Introduction au Svalbard ou Spitzberg
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La région du détroit d'Hinlopen

Carte Nord-Est Svalbard

Le Détroit d'Hinlopen

Généralités

Délimité à ses deux extrémités par Nordporten et Sørporten, ce détroit sépare l'île principale du Spitzberg de la Terre du Nord-Est ; d'une longueur de 160 km et d'une largeur allant de 9 km à 50 km, il englobe toute une série d'îles et d'îlots au centre et au sud présentant de belles formations basaltiques (Waigattøyane, Wilhelmøya, Bastianøyane et Rönnbeckøyane). Il est caractérisé par les régions environnantes, composées de vastes plateaux montagneux (900m), de déserts polaires et de calottes glaciaires qui se jettent en mer, donnant des paysages remarquables. Parmi les grands glaciers qui viennent vêler leurs icebergs dans le Détroit citons le Etonbreen et le Hinlopenbreen.
La ligne côtière du Détroit est interrompue par plusieurs fjords qui s'enfoncent parfois profondément vers l'intérieur : le Murchisonfjord et le Wahlenbergford à l'Est, le Sorgfjord et le Lomfjord à l'Ouest.
De puissants courants de marée circulent du nord au sud du détroit et les conditions de glace sont souvent difficiles, voire imprévisibles, sans compter qu'il subsiste encore des blancs sur les cartes marines. L'ensemble du Détroit de Hinlopen fait partie de la Réserve Naturelle du Nord-Est du Svalbard (voir carte).

Toponymie

Hinlopenstretet ou -stredet : Probablement d'après Thymen Jacobsz Hinlopen, le directeur d'une société baleinière hollandaise, la Noordsche Compagnie en 1617. (Son ancien nom hollandais de « Vaigatt » « Détroit des vents », se retrouve dans les noms « Vaigattbogen » et Vaigattøyane).

Faune et flore

La toundra du Détroit ainsi que celle de la Terre du Nord-Est font partie de la zone du désert polaire, caractérisée par l'absence de plantes à fleurs, mis à par quelques oasis bien délimitées. Ici s'imposent mousses et lichens ; les facteurs limitatifs sont surtout le manque d'humidité, de nutriments, et la faible couverture neigeuse en hiver.
La vie animale, à l'instar de la végétation, semble aussi très clairsemée. De petits groupes de rennes sont présents, mais c'est surtout près de et dans la mer que la vie foisonne. La richesse planctonique des eaux nourrit toute une série de colonies d'oiseaux marins (guillemots, fulmars, mouettes, mergules), au pied desquelles rôde le renard polaire (Alkefjellet) ; on compte quelques aires de repos où viennent les morses (Augustabukta/Torellneset et Vibebukta), et les chances sont réelles d'observer des ours polaires, surtout quand la banquise dérivante est présente. Rorqual commun, petit rorqual, baleine à bosse sont présents et depuis quelques années on a pu observer la très rare baleine franche boréale.

Histoire

Le Détroit d'Hinlopen était connu des baleiniers, comme le capitaine hollandais Zorgdrager, dès le 17e siècle, mais peu fréquenté en raison des conditions de glace difficiles. Des 17e et 18e siècles subsistent encore des traces des trappeurs russes.
Puis, au 19e siècle, ce sont les Anglais qui seront très présents dans le Détroit d'Hinlopen.
En 1827, tandis que W.E Parry tentait d'atteindre le Pôle Nord lors de l'expédition britannique avec l' « Hecla », le lieutenant Henry Foster cartographie la partie nord du Détroit.
En 1871 l'explorateur Leigh Smith explora le Détroit lors de ses expéditions au Nord-Est du Svalbard avec le « Samson ».
En juillet 1896, Sir Martin Conway, célèbre alpiniste et explorateur, accomplira la 1ère traversée d'Ouest en Est du Spitzberg et tentera début août, à bord de l' « Express », d'entrer dans le Détroit, mais il devra faire-demi-tour en raison des conditions de glace.
D'autre part, aux 19e et 20e siècles sont venues y travailler plusieurs expéditions scientifiques suédoises, parmi lesquelles il faudrait citer celle de Torell en 1861, celle de Nordenskjöld en 1864, et l'expédition russo-suédoise pour la mesure de l'arc de méridien (1899-1902), dont la tâche consistait en un mesurage précis le long d'un transect nord-sud, allant des Sept-Îles à l'extrême nord, jusqu'au Cap Sud du Spitzberg. À cet égard, le Détroit constituait un lien important et les îles qui s'y trouvent autant d'éléments avantageux pour les mesures. Les ruines des installations suédoises datant de la fin des années 1800 sont visibles à Crozierpynten (Heclahamna/Sorgfjord). Cet énorme projet de recherche avait pour objectif de déterminer la forme exacte de la terre, et notamment de vérifier l'hypothèse selon laquelle elle était aplatie aux deux Pôles. Le Svalbard fut choisi comme étant le meilleur endroit pour la réalisation de ce projet qui incluait l'hivernage 1899/1900 de nombreux participants, lesquels laissèrent de nombreuses traces dans la toponymie des lieux, principalement en Terre du Nord-Est.
Les installations suédoises sont aujourd'hui à l'état de ruines, mais l'un des bâtiments fut remis en état en 1921/1922 par l'expédition norvégienne Hagerup/Jensen et aussi par les frères Svendsen en 1927.
Parmi les expéditions allemandes il faudrait citer d'abord la « Erste Deutsche Nordpolar-Expedition » menée par Carl Koldewey sur le « Grönland » et qui, en août 1868, va parcourir le Détroit de Hinlopen en cartographiant au passage l'île Wilhelmøya, après avoir cherché vainement la mythique Terre de Gillis (ou de Gile) (en fait l'Île Blanche).
Et ensuite la « Deutsche Expedition in das Nördliche Eismeer », partie pendant l'été 1898 explorer le Nord du Svalbard avec le chalutier « Helgoland ». Son commandant, le Kapitän Rüdiger, pourra parcourir le Détroit jusqu'au sud grâce à une météo favorable, et son grand mérite sera de dresser la première carte précise du Kong Karls Land.

Le Détroit d'Hinlopen : les îles

Généralités

Au milieu et au sud du Détroit se trouvent plusieurs grandes îles (Wilhelmøya et Wahlbergøya) et une série d'îles plus petites (Waigattøyane, Bastianøyane et Rønnbeckøyane). Toutes ces îles font partie de la Réserve Naturelle du Nord-Est Svalbard.

Paysage

Presque toutes ces îles sont pierreuses, pauvres, non englacées et plus ou moins plates (sauf Wilhelmøya), avec beaucoup de bois flotté sur les rives.

Faune et flore

Les îles basaltiques s'apparentent à des déserts froids, où règnent les mousses et les lichens. Quelques plantes à fleurs comme le pavot du Svalbard et la saxifrage à feuilles opposées arrivent à pousser dans cet environnement inhospitalier. Les îles sont propices à l'observation de l'ours polaire et l'on compte quelques aires de repos où séjournent les morses.

Îles principales

- Vaigattøyane : les îles de ce groupe portent les noms des scientifiques ayant participé aux différentes expéditions du 19e siècle, suédoises notamment : Nyströmøya, Lemströmøya, Smittøya, Holmgrenøya, Öbergøya, Wijkanderøya, Palanderøya, Berggrenøya, Nordströmøya, Von Otterøya, Nordenskjöldøya, Perthesøya, Franzøya, Karl Alexanderøya.

Le nom Vaigatt qui désignait aussi le Détroit, est plus ancien, d'origine incertaine et désigne un trou (Gatt) par où passent les vents... Ce même nom se retrouve au Groenland-Ouest et en Sibérie.
La plus grande île du groupe est Wahlbergøya : d'après Peter Fredrik Wahlberg (1800 - 1877), botaniste suédois et secrétaire de l'Académie Royale des Sciences de Stockholm de 1848 à 1866.

- Wilhelmøya : d'après Guillaume Ier (1797-1888), roi de Prusse de 1867 à 1888, et empereur d'Allemagne de 1871 à 1888. D'autres noms de leaders politiques allemands (guerre de 1870-71) se retrouvent dans la toponymie, comme Bismarck, Moltke et Roon.
L'île, d'une superficie de 120 km², est séparée du Spitzberg par le Bjørnsundet, autrefois le Détroit de Bismarck, « Bismarckstraße »), large de 1,25 km et atteint 565 m d'altitude.
Elle est pauvre en végétation et se compose essentiellement de sédiments disposés horizontalement et datant du Jurassique. Un tiers de sa surface est englacée.
Wilhelmøya était sans doute déjà connue des baleiniers et des chasseurs russes pomores ; sa partie sud fut explorée et cartographiée par Karl Koldewey en 1868. L'expédition a pu en outre prouver qu'il s'agissait bien d'une île et pas d'un cap comme on le supposait jusque-là.

- Bastianøyane : d'après l'ethnologue allemand Adolf Bastian, fondateur du Musée d'Ethnologie de Berlin. Ce petit groupe d'îles se trouve à la sortie sud du Détroit d'Hinlopen (Sørporten), au sud-est de Wilhelmøya. Ces îles rocheuses et pauvres se composent d'intrusions basaltiques ; elles sont visitées fréquemment par les ours polaires.

Îles principales des Bastianøyane

NomOrigineAltitude en m
Langeøya Heinrich (Henry) Lange(1821-1893), cartographe allemand56
KiepertøyaHeinrich Kiepert (1818-1899) géographe et cartographe allemand35
Pescheløya Oskar Ferdinand Peschel (1826-1875), géographe allemand32
Ehrenbergøya Christian Gottfried Ehrenberg (1795-1876), zoologue allemand30
Konerøya Wilhelm Koner (1817-1887), géographe allemand27
Klödenøya Gustav Adolf von Klöden (1814-1885), géographe allemand11
DeegenøyaH. Deegen, secrétaire du Comité Berlinois pour les voyages polaires32
Geograføya« Îles des géographes »34

Les Bastianøyane furent découvertes et cartographiées en 1868 lors de l'expédition de Karl. Koldewey. Elles apparaissent pour la première fois en 1871 sur une carte du géographe August Petermann, initiateur de l'expédition, qui leur attribua les noms de ses collègues.
En 1995 se déroula un drame sur l'île Kiepertøya ; deux membres de l'équipage d'un bateau, non armés, furent surpris par un ours polaire ; l'un fut tué et l'autre grièvement blessé ; l'ours fut abattu par la suite.

- Rønnbeckøyane : d'après le capitaine norvégien Nils Rønnbeck, qui accomplit probablement la circumnavigation de l'archipel du Svalbard en 1850, atteignit la Terre François-Joseph en 1865, soit 8 ans avant la découverte « officielle » par Payer et Weyprecht (expédition du Tegetthoff), et fit le tour du Spitzberg en 1867. C'est lors de ce dernier voyage qu'il découvrit ces îles, une dizaine, les plus au sud du Détroit d'Hinlopen et qui portent son nom désormais.

Le Lomfjord

Le Lomfjord : Généralités

Long de 35 km, il comporte une petite baie latérale, Faksevågen, sur sa côte ouest. La partie intérieure du fjord, en grande partie, n'est pas cartographiée sur les cartes marines, si bien que la région est rarement visitée et que les débarquements se font plutôt dans la baie latérale Faksvågen.

Toponymie

Faksevågen : d'après Fakse, un cheval de la mythologie nordique.
Footøya : D'après R. Foot, membre de l'expédition de Parry en 1827.
Gullfaksebreen : d'après le cheval du géant Rugne dans la mythologie nordique.
Kapp Fanshawe : d'après un officier de l'Hecla, le bateau de Parry (expédition de 1827).
Lomfjord : le « fjord des plongeons » », d'après « lom », le nom de cet oiseau en norvégien ou le « fjord des guillemots » selon la version hollandaise du même mot, en raison de la proximité des falaises à guillemots d'Alkefjellet.
Skinfaksebreen : d'après le cheval du soleil dans la mythologie nordique.
Veteranen : un « véteran » parmi les glaciers, en raison de sa taille.

Paysage

Il se compose de de hauts plateaux s'élevant à 300-400 m, entaillés par des vallées libres de glace. Les plus profondes furent envahies par la mer et sont aujourd'hui des fjords (Lomfjord, Faksevågen), d'autres, dans leur cours inférieur, laissèrent la place à des rivières avec leurs deltas et à des paysages de moraines.
Loin de la côte l'intérieur est recouvert par de grands glaciers et des calottes. Le puissant glacier «Veteranen » descend directement des montages de Ny Friesland (Atomfjella, Newtontoppen) jusqu'au Lomfjord.
Les grands glaciers de la dernière glaciation ont laissé des traces sous la forme de blocs erratiques. Un beau spécimen se trouve à 355 m d'altitude sur le Faksefjellet et constitue un but d'excursion intéressant avec un panorama superbe.

Faune et flore

Dans les endroits protégés, comme autour de Faksevågen on trouvera une toundra riche avec la cassiope tétragone et la dryade octopétale, des zones où vient paître le renne du Svalbard. Sur les falaises, principalement sur la côte Est du fjord, nichent des colonies d'oiseaux marins, où le guillemot de Brünnich est l'espèce dominante.
Ours polaires et morses peuvent se montrer, surtout quand la banquise dérive dans le fjord.

Histoire

Isolé et tributaire de conditions de glace difficiles le Lomfjord fut rarement visité, mis à part quelques hivernages de trappeurs norvégiens entre 1908 et 1938. De 1923 à 1928, 4 huttes ont été construites : « Port Arthur » (1924) à Sagnberget, « Camp Mary » (1924) plus au sud près du Frostbreen, « Villa Solveig » (1928) très à l'intérieur du fjord, et « Villa Elly » (1928) à Rekvekstranda sur la rive Est.

Ces hivernages n'eurent pas de succès, la région fut abandonnée et il ne reste plus grand-chose des huttes. Jusque dans les années 1930, le Lomfjord demeura néanmoins une zone souvent fréquentée pour la chasse estivale aux bélougas.
En mai 2008 s'y déroula un drame : la glace du fjord céda lors du passage de 4 snowmobiles, un des conducteurs périt noyé, les autres purent être sauvés par hélicoptère.

L'Alkefjellet

Généralités

Pour les croisiéristes, c'est une expérience inoubliable que de pouvoir contempler ce site exceptionnel d'une grande richesse. Surtout si le beau temps est de la partie, car ces falaises abruptes sont exposées aux vents du Nord et de l'Est et les courants de marée sont parfois forts ; mais c'est alors une chance à saisir si l'on peut longer le site en zodiac, sinon le spectacle vaut aussi la peine depuis le bateau, car la profondeur est suffisante pour s'en approcher et faire de bonnes photos. L'Alkefjellet fait partie de la Réserve Naturelle du Svalbard Nord-Est.

Voyage Spitzberg - Alkefjellet

Toponymie

Alkefjellet : la « montagne aux alcidés », d'après cette famille d'oiseaux comprenant les guillemots, macareux et autres mergules.
Odinjøkulen : d'après Odin, dieu de la mythologie scandinave.

Paysage

La plus grande falaise à oiseaux du Svalbard, parfois haute de plus de 100 m, se compose de colonnes basaltiques impressionnantes sur plusieurs kilomètres. Ici la lave s'est infiltrée, il y a environ 150 à 100 millions d'années, à travers la roche sédimentaire en formant des colonnes, des tours et des créneaux. Dans la brume, ces structures semblent sorties tout droit d'un film fantastique ou d'un conte de fées...
À certains endroits, les couches de calcaire sont encore visibles, en haut et en bas. Le calcaire s'est recristallisé dans la zone de contact avec le basalte, faisant apparaître, en un contraste remarquable, un beau marbre blanc.
La presqu'île entre l'Alkefjellet et le Lomfjord est recouverte par la calotte glaciaire Odinjøkulen, d'où descendent plusieurs glaciers jusqu'au Détroit de Hinlopen. À d'autres endroits, l'eau de fonte forme des cascades dont la couleur tranche avec celle de l'eau de mer. D'autre part, les fientes des oiseaux colorent le basalte noir de blanc et de rose, donnant des motifs qui s'harmonisent avec le vert de la toundra qui tapisse le pied des falaises.

Faune et flore

La grande attraction des ces falaises, c'est bien sûr la colonie de guillemots de Brünnich qui nichent juste au-dessus de l'eau par dizaines de milliers (entre 60 000 et 100 000 couples sont des estimations, en l'absence de comptage précis), et se livrent, en saison, à un incessant et bruyant va-et-vient pour nourrir leur progéniture, en compagnie de mouettes tridactyles, mais aussi de goélands bourgmestres à l'affût des jeunes guillemots qui doivent se jeter du haut de la falaise pour suivre leurs parents... Et en bas, sur les étendues de toundra, les attend un autre prédateur, le renard polaire...

Voyage Spitzberg - Croisière Spitzberg
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