan Arctique.

Selon Karin Lochte, directrice de l'AWI, l'Allemagne aurait besoin d'un programme de recherche polaire adapté aux nouveaux enjeux de la région. Une stratégie antarctique devrait venir compléter celle alors développée pour l'Arctique. La directrice précise que ce programme devrait être soutenu financièrement par le gouvernement dans son ensemble et pas uniquement par le BMBF.

KDM

Le consortium pour la recherche marine (Konsortium Deutsche Meeresforschung - KDM) réunit de grandes institutions de recherche allemandes dans les domaines l'océanographie, côtière ou polaire. Le KDM comprend seize membres. Il est dirigé par la directrice de l'AWI.

BGR

L'Institut fédéral des géosciences et des ressources naturelles (Bundesanstalt für Rohstoffe und Geowissenschaften ou BGR) est un organisme allemand sous tutelle du ministère fédéral de l'Economie et de l'Energie (BMWi). Il agit comme institution de référence et d'expertise en géosciences pour le gouvernement fédéral allemand. L'agence a son siège de à Hanovre et possède un bureau à Berlin.

En plus des thématiques couvertes dans le cadre du programme CASE (décrit ci-après), les objectifs du BGR dans l'Arctique sont :
- L'étude de la dorsale médio-océanique de l'océan Arctique ;
- L'étude du potentiel des ressources de la mer de Laptev ;
- L'Oural polaire et ses ressources minérales (chromite et éléments du groupe du platine) ;
- Les recherches sur le pergélisol.

GEOMAR

Situé à Kiel, GEOMAR, Centre Helmholtz pour la recherche océanique, est l'un des principaux instituts dans le domaine des sciences marines sur le plan international. L'institut étudie les processus chimiques, physiques, biologiques et géologiques des fonds marins, les océans et les marges océaniques et les interactions avec l'atmosphère. Ce large spectre de recherche confère à GEOMAR un caractère unique en Allemagne, en établissant le lien, au sein d'une même institution, entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée.

Ses principales thématiques de recherche au Pôle Nord sont :
- La banquise et l'ozone stratosphérique : liens et incidences de l'Arctique et de l'Antarctique ;
- Le changement climatique mondial et l'impact sur l'eau douce en Arctique ;
- La variabilité du climat en hautes latitudes ;
- L'Arctique au temps de l'Holocène ;
- La circulation océanique et le climat.

Des rencontres bilatérales franco-allemandes régulières

Si l'Allemagne est le premier partenaire de la France en matière de coopération de recherche, ceci s'applique aussi à la recherche en Arctique. En plus de nombreux projets de recherche (convention de coopération bilatérale entre l'Ifremer et l'AWI), les deux pays partage une base commune (AWIPEV) à Ny-Ålesund au Spitsberg, officiellement depuis 2003, mais pratiquement depuis 1991. La base dépend du côté français de l'Institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV) et du côté allemand de l'AWI. Chaque année, la station accueille environ 130 à 150 scientifiques venus d'Allemagne et de France. L'année 2013 a permis de célébrer deux évènements significatifs dans la station AWIPEV : le 10ème anniversaire de la coopération entre les deux centres de recherche, et la certification de qualité scientifique de la station pour sa contribution au réseau de données climatiques GRUAN. Ce réseau a pour but d'uniformiser la collecte mondiale de données afin de garantir des prévisions climatiques de plus en plus fiables.

Exemple des sujets de recherche à la base franco-allemande AWIPEV

Chaque année, un séminaire franco-allemand dédié à la recherche en Arctique est organisé alternativement en France (Brest - 2013) et en Allemagne (Bremerhaven - 2012). Les sciences qui y sont présentées sont aussi bien sociales ou naturelles. En 2013, le Groënland et Svalbard étaient à l'honneur. Lors du séminaire de 2012, l'AWI s'est engagé à partager ses infrastructures de recherche (laboratoires, etc.) et ses moyens de transports (avions, bateaux d'exploration) dans le cadre de collaborations de recherche avec la France. La prochaine rencontre devrait se dérouler à Potsdam en novembre 2014.

Lors d'une conférence dédiée à l'Arctique à l'ambassade du Canada à Berlin en janvier 2014, plusieurs acteurs important de la recherche polaire allemande ont manifesté leur intérêt de travailler avec la France et de bénéficier de l'expérience avancée de l'Ifremer et de l'IPEV pour uniformiser les protocoles et les méthodes de mesure. En effet, la standardisation des méthodes de mesure est essentielle pour une comparaison scientifiquement significative des données recueillies par les différents instituts, dans différents pays.

À noter qu'il existe de multiples collaborations bilatérales établies en dehors des grands projets. Par exemple, le Dr. Andreas Laufer, du BGR collabore actuellement avec le Dr. Loic Labrousse de l'Institut des Sciences de la Terre à Paris et de l'Université Pierre et Marie Curie. En 2011 et 2013, le Dr. Labrousse a pris part aux expéditions du BGR dans les îles sibériennes ainsi que le territoire du Yukon, le tout dans le cadre du programme CASE (Circum-Arctic Structural Events).

Coopération franco-allemande dans un cadre multilatéral

Le programme ACCESS (Arctic Climate Change Economy and Society) (2011-2015)

Il s'agit d'un projet soutenu par la Commission européenne. Son principal objectif est d'évaluer les impacts des changements climatiques sur le transport maritime (y compris le tourisme), la pêche, les mammifères marins et l'extraction des ressources (pétrole et gaz)dans l'océan Arctique. ACCESS est également l'accent sur la gouvernance en Arctique et les options stratégiques politiques. Ce projet compte 27 participants dont 10 pays européens (dont la France).

Le programme CASE (Circum-Arctic Structural Events)

Débuté en 1992, le programme CASE s'est inspiré de travaux réalisés en Antarctique et vise l'étude de la géodynamique des marges de l'océan Arctique. Cet océan est une cible du BGR sur une échelle supra-régionale. Les objectifs de ce projet, qui impliquent de nombreux pays, incluent : - L'étude de l'ouverture initiale de l'océan Arctique et le magmatisme connexes au développement des bassins sédimentaires ;
- Les causes du développement des structures de contraction dans l'Arctique et l'extension géologique contemporaine (ceinture de plissement des Spitzbergs).

Le Centre Européen pour l'Arctique (CEARC)

Depuis sa création en 2009 par l'université de Versailles, le laboratoire "Cultures, Environnements, Arctique, Représentations, Climat" est engagé dans de nombreux partenariats, inclus avec des organismes allemands.

Coopérations de l'Allemagne avec des pays membres du Conseil de l'Arctique

L'Allemagne coopère également avec plusieurs pays nordiques et de manière étroite avec le Canada et la Russie. En plus de leurs travaux conjoints sur le terrain (ex : mise à disposition gracieuse des infrastructures de la toute nouvelle base sibérienne de Samoulov), la structure russe dédiée aux sciences polaires (AARI) possède un laboratoire germano-russe, le laboratoire "Otto Schmidt".

Pour en savoir plus, contacts :

- Prochains événements scientifiques :

* 2014 - Sommet de l'étude de l'Arctique
* 2015 - Semaine de la Science en Arctique

Source : BE Allemagne numéro 645 (6/02/2014)

La population diminue à Longyearbyen

Contrairement à la tendance de ces dernières années, le nombre d'habitants à Longyearben a diminué l'année dernière, avec 2043 résidents, soit 47 de moins. Parmi ces derniers, comme le souligne le journal local Svalbardposten, on compte 17 enfants d'âge pré-scolaire, soit 36 %.
En comparaison d'autres agglomérations de la même taille sur le continent norvégien, le nombre d'habitants à Longyearbyen peut varier assez fortement, car celui qui est enregistré comme résident, y vit habituellement pour une période limitée, la plupart du temps dans le cadre d'une activité professionnelle. Les contrats de travail ont une durée déterminée, le changement parmi les collaborateurs est fréquemment désiré et beaucoup, après une saison, ont envie de rentrer au pays. Il faut donc s'attendre à des fluctuations importantes. Ces dernières années néanmoins le nombre d'habitants avait constamment augmenté, il était de 1966 en 2010, 2063 en 2011 et 2090 en 2012. La nouvelle d'une baisse de la population est donc prise avec sérénité par l'administration locale et et on ne peut parler d'une tendance négative de longue durée. Dans le Svalbardposten on spécule sur les causes possibles de cette diminution actuelle : on évoque notamment les restructurations dans la société minière Store Norske, qui avaient entraîné une réduction du personnel. D'autre part, la baisse relativement élevée du nombre d'enfants d'âge préscolaire permet de conclure qu'un nombre supérieur à la moyenne de personnes se sont installées là sans leur famille. Comme le jour fixé pour le comptage du nombre d'habitants est le 31 décembre de chaque année, on peut s'attendre de surcroît à ce que la divergence se relativise au cours de l'année.
Dans son rapport annuel le Gouverneur publie les chiffres de la population pour tout le Spitzberg, donc pas seulement pour Longyearbyen, mais également pour les agglomérations de Ny-Ålesund (34) et Barentsburg (419), l'Hôtel du Kapp Liné (Isfjord Radio) (1), les 4 stations de trappeur : au Kapp Wijk (1), sur l'île Akseløya (1), au Kapp Schollin (1) et à Farmhamna (1), sans oublier la base polonaise de Hornsund (10). Les personnes employées dans l'industrie minière à Sveagruva, Svea Nord et Lunckefjell font la navette et ont leur domicile à Longyearbyen ou sur le continent. L'année passée, il y avait là en moyenne 208 employés.

Longyearbyen
Longyearbyen, juillet 2010. (Bernard SOUMIER)

Source : Spitzbergen.de février 2014

États-Unis : plan sur la navigation en Arctique

La Maison blanche a présenté hier un plan visant à améliorer la sûreté du transport maritime et de l'exploitation économique de l'Arctique, où la navigation et l'industrie minière sont appelées à se développer à mesure que le climat se réchauffe et que les glaces fondent. Le plan de l'exécutif américain a été rendu public le jour même où Royal Dutch Shell annonçait qu'il renonçait à des forages prévus cette année au large de l'Alaska, à la suite d'une série de déboires coûteux survenus dans des conditions climatiques extrêmes.
Le département américain de la Défense sera chargé de conduire des efforts pour prévoir les conditions météorologiques et l'état des glaces, en lançant un satellite dévolu à cette mission et en améliorant les méthodes analytiques actuelles. Dans le même temps, le département du Commerce assurera la coordination des études et de la cartographie des eaux de l'Arctique, afin de faciliter la navigation et d'améliorer l'adaptation aux changements climatiques dans les communautés côtières. "Notre priorité numéro un consiste à protéger les Américains, notre territoire souverain et nos droits ainsi que les ressources naturelles, de même que les autres intérêts des États-Unis", stipule ce plan, qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale pour l'Arctique que le président Barack Obama avait dévoilée en mai dernier. De plus, le département d'État aura pour mission de trouver un accord avec le Canada sur les eaux de la mer de Beaufort, et le département de la Sécurité intérieure devra coordonner les travaux sur la mise au point d'un code international destiné aux navires amenés à circuler dans les eaux polaires.
Selon le contre-amiral Jon White, océanographe de l'US Navy, si la tendance actuelle se maintient, les eaux du détroit de Béring devraient rester libres de glace 160 jours par an à l'horizon 2020. À long terme, au-delà de 2030, les voies maritimes du Grand Nord devraient rester navigables plus longtemps encore, ce qui entraînera un développement du trafic maritime durant les mois d'été. L'amiral Jonathan Greenert, chef des opérations navales de l'US Navy, déclarait lors d'une récente conférence que les glaces de l'Arctique fondaient plus vite qu'on ne le prévoyait il y a quatre ans encore, lorsque l'US Navy avait publié sa première "feuille de route" sur cette région.

Source : CNRS / recherches arctiques/ 11/02/2014

La Russie va créer une nouvelle structure militaire en Arctique

Une nouvelle structure qui englobe la flotte du Nord, les brigades militaires de l'Arctique, et des divisions de Force aérienne et de la Défense antiaérienne, va être créée d'ici la fin de 2014. Elle sera placée sous le commandement de la Flotte du Nord de la Russie. C'est l'amiral Vladimir Korolev, aux commandes de la Flotte du Nord actuellement, qui va la diriger et elle sera directement subordonnée au ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou. La protection des intérêts de la Russie dans la région arctique constituerait le principal objectif de la nouvelle formation.
"Il s'agit de protéger la Voie maritime du Nord, les ressources poissonnières et les gisements d'hydrocarbures, mais aussi - et c'est cela l'essentiel - d'assurer la sécurité des régions septentrionales du pays", a indiqué l'interlocuteur de l'agence. Selon lui, la mise au point de la nouvelle structure est en cours afin de la rendre opérationnelle d'ici la fin de l'année.

Source : La Voix de la Russie 17/02/2014

La Voie maritime du Nord

Longue de 3.000 milles nautiques, la Voie maritime du nord est la principale voie de navigation en Arctique passant le long des côtes nord de la Russie et reliant les ports européens à ceux de l'Extrême-Orient.

La Voie Maritime du Nord

Quand les phoques aident à mieux observer et comprendre l'océan Austral

Une équipe internationale, impliquant des chercheurs de 8 pays différents dont des chercheurs français du Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC, CNRS / Université de la Rochelle) et du Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN/IPSL, UPMC / CNRS / MNHN / IRD), a collecté un grand nombre de profils de température et salinité dans un vaste secteur de l'océan Austral en utilisant des phoques antarctiques équipés d'une nouvelle génération de balises océanographiques. Ces chercheurs ont démontré l'importance de la contribution de ces nouvelles données à la compréhension du comportement de l'océan Austral. Outre d'abriter des ressources marines d'une très grande valeur économique et patrimoniale, l'océan Austral joue un rôle fondamental dans la régulation du climat mondial. Pour étudier son rôle à grande échelle dans les processus climatiques et prévoir sa réponse aux changements climatiques globaux, de très gros efforts nationaux et internationaux de modélisation des processus d'océanographie physique sont mis en œuvre. Cependant, ces efforts de modélisation sont considérablement limités par le manque de mesures in situ, en particulier dans les zones de hautes latitudes et plus encore durant les périodes hivernales.
L'outil de mesure standard pour étudier la circulation des océans est la CTD (Conductivity-Temperature-Depth), qui permet d'établir des profils verticaux de température et de salinité de l'eau de mer, dont on peut déduire des profils de densité. Les CTDs sont généralement soit mises en œuvre à partir de navires océanographiques conventionnels au coût élevé et qui ne permettent pas de garantir l'accès aux zones de glace de mer pendant les mois hivernaux, soit déployées sur des profileurs autonomes ARGO (balises dérivant au grès des courants) qui sont une bonne alternative aux navires mais pas plus efficaces dans les zones englacées.
Dans ce contexte, la collecte de profils hydrographiques à partir de CTDs montées sur des mammifères marins s'avère très avantageuse. Un choix judicieux de l'espèce et du sexe permet en effet d'obtenir des données dans des régions d'accès difficile, voire impossible, et donc particulièrement sous-échantillonnées, telles que les zones de banquise ou de plateaux continentaux. Parmi les mammifères marins, les éléphants de mer sont particulièrement intéressants car ils présentent la particularité de plonger continuellement à de grandes profondeurs (régulièrement entre 400 et 800 m, et jusqu'à près de 2000 m) et longuement (durant 25 min en moyenne, et jusqu'à 80 min). Grâce à une collaboration internationale unique, impliquant des équipes allemandes, américaines, australiennes, brésiliennes, britanniques, norvégiennes, sud-africaines et françaises, 349 phoques antarctiques, tout particulièrement des éléphants de mer, ont été équipés d'une nouvelle génération de CTDs à partir d'une dizaine de sites différents de la zone antarctiques et sur la période 2004 - 2010. Plus de 165 000 profils de température et salinité ont ainsi pu être collectés sur l'ensemble de l'océan Austral. Bien que moins précis que ceux obtenus par les profileurs autonomes ARGO ou à partir des navires océanographiques, ils constituent aujourd'hui la principale source de données océanographiques disponible pour l'océan Austral, en particulier pour la zone de banquise antarctique pendant les mois hivernaux. Ces profils ont tous été vérifiés, inter-comparés avec d'autres profils in situ et inter-calibrés, et ils ont été mis à disposition de l'ensemble de la communauté scientifique via le centre de données océanographiques CORIOLIS. Afin d'évaluer objectivement l'apport de ces données dans l'observation de l'océan Austral, les chercheurs ont comparé la circulation océanique estimée par le modèle numérique ECCO à partir des données ARGO seules à celle obtenue en utilisant de surcroit les données de phoque. Il s'avère que la prise en compte des données de phoques induit notamment une diminution des températures de surface près du continent Antarctique et une augmentation sensible de la salinité à l'ouest de la péninsule antarctique. Les chercheurs ont pu montrer que l'incorporation des données collectées par les phoques amène le modèle à produire une plus grande étendue de banquise sur le pourtour du continent, une situation qui est en meilleur accord avec les observations satellitaires. Cette évaluation montre que l'inclusion de ces données dans le modèle améliore sensiblement ses performances pour la zone Antarctique.
Un nombre croissant d'études de disciplines très diverses porte sur l'océan Austral, du fait notamment des enjeux liés au changement climatique et de l'importance de cet océan dans les grands équilibres climatiques mondiaux. Dans ce contexte, l'apport de ces données mises à la disposition de tous et dont le potentiel reste encore largement inexploré est d'un intérêt tout particulier pour la communauté scientifique.

Phoque de Weddell équipé d'une balise
Phoque de Weddell équipé d'une balise

Source : Source : IPEV février 2014

La Chine ouvre sa 4ème station de recherche en Antarctique

La Chine continue sa course de rattrapage dans le domaine scientifique en ouvrant en Antarctique sa 4ème station de recherche. Selon l'agence de presse d'État Xinhua, la station se trouve à 2600 m d'altitude et porte le nom de Taishan, l'une des 5 montagnes sacrées de Chine. Située entre les stations chinoises Zhongshan et Kunlun, il règne à la station une température moyenne de -36,6°C.
Pendant l'été austral seront menées des recherches géologiques, météorologiques, géomagnétiques et glaciologiques.

La station Taishan
La station Taishan est située entre les deux autres stations existantes, afin de leur apporter un soutien logistique.

C'est en 1984 que l'Empire du Milieu entreprit son premier voyage de reconnaissance en Antarctique et fit ainsi une entrée tardive dans le domaine des recherches sur le continent austral. Entre-temps une trentaine de pays y sont représentés, en particulier l'Argentine et le Chili, pays proches, mais aussi la Russie, l'Australie et les États-Unis. « La Grande Muraille », première station chinoise en Antarctique, fut inaugurée en 1985. Ont suivi les stations « Zhongshan » et Kunlun » et une autre base est en prévue à la Terra Nova Bay.

Carte des stations de recherche en Antarctique
Carte des stations de recherche en Antarctique (en rouge les stations chinoises)

Source : PolarNews Février 2014

Arctique : des animaux victimes de pathogènes venus d'ailleurs

Les animaux de l'Arctique sont aujourd'hui menacés par de nouveaux pathogènes qui se mettent à voyager du sud vers le nord, et inversement. Un phénomène qui serait dû à la fonte accélérée des glaces arctiques d'après les scientifiques. C'est une nouvelle conséquence inattendue du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. Si ces phénomènes menaçant de nombreux animaux, les exposant à des conditions auxquelles ils ne sont pas adaptés, d'autres espèces en profitent. C'est le cas des bactéries et autres agents pathogènes, d'après les scientifiques. En effet, en Arctique, les animaux sont désormais exposés à des maladies auxquelles ils n'avaient jamais fait face auparavant.

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Source : CNRS /recherches arctiques 18/02/2014

La température moyenne au Svalbard à 15° C au-dessus de la normale

Habituellement, février est un mois glacial dans l'Archipel du Svalbard, mais cette année c'est différent : durant les 30 derniers jours la température moyenne a atteint 1,6°C, soit 15 degrés au-dessus de la normale. En effet la température moyenne normale est de -16.2 °C.
La raison principale de ce réchauffement anormal sont les zones de basse-pression qui ont stagné longtemps au-dessus de la Mer de Norvège et sur l'Atlantique Nord. Les années passées on a déjà rapporté des cas de changements climatiques extrêmes au Svalbard. Le 30 janvier 2012, il était tombé 116 mm de pluie sur Ny-Ålesund, tandis que la température moyenne mensuelle était de 11,9°C au-dessus de la normale. Les chercheurs en concluent que des régions-clés de l'Arctique doivent faire face à davantage de pluie et des températures plus chaudes.
Les changements affectent la faune et la flore de cette région ; avec la hausse des températures, le nombre de rennes sur l'archipel a presque doublé et depuis 1994, la température moyenne à Longyearbyen a augmenté de 2 degrés.

Ours polaire sur la banquise
Ours polaire sur la banquise au Spitzberg (Photo Axel Soumier)

Source : Barentsobserver 14/02/2014

Traduction et adaptation : Bernard SOUMIER

Voyage Spitzberg - Croisière Spitzberg
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