Introduction au Svalbard ou Spitzberg
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Nouvelles du Svalbard et autres brèves polaires, juin 2014

L'ourse polaire Kara a traversé la moitié de l'Arctique

Quelques ourses polaires du Svalbard, équipées chaque année d'un collier émetteur par l'Institut Polaire Norvégien, peuvent être suivies pendant leurs migrations sur le site du WWF. L'ourse Kara (13 ans, 2,2 m de long, 217 kg), a battu tous les records : équipée d'un émetteur en janvier 2013 sur un glacier entre le Hornsund (côte ouest) et la Hambergbukta (côte est), elle a accompli une incroyable migration de 3703 km à travers l'Arctique russe. D'abord en direction de la Nouvelle Zemble, de là vers la Terre François-Joseph, ensuite vers la Terre du Nord, où elle regagna la terre, après avoir traversé la Mer de Kara, pour revenir enfin vers la Terre François-Joseph, où l'émetteur cessa de fonctionner. L'ourse a peut-être rejoint ensuite une tanière pour y mettre au monde sa progéniture. Au printemps de cette année 73 femelles ont été anesthésiées et examinées à des fins scientifiques au Spitzberg. L'anesthésie des ourses polaires (pose d'un collier émetteur ou examen scientifique) reste controversée ; en effet elle fut la cause avérée de la mort d'une femelle en automne 2013 et elle est suspecte quant à la mort d'une jeune femelle en avril 2014.

Route migratoire de l'ourse Kara
Le chemin parcouru par l'ourse Kara : 3703 km, en partant du Spitzberg, à travers l'Arctique russe.

Lien vers le suivi des routes migratoires des ourses.

Source : WWF / Svalbardposten / Mai 2014 (Traduction : Bernard SOUMIER)

Un nouveau bateau pour le Svalbard

Le "Polarsyssel" possède la technologie lui permettant de s'engager dans des opérations de secours et de sauvetage dans les conditions extrêmes de l'Arctique. Long de 88 m, le bateau est arrivé dans le port norvégien de Havyard, où seront installés les équipements et la technologie. Fin août il partira vers le Nord pour une opération d'envergure autour de l'archipel du Svalbard. Ce bateau sera un instrument essentiel pour les autorités norvégiennes locales en ce qui concerne la gestion des eaux du Svalbard. Le « Polarsyssel » qui sera opérationnel 6 mois par an au Svalbard, va remplacer le « MS Nordsyssel », utilisé actuellement par le Gouverneur. D'autre part, à la fin de cette année, deux gros hélicoptères stationneront au Svalbard.

bateau polarsyssel cemreyard
Le Polarsyssel

Source : Barentsobserver 19/05/2014 (Traduction : Bernard SOUMIER)

Vers une nouvelle guerre froide en Arctique ?

Le ton monte entre le Canada et la Russie au sujet de l'Arctique. Cette région du monde est convoitée pour ses immenses ressources naturelles et pour ses eaux de plus en plus navigables. Lors de récents passages à Montréal et à Calgary, Hillary Clinton, ex-secrétaire d'État américaine et probable candidate à la présidence, a mis en garde le Canada contre la Russie. Elle a accusé Moscou de vouloir militariser l'Arctique. Dressant un parallèle avec la situation en Ukraine, elle a demandé aux Canadiens de prêter attention à « l'attitude agressive » des Russes dans cette partie du monde où les deux pays sont voisins. Mme Clinton parle du fait que le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné l'an dernier la réouverture d'installations militaires près des îles de Novossibirsk. Ces installations avaient été abandonnées à la fin de la guerre froide. Moscou, qui s'intéresse beaucoup à l'Arctique, a aussi envoyé 10 navires de guerre et quatre brise-glaces nucléaires dans la région.
Les 2 grands passages en Arctique
Les 2 grands passages en Arctique

Source : Recherches Arctique /CNRS /2/06/2014

Le «Sovetsky Soyuz» de retour dans les glaces

Depuis 2007, ce puissant brise-glace était stationné à Moumansk et devait fournir des pièces détachées pour d'autres brises-glaces à propulsion nucléaire. Le navire devait être mis hors service en 2014 et finir ses jours à la ferraille. Mais en 2012, le gouvernement russe en a décidé autrement.
Le «Sovetsky Soyuz» serait par conséquent prêt pour d'autres missions dans les eaux polaires pendant les huit prochaines années, principalement en Mer de Kara et dans la Baie de l'Ob. Il va en fait combler une lacune laissée par la mise hors service du brise-glace « Rossiya ». Comme il avait été annoncé précédemment, la Russie a débuté la construction de 3 nouveaux brises-glaces de type LK-60, qui seront livrés fin 2017.

Le brise-glace Sovetsky Sojuz
Le « Sovetsky Sojuz »

Source : Barents Observer 27/05/2014

Des tonnes de plastique piégées dans l'Océan Glacial Arctique

Des millions de tonnes de plastique ont été découvert dans la mer de glace Arctique, qui fond sous l'effet du changement climatique et menace d'en relâcher toujours davantage dans l'océan. Les hommes ont produit près de 300 millions de tonnes de plastique en 2012 mais où ce plastique finit-il ? Une nouvelle étude a découvert des débris plastiques dans un lieu surprenant : piégés dans la mer de glace Arctique. Avec la fonte de la glace liée au changement climatique, la mer de glace pourrait rejeter un flot de plastique dans le monde. Les scientifiques savaient déjà que les micro-plastiques -polymère, fibres, ou fragments de moins de 5 millimètres de long- peuvent être soufflés par le vent dans l'océan, près des côtes ou dans des endroits tels que l'Ile aux déchets du Grand Pacifique. Mais Rachel Obbard, une scientifique des matériaux du College Darmouth, a été choquée de découvrir que les courants avaient transporté ces matières jusqu'à l'Arctique. Dans une étude publiée en ligne ce mois-ci dans Earth's Future, Rachel Obbard et ses collègues indiquent que lorsque la glace Arctique gèle, elle piège des micro-plastiques flottant -résultant sur une abondance de centaines de particules par mètre cube. C'est trois ordres de magnitude plus grand que certains comptes des particules plastiques dans l'île aux déchets du Grand Pacifique. « Cela a été une telle surprise pour moi de les trouver dans une région si isolée » a-t-elle indiqué. « Ces particules ont fait un long voyage ».

Source : Actualités News Environnement 2/06/2014

Conférence sur le transport maritime durable dans l'Arctique

La fonte de la calotte du pôle Nord permet l'ouverture de nouvelles voies à la navigation. Sur le moyen et le long terme, le transport maritime sera une problématique majeure des changements dans l'Arctique.
La conférence organisée le 10 avril 2014 par l'Office des Affaires étrangères, intitulée "Sustainable shipping in the Arctic, prospects for international cooperation", avait pour objectif de présenter les défis actuels et futurs auxquels le transport maritime doit/devra faire face au pôle Nord. Le but étant de définir une feuille de route pour un transport maritime durable dans cette zone. La conférence s'articulait autour de cinq thématiques :

1. La géopolitique en Arctique : acteurs existants et potentiels dans le transport
2. La sécurité du transit
3. Le cadre légal du transport et la protection de l'environnement
4. Les technologies polaires pour le transport maritime durable
5. Les standards environnementaux et les émissions liées au transport
6. Les perspectives de collaboration internationales (appuyée sur les résultats des autres sessions)

Plus de 200 participants, issus du domaine académique, d'entreprises de constructions de navires, d'entreprises commerciales, de la société civile ainsi que du gouvernement, étaient présents, dont :
- Maria Böhmer, Office des Affaires étrangères (AA)
- Michael Odenwald, Ministère fédéral du transport et des infrastructures digitales (BMVI)
- Jochen Flasbarth, Ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, du bâtiment et de la sûreté nucléaire (BMUB).

Les différentes sessions plénières ont été menées sous la forme de dialogues. Les échanges ont permis de déceler les opportunités et les défis environnementaux engendrés par le transport maritime polaire, ainsi que les "best practices" en termes de protection environnementale et de technologie. Plusieurs représentants des chantiers navals, ainsi que des constructeurs européens ont été sollicités (Aker, Nordic Yards, etc.).

Environnement

La zone arctique est un environnement fragile et sensible. L'augmentation du trafic engendre une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution de l'air, de l'eau ainsi que des nuisances sonores. De plus, une augmentation des activités de transport et d'exploitation des ressources naturelles dans la zone engendre une augmentation des risques d'accident et de catastrophe. En effet, les expériences de marées noires au milieu d'icebergs ou bien dans la glace sont quasi-inexistantes et bien plus complexes que celles en zone plus calme, ce qui met en doute la capacité de gestion de telles catastrophes au niveau du pôle.

Science et technologie

L'ouverture sur l'Arctique devrait permettre des avancées scientifiques. Les TIC de pointe (satellites) majoritairement en orbite autour de l'équateur, mais dont l'angle de communication actuel avec la Terre n'est pas adapté pour une utilisation précise dans les zones polaires, devraient se développer. La gestion de flux de données supplémentaires est également à prendre en compte. Les autres technologies développées sont principalement ciblées sur les économies d'énergie, avec de nouveaux concepts de moteurs. Enfin, des efforts sont faits pour développer des infrastructures plus résistantes au froid, afin d'être en mesure de maintenir des activités même pendant la période hivernale.

Au niveau des nouveaux vaisseaux qui seront amenés à faire les traversées, plusieurs essais sont en cours. Les chantiers navals finlandais et allemands développent des technologies adaptées à la région. D'après les constructeurs tout est possible en termes de technologie, seuls les financements sont un frein à l'exploitation de l'Arctique.

De plus, un important travail de cartographie et de topographie est encore nécessaire pour définir précisément la découpe des côtes et le relief des fonds marins, notamment autour du Groenland.

Sécurité

Le trafic en augmentation ne concerne pas seulement le fret (marchandises) mais aussi le tourisme. Nordic Yards prévoit la construction de ferrys brise-glace. Cependant, l'activité de croisière nécessite de pouvoir intervenir en cas d'urgence. Des bateaux de secours adaptés à cette nouvelle demande sont à l'étude. En parallèle, étant donnée la distance des routes maritimes par rapport aux centres de soins en milieu urbain (Saint-Pétersbourg, Moscou), des refuges côtiers pourraient être construits. Ceux-ci permettraient aux rescapés d'une avarie de pouvoir attendre l'arrivée de secours aériens (hélicoptères) ou marins. Au vue des catastrophes (MV Explorer, Costa Concordia et le récent MV Sewol), cette problématique est un point crucial du développement des activités touristiques en Arctique.

Économie

Selon le représentant de l'OCDE, la problématique de l'ouverture du pôle Nord est à la croisée des technologies aérospatiales et de l'économie maritime. L'essor de ce transport n'est toutefois pas encore clair en termes de croissance économique (business model, emplois, etc.). Par ailleurs, les constructeurs traitent étroitement avec le plus gros client de la zone arctique : la Russie. De nouveaux acteurs sont également à noter : l'Italie, l'Autriche. La Chine a également commandé son tout premier brise-glace. De leur côté, les finlandais ont investi dans deux bateaux spécialisés dans les interventions de contrôle des marées noires.

L'essor du transport doit également intégrer l'essor d'autres aspects économiques tels que l'aquaculture et le forage des fonds marins pour les ressources marines minérales et énergétiques.

Événements à venir :

Au cours de la présidence du Canada au Conseil de l'Arctique, le Comité international des sciences arctiques (IASC), l'Institut Alfred Wegener, le Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine (AWI), l'Institut d'études avancées de durabilité (IASS), et l'Institut Ecologic organisent une série de conférences portant sur divers aspects scientifiques et des politiques publiques de l'Arctique. Quatre événements auront lieu entre juin 2014 et mai 2015, organisés par des institutions à Berlin et Potsdam.

Conclusion :

Le transport maritime dans la région arctique est une problématique actuelle qui est amenée à fortement croître sur le moyen et le long terme. Cette activité, stimulée par le potentiel économique des ressources des fonds marins, est également un moteur de développement technologique (communication, infrastructures). Aussi, de nombreux efforts doivent encore être faits afin de garantir un transport durable, économique et sécuritaire.

Les routes maritimes entre l'Europe et l'Asie
Comparaison des routes maritimes Europe-Asie :
en rouge par le Canal de Suez, en bleu par la mer du Nord et l'Océan Arctique.

Source : BE Allemagne N°662 (4/06/2014)

Les chercheurs de retour en mer des Tchouktches

Les espèces qui habitent en mer des Tchouktches vont devenir, pour la première fois en 30 ans, l'objet de l'étude des chercheurs. Au début de l'été, les experts du Centre de recherche sur la pêche vont quitter Vladivostok à bord du chalutier Professor Kizevetter pour se rendre en mer Arctique. Ils étudieront la flore et la faune marine, pour comprendre l'influence du changement climatique et l'extraction pétrolière sur la mer. L'expédition va durer en tout seulement 20 jours, et les employés du Centre de recherche veulent y faire participer un maximum d'experts de différents profils. Cela leur permettra d'étudier un maximum de domaines au cours de cette expédition. Et notamment les oiseaux qui se nourrissent de la faune marine.Après avoir évaluer la situation des animaux qui vivent en mer des Tchouktches, les scientifiques vont pouvoir donner des recommandations aux sociétés d'extraction de pétrole pour minimiser l'impact de leur activité sur ? ? l'environnement. Les experts pourront juger d'après les résultats de cette expédition si la vie en mer des Tchouktches a beaucoup changé au cours de ces 30 dernières années.

Source : La Voix de la Russie 27/05/2014

Forage dans l'Arctique : la Norvège crée une zone de sécurité

La Norvège a annoncé vendredi avoir mis en place une «zone de sécurité» autour d'un secteur de l'Arctique dans lequel Greenpeace tente de s'opposer à une campagne de forages pétroliers. L'ONG a dépêché cette semaine son bateau Esperanza en mer de Barents, à l'emplacement même où le groupe pétrolier norvégien Statoil prévoit de forer le puits le plus au nord jamais réalisé en Norvège, par 74° Nord. Afin de déloger le navire qui se trouve, légalement, dans la zone économique exclusive (ZEE) norvégienne, Oslo a mis en place depuis jeudi une «zone de sécurité» dans un rayon de 500 mètres autour du point de forage prévu.

militants bord d'une plate-forme pétrolière
15 militants sont montés à bord d'une plate-forme pétrolière, le Transocean Spitsbergen, dans la mer des Barents, au nord de la Norvège, le 27 mai.

Source : AFP Oslo 30/05/2014

Fonte des glaces en Arctique : les espèces invasives débarquent avec la navigation commerciale

Tracées par le réchauffement climatique, les nouvelles voies maritimes arctiques (Passage du Nord-Est et Passage du Nord-Ouest) pourraient constituer de véritables autoroutes pour les espèces invasives, craignent deux chercheurs dans la revue Nature Climate Change. Des scientifiques ont récemment alerté contre la possibilité de voir la région devenir plus vulnérable aux espèces exotiques et invasives, en raison de l'activité accrue de la pêche, des transports et des expéditions. Dans le contexte des changements climatiques actuels, qui se traduit en Arctique par une diminution rapide de l'extension de la banquise en été, les problématiques demeurent sensiblement identiques. Entre ouverture de routes maritimes, intérêt des compagnies minières ou pétrolières pour les ressources, réelles ou supposées, du sous-sol arctique, possibilité de développer de nouvelles zones de pêche dans la région à la faveur du retrait de la banquise, les scientifiques s'interrogent. En effet, comme le relève le site Smithsonian, l'Arctique pourrait prochainement devenir le nouvel Eldorado de la pêche. Car en l'absence de toute organisation régionale de pêche en haute mer, hors des zones économiques exclusives (ZEE), de nombreux scientifiques redoutent une ruée de chalutiers norvégiens, canadiens, coréens, chinois ou espagnols vers les eaux polaires centrales. Une ruée qui aurait des conséquences écologiques désastreuses. En effet, une étude menée par la Smithsonian Environmental Research Center's Marine Invasions Research Lab, montre que la fonte des glaces de l'Arctique rendra la région plus vulnérable aux espèces exotiques et invasives, en raison de l'activité accrue du fret et du transport.

Source : Atlantico.fr / Journal de l'environnement 2/06/2014

Le développement du tourisme dans l'Arctique russe

L'été polaire 2014 promet un record de par le nombre de touristes dans le parc national Rousskaïa Arktika (Arctique russe) et sur la Terre François-Joseph. Entre juin et septembre, le brise-glace nucléaire 50 let Pobedy effectuera cinq aller-retours et un bateau de croisière naviguera par la route maritime du Nord et fera des escales sur le territoire des archipels de Nouvelle-Zemble et de la Terre François-Joseph. 800 touristes de tous les coins du globe sont attendus, ce qui sera un record.
Les touristes verront les mystérieuses îles Oranskiyé avec leurs colonies d'oiseaux et de morses, une chute de glace majestueuse dans la baie Inostrantsev de la Nouvelle-Zemble, le cap Flora de l'île Northbrook où se croisaient les itinéraires de voyageurs connus. Ils visiteront également l'île Champ avec ses pierres sphériques idéalement rondes et la baie Tikhaïa de l'île Hooker qui garde la mémoire de l'époque héroïque de la mise en valeur de l'Arctique par l'URSS. La chargée de recherche de Rousskaïa Arktika, Maria Gavrilo, raconte que le personnel du parc a beaucoup de soucis à la veille de l'ouverture de la saison touristique. Selon elle, les touristes auront à leur disposition des plate-formes panoramiques avec chauffage, des moyens de transport spéciaux. Cette année une piste touristique longue de deux kilomètres conduisant à la première station polaire soviétique sera aménagée sur l'archipel François-Joseph. Sur leur parcours, les touristes pourront lire des faits intéressants sur des pancartes installées. Sur l'une d'entre elles il est écrit :
« Ici se trouvait la première station de recherche soviétique, la plus au Nord du monde. En été 1929 le brise-glace Guéorgui Sedov y a acheminé une expédition conduite par Otto Schmidt qui a dit au cours d'un discours : +En vertu des compétences qui me sont conférées, je proclame la Terre François-Joseph territoire de l'URSS !  »

Source : La Voix de la Russie 4/06/2014

L'agence Grandsespaces vous propose des croisières-expéditions uniques en Terre François-Joseph et au Pôle Nord.

Réunion de l'IAATO à Providence aux USA

L'Antarctique passe pour être la dernière grande zone sauvage intacte de la planète. A l'abri des activités humaines, tout ce territoire situé au sud du 60ème degré de latitude fut transformé en une gigantesque réserve naturelle. Malgré cela on ne veut pas cacher cette région aux hommes et des voyages sont organisés pour la visiter. Pour cela et dans un souci de sécurité et de respect environnemental a été fondé l'IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators). En accord avec les états signataires du Traité de l'Antarctique, cette association veille à ce que l'Antarctique ne soit pas pris d'assaut par un tourisme de masse et continue à rester une région de nature sauvage, où nous ne sommes que des visiteurs. Depuis 25 ans l'IAATO réglemente le tourisme en Antarctique en se réunissant régulièrement pour fixer les directives et les dispositions propices à un tourisme sûr, écologique et profitable, et aussi pour discuter de nouvelles idées et de la collaboration entre les représentants du tourisme et les autres sociétés et organisations. Cette année, c'est la 25ème rencontre qui a eu lieu à Providence aux USA.
Comme chaque année, les chiffres de la saison 2013/2014 ont été communiqués par la secrétaire générale de l'IAATO, Kim Crosbie. On note à cet égard une légère augmentation du nombre de visiteurs de 9 %, soit 37 405. Ce chiffre reste bien en-dessous du record de l'année 2007/2008 avec 46 000 visiteurs en Antarctique. On s'attend à une légère baisse pour la saison 2014/2015 avec environ 36 200 touristes.

bateau polaire Ortelius
Le bateau polaire « Ortelius » de la compagnie hollandaise « Oceanwide Expeditions », le seul actuellement à pouvoir proposer des excursions en hélicoptère.

Source : PolarNews 10/06/2014 (Traduction : Bernard SOUMIER)

La calotte glaciaire Austfonna (Nord-Est du Svalbard) se met en mouvement

Cette calotte, qui recouvre une grande partie de la Terre du Nord-Est (Nordaustland) est formée en fait par la confluence de plusieurs calottes, et s'étend sur 8400 km2. Pendant assez longtemps. Austfonna était considérée comme stable ; la perte massive en volume, telle qu'on la connaît chez beaucoup d'autres glaciers du Spitzberg et ailleurs dans l'Arctique, était inexistante. Les zones périphériques s'amincissaient et les parties centrales gagnaient en puissance. Chez les glaciers plus petits ce comportement, quand il dure un certain laps de temps, est connu sous le nom de « surge ». Cette poussée soudaine, au cours de laquelle un glacier, en l'espace de 1 ou 2 ans, peut « avancer » de plusieurs kilomètres, est le résultat de la dynamique du glacier, indépendamment du changement climatique. D'autres parties de la calotte Austfonna ont déjà connu un « surge » dans le passé, comme le glacier Bråsvellbreen au sud, dans les années 1930. Aujourd'hui les images satellitaires indiquent clairement que de grandes parties de la calotte glaciaire se sont mises en mouvement. Sur une grande distance, le front de glace progresse rapidement dans la Mer de Barents et produit de grandes quantités d'icebergs, si bien que la calotte contribue actuellement à la montée du niveau de la mer plus que tous les glaciers du Spitzberg réunis. Néanmoins les scientifiques, qui étudient Austfonna depuis assez longtemps, partent du principe que cet inlandsis, à moyen terme, verra sa masse plutôt progresser. L'AECO, l'Association des tours opérateurs de croisières, a déjà lancé un appel à la prudence quant à la navigation dans cette région, car on peut s'attendre à une augmentation du nombre d'icebergs et à des modifications de la frange côtière. Un tel événement qui voit une calotte glaciaire de plusieurs milliers de kilomètres carrés se mettre rapidement en mouvement, est quelque chose d'absolument unique à une époque, où la région fait l'objet de recherches scientifiques rigoureuses et de visites touristiques régulières. Les observations qui reposent essentiellement sur les données du satellite européen Sentinel-a sont scientifiquement remarquables, car le satellite, au moment de l'enregistrement, n'était même pas encore positionné sur la bonne orbite, mais il était quand même déjà capable de livrer de précieuses informations.

La calotte glaciaire Austfonna
Image satellitaire de la calotte glaciaire Austfonna et évolution d'une partie en fausses couleurs montrant le débit d'écoulement de la glace, en bleu quand il est lent et en rouge quand il est rapide.

Source : Spitzbergen.de / BBC News Juin 2014 (Traduction B. SOUMIER)

L'agence grandsespaces vous propose des croisières-expéditions autour de l'archipel du Svalbard.

L'accroissement des impuretés dans la neige au Groenland accélère sa fonte

Dans une publication parue le 8 juin dans Nature Geoscience, des chercheurs de Météo-France et du CNRS ont montré que la neige recouvrant la calotte groenlandaise au printemps est moins "blanche" depuis 2009 à cause d'un accroissement des dépôts d'impuretés. Cet assombrissement a contribué à la récente fonte accélérée de la calotte et pourrait amplifier le changement climatique sur la calotte. L'énergie solaire absorbée par la surface de la calotte groenlandaise dépend de la "blancheur" - ou albédo - de la neige qui la recouvre. L'albédo varie essentiellement avec la taille des grains de neige et la quantité d'impuretés absorbantes contenues dans le manteau neigeux.
La modélisation numérique permet en outre de conclure que cet assombrissement printanier a pu contribuer à la récente accélération de la fonte du Groenland. Il induirait en effet un réchauffement plus précoce de la neige de surface, ce qui renforcerait la boucle de rétroaction positive se mettant en place en été. L'augmentation possible du dépôt d'impuretés dans le futur doit donc être prise en compte dans les projections climatiques de l'évolution de l'état du Groenland et de son effet sur l'élévation du niveau des mers.

Source : PlanèteInfo 18/06/2014

Cap sur l'Arctique pour le Polarstern

L'Arctique est une zone de recherche prioritaire pour l'Allemagne. Le 6 juin 2014, l'Institut Alfred Wegener (AWI)[1], a lancé son navire de recherche Polarstern en direction de l'Arctique depuis sa base permanente de Bremerhaven en Mer du Nord. Au programme, l'observation de l'évolution de la banquise, des courants océaniques et des menaces sur la biologie marine. 52 scientifiques issus d'institutions de cinq pays ainsi que 43 membres d'équipage ont pris part à l'expédition. La zone d'étude visée est le détroit de Fram, espace séparant le Groenland et l'archipel du Svalbard (Spitzberg). Cette zone a été choisie car c'est un passage profond entre l'océan Arctique et l'Atlantique Nord. Les chercheurs y réaliseront une batterie d'études dans plusieurs domaines : chimie, physique, océanographie, biologie, avec une emphase particulière pour la thématique des changements atmosphériques à long terme, ainsi que les fonds marins.

[1] L'Institut Alfred Wegener (AWI), représente le Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine. L'AWI mène des recherches dans l'Arctique, l'Antarctique et dans les océans de latitudes moyennes et élevées. Il coordonne la recherche polaire en Allemagne et gère les grandes infrastructures de recherche telles que le Polarstern. L'Institut Alfred Wegener est l'un des 18 centres de l'Association Helmholtz, la plus grande organisation scientifique en Allemagne. De nombreuses collaboration existent au niveau international et particulièrement avec la France, comme le montre la base AWIPEV.

Le navire de recherche Polarstern
Le navire de recherche Polarstern quittant le port de Bremerhaven le 6 Juin 2014

Source : BE Allemagne numéro 664 (19/06/2014)

Des scientifiques tchèques au Spitzberg

Les scientifiques tchèques disposent désormais d'une station de recherche au Spitzberg, la plus grande île de l'archipel norvégien du Svalbard, situé en plein océan Arctique, entre la Laponie et le pôle Nord. Depuis sept ans, les chercheurs tchèques s'y relaient régulièrement pour y étudier l'écosystème et l'impact de la fonte des glaces sur la nature arctique. Administrée par l'Université de Bohême du Sud, la nouvelle installation doit accueillir successivement trois groupes de vingt chercheurs et étudiants durant tout l'été. C'est dans un jour permanent estival que la première équipe de scientifiques tchèques est arrivée dans sa station flambant neuve dans la ville de Longyearbyen, qui, forte de ses 2500 habitants, concentre l'essentiel de la population de l'archipel. Flambant neuve, la station, installée dans une ancienne maison familiale, a coûté quelque 30 millions de couronnes (un peu plus d'un million d'euros). Aux 2 laboratoires, il faut désormais ajouter deux stations météorologiques. Les scientifiques venus de différentes disciplines - microbiologie, zoologie, botanique, mais également glaciologie, climatologie, géologie - connaissent l'archipel pour y avoir régulièrement effectué des missions estivales depuis 2007, sous la direction de Josef Elster, directeur du Centre d'écologie polaire et leader de l'expédition.
Ces travaux s'inscrivent dans une perspective plus large, celle de la constitution d'une vaste base de données dans le cadre d'un projet international chapeauté par l'Institut Polaire Norvégien et répondant au doux nom de Diversité biologique et climatique de l'Arctique. Avec leur nouvelle station, les scientifiques tchèques, contraints jusqu'à présent de mener leurs recherches durant les trois mois de l'été, relativement doux, pourraient désormais envisager de les élargir dans le temps. Le projet dispose de quatre ans pour répondre à ces questions grâce au financement du ministère tchèque de l'Éducation.

Source : Radio Prague 24/06/2014

Traduction et adaptation : Bernard SOUMIER

Voyage Spitzberg - Croisière Spitzberg
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