L'EES est désormais pleinement mis en œuvre aux frontières extérieures de l'espace Schengen, mais neuf pays demandent le maintien d'exemptions lorsque l'enregistrement biométrique crée de longues files d'attente. La Commission européenne ne réagira pas pour l'instant. Cela s'applique à la France, à la Belgique, aux Pays-Bas, à l'Allemagne, à la Grèce, à Malte, au Portugal, à l'Italie et à la Suisse, selon The Guardian.

La Suisse n'est pas membre de l'UE, mais participe à la coopération Schengen et à l'EEE. Il est donc plus précis de qualifier les neuf de pays Schengen que de pays de l’UE.

Le dispositif, qui accordait une flexibilité temporaire aux pays, a expiré début septembre. Les pays doivent néanmoins avoir clairement fait comprendre à la Commission européenne que la prise en compte de la fluidité du trafic sera une priorité si l'EES crée des délais d'attente disproportionnés.

La Commission européenne n’a pas publié d’extension formelle et générale. Cependant, selon The Guardian, la Commission a indiqué qu'elle n'initierait pas de réactions contre ces pays tant que le travail visant à faire fonctionner le système de manière stable se poursuit.

Doit empêcher l’arrêt du contrôle aux frontières

L'EES est devenu pleinement opérationnel le 10 avril 2026 et a essentiellement remplacé le visa manuel des passeports aux frontières extérieures de l'espace Schengen. Le système enregistre les détails du passeport, les images faciales et les empreintes digitales des voyageurs effectuant de courts séjours en provenance de pays hors UE et Schengen.

L'objectif est, entre autres, d'enregistrer l'entrée et la sortie du voyageur individuel dans l'espace Schengen, et de détecter automatiquement les personnes qui dépassent la limite de 90 jours pendant une période de 180 jours.

Cette introduction a également entraîné des problèmes techniques et opérationnels dans plusieurs aéroports et autres postes frontaliers. L'enregistrement initial prend plus de temps qu'un contrôle de passeport traditionnel, et les problèmes d'équipement, de transfert de données et d'accès aux enregistrements précédents ont contribué à l'augmentation des files d'attente.

La réglementation donne aux pays le droit de suspendre certaines parties du traitement de l'EES pour des périodes limitées en cas de délais d'attente extraordinairement longs. Ce mécanisme transitoire était limité dans le temps, mais les neuf pays souhaitent que la flexibilité perdure même après son expiration en septembre.

Des pratiques différentes selon les pays et les aéroports

La conséquence est que les voyageurs peuvent encore être confrontés à des pratiques différentes selon les pays, les aéroports et les heures de la journée. À certains postes frontaliers, toutes les fonctions de l'EES sont utilisées, tandis que d'autres peuvent réduire temporairement l'enregistrement biométrique pour maintenir le trafic de passagers.

L'Espagne aurait appliqué pleinement le système, tandis que plusieurs des neuf pays continuent de recourir à la flexibilité lorsque le volume du trafic ou des problèmes techniques l'exigent.

Pour les voyagistes, les compagnies aériennes et autres voyagistes, la situation signifie qu'il est encore difficile de donner aux clients une estimation commune du temps passé par le contrôle aux frontières. Les voyageurs en provenance, entre autres, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada peuvent être concernés, notamment lors de leur première inscription dans l'EES.

Les citoyens norvégiens ne sont pas couverts par l'obligation d'enregistrement car la Norvège participe à la coopération Schengen. Les agences de voyages norvégiennes peuvent toujours être affectées lorsqu'elles traitent des clients provenant de pays extérieurs à l'UE et à l'espace Schengen, ou lorsque des retards dans les contrôles aux frontières affectent les opérations aériennes et la correspondance.

La Commission européenne affirme que l'EES permettra un contrôle plus efficace des temps de séjour et facilitera la détection de l'utilisation de faux documents. À plus long terme, les contrôles automatisés aux frontières et les solutions en libre-service devraient permettre de réduire les délais de traitement. Toutefois, l’expérience acquise après l’introduction montre que la capacité, le personnel et les solutions techniques varient encore considérablement d’un poste frontière à l’autre.

Sources

The Guardian, Neuf pays de l'UE retardent encore les contrôles aux frontières de l'EEE, septembre 2026

Commission européenne, Système d'entrée/sortie, septembre 2026

Bibliothèque de la Chambre des communes, Le système d'entrée/sortie de l'UE et le système d'autorisation de voyage de l'UE, août 2026