Introduction au Svalbard ou Spitzberg
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Nouvelles du Svalbard et autres brèves polaires, juillet 2014

Fonte des glaces en Arctique : les espèces invasives débarquent avec la navigation commerciale

Tracées par le réchauffement climatique, les nouvelles voies maritimes arctiques (Passage du Nord-Est et Passage du Nord-Ouest) pourraient constituer de véritables autoroutes pour les espèces invasives, craignent deux chercheurs dans la revue Nature Climate Change. Des scientifiques ont récemment alerté contre la possibilité de voir la région devenir plus vulnérable aux espèces exotiques et invasives, en raison de l'activité accrue de la pêche, des transports et des expéditions. Dans le contexte des changements climatiques actuels, qui se traduit en Arctique par une diminution rapide de l'extension de la banquise en été, les problématiques demeurent sensiblement identiques. Entre ouverture de routes maritimes, intérêt des compagnies minières ou pétrolières pour les ressources, réelles ou supposées, du sous-sol arctique, possibilité de développer de nouvelles zones de pêche dans la région à la faveur du retrait de la banquise, les scientifiques s'interrogent. En effet, comme le relève le site Smithsonian, l'Arctique pourrait prochainement devenir le nouvel Eldorado de la pêche. Car en l'absence de toute organisation régionale de pêche en haute mer, hors des zones économiques exclusives (ZEE), de nombreux scientifiques redoutent une ruée de chalutiers norvégiens, canadiens, coréens, chinois ou espagnols vers les eaux polaires centrales. Une ruée qui aurait des conséquences écologiques désastreuses. En effet, une étude menée par la Smithsonian Environmental Research Center's Marine Invasions Research Lab, montre que la fonte des glaces de l'Arctique rendra la région plus vulnérable aux espèces exotiques et invasives, en raison de l'activité accrue du fret et du transport.

Source : Atlantico.fr / Journal de l'environnement 2/06/2014

Le développement du tourisme dans l'Arctique russe

L'été polaire 2014 promet un record de par le nombre de touristes dans le parc national Rousskaïa Arktika (Arctique russe) et sur la Terre François-Joseph. Entre juin et septembre, le brise-glace nucléaire 50 let Pobedy effectuera cinq aller-retours et un bateau de croisière naviguera par la route maritime du Nord et fera des escales sur le territoire des archipels de Nouvelle-Zemble et de la Terre François-Joseph. 800 touristes de tous les coins du globe sont attendus, ce qui sera un record.
Les touristes verront les mystérieuses îles Oranskiyé avec leurs colonies d'oiseaux et de morses, une chute de glace majestueuse dans la baie Inostrantsev de la Nouvelle-Zemble, le cap Flora de l'île Northbrook où se croisaient les itinéraires de voyageurs connus. Ils visiteront également l'île Champ avec ses pierres sphériques idéalement rondes et la baie Tikhaïa de l'île Hooker qui garde la mémoire de l'époque héroïque de la mise en valeur de l'Arctique par l'URSS. La chargée de recherche de Rousskaïa Arktika, Maria Gavrilo, raconte que le personnel du parc a beaucoup de soucis à la veille de l'ouverture de la saison touristique. Selon elle, les touristes auront à leur disposition des plate-formes panoramiques avec chauffage, des moyens de transport spéciaux. Cette année une piste touristique longue de deux kilomètres conduisant à la première station polaire soviétique sera aménagée sur l'archipel François-Joseph. Sur leur parcours, les touristes pourront lire des faits intéressants sur des pancartes installées. Sur l'une d'entre elles il est écrit :
« Ici se trouvait la première station de recherche soviétique, la plus au Nord du monde. En été 1929 le brise-glace Guéorgui Sedov y a acheminé une expédition conduite par Otto Schmidt qui a dit au cours d'un discours : +En vertu des compétences qui me sont conférées, je proclame la Terre François-Joseph territoire de l'URSS !  »

Source : La Voix de la Russie 4/06/2014

L'agence Grandsespaces vous propose des croisières-expéditions uniques en Terre François-Joseph et au Pôle Nord.

Réunion de l'IAATO à Providence aux USA

L'Antarctique passe pour être la dernière grande zone sauvage intacte de la planète. A l'abri des activités humaines, tout ce territoire situé au sud du 60ème degré de latitude fut transformé en une gigantesque réserve naturelle. Malgré cela on ne veut pas cacher cette région aux hommes et des voyages sont organisés pour la visiter. Pour cela et dans un souci de sécurité et de respect environnemental a été fondé l'IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators). En accord avec les états signataires du Traité de l'Antarctique, cette association veille à ce que l'Antarctique ne soit pas pris d'assaut par un tourisme de masse et continue à rester une région de nature sauvage, où nous ne sommes que des visiteurs. Depuis 25 ans l'IAATO réglemente le tourisme en Antarctique en se réunissant régulièrement pour fixer les directives et les dispositions propices à un tourisme sûr, écologique et profitable, et aussi pour discuter de nouvelles idées et de la collaboration entre les représentants du tourisme et les autres sociétés et organisations. Cette année, c'est la 25ème rencontre qui a eu lieu à Providence aux USA.
Comme chaque année, les chiffres de la saison 2013/2014 ont été communiqués par la secrétaire générale de l'IAATO, Kim Crosbie. On note à cet égard une légère augmentation du nombre de visiteurs de 9 %, soit 37 405. Ce chiffre reste bien en-dessous du record de l'année 2007/2008 avec 46 000 visiteurs en Antarctique. On s'attend à une légère baisse pour la saison 2014/2015 avec environ 36 200 touristes.

bateau polaire Ortelius
Le bateau polaire « Ortelius » de la compagnie hollandaise « Oceanwide Expeditions », le seul actuellement à pouvoir proposer des excursions en hélicoptère.

Source : PolarNews 10/06/2014 (Traduction : Bernard SOUMIER)

La calotte glaciaire Austfonna (Nord-Est du Svalbard) se met en mouvement

Cette calotte, qui recouvre une grande partie de la Terre du Nord-Est (Nordaustland) est formée en fait par la confluence de plusieurs calottes, et s'étend sur 8400 km2. Pendant assez longtemps. Austfonna était considérée comme stable ; la perte massive en volume, telle qu'on la connaît chez beaucoup d'autres glaciers du Spitzberg et ailleurs dans l'Arctique, était inexistante. Les zones périphériques s'amincissaient et les parties centrales gagnaient en puissance. Chez les glaciers plus petits ce comportement, quand il dure un certain laps de temps, est connu sous le nom de « surge ». Cette poussée soudaine, au cours de laquelle un glacier, en l'espace de 1 ou 2 ans, peut « avancer » de plusieurs kilomètres, est le résultat de la dynamique du glacier, indépendamment du changement climatique. D'autres parties de la calotte Austfonna ont déjà connu un « surge » dans le passé, comme le glacier Bråsvellbreen au sud, dans les années 1930. Aujourd'hui les images satellitaires indiquent clairement que de grandes parties de la calotte glaciaire se sont mises en mouvement. Sur une grande distance, le front de glace progresse rapidement dans la Mer de Barents et produit de grandes quantités d'icebergs, si bien que la calotte contribue actuellement à la montée du niveau de la mer plus que tous les glaciers du Spitzberg réunis. Néanmoins les scientifiques, qui étudient Austfonna depuis assez longtemps, partent du principe que cet inlandsis, à moyen terme, verra sa masse plutôt progresser. L'AECO, l'Association des tours opérateurs de croisières, a déjà lancé un appel à la prudence quant à la navigation dans cette région, car on peut s'attendre à une augmentation du nombre d'icebergs et à des modifications de la frange côtière. Un tel événement qui voit une calotte glaciaire de plusieurs milliers de kilomètres carrés se mettre rapidement en mouvement, est quelque chose d'absolument unique à une époque, où la région fait l'objet de recherches scientifiques rigoureuses et de visites touristiques régulières. Les observations qui reposent essentiellement sur les données du satellite européen Sentinel-a sont scientifiquement remarquables, car le satellite, au moment de l'enregistrement, n'était même pas encore positionné sur la bonne orbite, mais il était quand même déjà capable de livrer de précieuses informations.

La calotte glaciaire Austfonna
Image satellitaire de la calotte glaciaire Austfonna et évolution d'une partie en fausses couleurs montrant le débit d'écoulement de la glace, en bleu quand il est lent et en rouge quand il est rapide.

Source : Spitzbergen.de / BBC News Juin 2014 (Traduction B. SOUMIER)

L'agence grandsespaces vous propose des croisières-expéditions autour de l'archipel du Svalbard.

L'accroissement des impuretés dans la neige au Groenland accélère sa fonte

Dans une publication parue le 8 juin dans Nature Geoscience, des chercheurs de Météo-France et du CNRS ont montré que la neige recouvrant la calotte groenlandaise au printemps est moins "blanche" depuis 2009 à cause d'un accroissement des dépôts d'impuretés. Cet assombrissement a contribué à la récente fonte accélérée de la calotte et pourrait amplifier le changement climatique sur la calotte. L'énergie solaire absorbée par la surface de la calotte groenlandaise dépend de la "blancheur" - ou albédo - de la neige qui la recouvre. L'albédo varie essentiellement avec la taille des grains de neige et la quantité d'impuretés absorbantes contenues dans le manteau neigeux.
La modélisation numérique permet en outre de conclure que cet assombrissement printanier a pu contribuer à la récente accélération de la fonte du Groenland. Il induirait en effet un réchauffement plus précoce de la neige de surface, ce qui renforcerait la boucle de rétroaction positive se mettant en place en été. L'augmentation possible du dépôt d'impuretés dans le futur doit donc être prise en compte dans les projections climatiques de l'évolution de l'état du Groenland et de son effet sur l'élévation du niveau des mers.

Source : PlanèteInfo 18/06/2014

Cap sur l'Arctique pour le Polarstern

L'Arctique est une zone de recherche prioritaire pour l'Allemagne. Le 6 juin 2014, l'Institut Alfred Wegener (AWI)[1], a lancé son navire de recherche Polarstern en direction de l'Arctique depuis sa base permanente de Bremerhaven en Mer du Nord. Au programme, l'observation de l'évolution de la banquise, des courants océaniques et des menaces sur la biologie marine. 52 scientifiques issus d'institutions de cinq pays ainsi que 43 membres d'équipage ont pris part à l'expédition. La zone d'étude visée est le détroit de Fram, espace séparant le Groenland et l'archipel du Svalbard (Spitzberg). Cette zone a été choisie car c'est un passage profond entre l'océan Arctique et l'Atlantique Nord. Les chercheurs y réaliseront une batterie d'études dans plusieurs domaines : chimie, physique, océanographie, biologie, avec une emphase particulière pour la thématique des changements atmosphériques à long terme, ainsi que les fonds marins.

[1] L'Institut Alfred Wegener (AWI), représente le Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine. L'AWI mène des recherches dans l'Arctique, l'Antarctique et dans les océans de latitudes moyennes et élevées. Il coordonne la recherche polaire en Allemagne et gère les grandes infrastructures de recherche telles que le Polarstern. L'Institut Alfred Wegener est l'un des 18 centres de l'Association Helmholtz, la plus grande organisation scientifique en Allemagne. De nombreuses collaboration existent au niveau international et particulièrement avec la France, comme le montre la base AWIPEV.

Le navire de recherche Polarstern
Le navire de recherche Polarstern quittant le port de Bremerhaven le 6 Juin 2014

Source : BE Allemagne numéro 664 (19/06/2014)

Des scientifiques tchèques au Spitzberg

Les scientifiques tchèques disposent désormais d'une station de recherche au Spitzberg, la plus grande île de l'archipel norvégien du Svalbard, situé en plein océan Arctique, entre la Laponie et le pôle Nord. Depuis sept ans, les chercheurs tchèques s'y relaient régulièrement pour y étudier l'écosystème et l'impact de la fonte des glaces sur la nature arctique. Administrée par l'Université de Bohême du Sud, la nouvelle installation doit accueillir successivement trois groupes de vingt chercheurs et étudiants durant tout l'été. C'est dans un jour permanent estival que la première équipe de scientifiques tchèques est arrivée dans sa station flambant neuve dans la ville de Longyearbyen, qui, forte de ses 2500 habitants, concentre l'essentiel de la population de l'archipel. Flambant neuve, la station, installée dans une ancienne maison familiale, a coûté quelque 30 millions de couronnes (un peu plus d'un million d'euros). Aux 2 laboratoires, il faut désormais ajouter deux stations météorologiques. Les scientifiques venus de différentes disciplines - microbiologie, zoologie, botanique, mais également glaciologie, climatologie, géologie - connaissent l'archipel pour y avoir régulièrement effectué des missions estivales depuis 2007, sous la direction de Josef Elster, directeur du Centre d'écologie polaire et leader de l'expédition.
Ces travaux s'inscrivent dans une perspective plus large, celle de la constitution d'une vaste base de données dans le cadre d'un projet international chapeauté par l'Institut Polaire Norvégien et répondant au doux nom de Diversité biologique et climatique de l'Arctique. Avec leur nouvelle station, les scientifiques tchèques, contraints jusqu'à présent de mener leurs recherches durant les trois mois de l'été, relativement doux, pourraient désormais envisager de les élargir dans le temps. Le projet dispose de quatre ans pour répondre à ces questions grâce au financement du ministère tchèque de l'Éducation.

Source : Radio Prague 24/06/2014

Traduction et adaptation : Bernard SOUMIER

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