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La flore du Svalbard

Il existe au Svalbard plus de 170 espèces de plantes à fleurs, sans compter les champignons, algues, mousses et bien sûr les lichens qui sont les plus nombreux. Ce chiffre est assez faible par rapport au Nord de la Norvège où plus de 500 espèces sont répertoriées. Les familles les plus représentées sont les saxifrages, les laîches, les renoncules ; on peut citer aussi les linaigrettes, les silènes, le pavot arctique et la dryade à huit pétales.
La région centrale du Spitzberg (Nordenskjöld Land) réunit 75 % des espèces de tout l'archipel ; les fjords de la côte Ouest sont les régions les plus propices. À l'opposé, les îles de l'Est de l'archipel constituent les terres les plus inhospitalières et plus on se dirige vers l'Est du Svalbard plus la flore s'appauvrit. La différence de climat et l'apport d'engrais par les oiseaux sont à l'origine de cette dissymétrie. Les plantes à fleurs sont abondantes sous les colonies d'oiseaux où les fientes constituent un engrais naturel, formant ainsi de véritables prairies.
En ce qui concerne cet ensemble de plantes vasculaires, un petit nombre seulement d'espèces a réussi à coloniser l'archipel, dont l'exploration botanique n'a pris un véritable essor qu'après le début du 20ème siècle, essentiellement lors de récentes expéditions organisées sous l'égide de l'Institut Polaire Norvégien. Venues s'ajouter à toutes les espèces indigènes, nombreuses sont les plantes qui ont été involontairement introduites, suite à la colonisation humaine de l'archipel après sa découverte en 1596. Elles se sont disséminées en provenance de Norvège, mais les rigueurs du climat ont rendu leur apparition tellement fugace que quelques espèces seulement semblent s'y être implantées, portant ainsi l'inventaire floristique total à plus de 170 espèces.
On estime que seulement 7 à 8 % de la surface des îles sont couverts de végétation, ce qui explique le jugement au premier coup d'œil que l'on porte au paysage svalbardien : taches de neige et roche nue.

Toundra, vent et guano

Sur les grandes étendues plates proches du niveau de la mer (grandes vallées glaciaires, terrasses maritimes, plateaux peu élevés), se développe la toundra, végétation typique des régions polaires. Cette végétation rase est adaptée à l'environnement arctique. La faible activité bactérienne du sol fournit peu de phosphates, nitrates et autres sels minéraux essentiels. Cette pauvreté limite considérablement la vitesse de croissance et la densité de la végétation. En revanche, sous les colonies d'oiseaux, l'apport d'engrais naturel favorise une couche végétale qui tranche par sa couleur, sa vivacité et son épaisseur (parfois plus de 20 cm de mousses). Une étude dans la région de Hornsund a donné une estimation de 100 tonnes d'apport de fientes au cours de l'été, par une population de 50 000 couples de mergules nain.
La saison de croissance de la végétation ne dure que de 6 à 10 semaines, ce qui est malgré tout suffisant pour que les espèces acclimatées poussent, fleurissent et se reproduisent. Certaines commencent leur croissance avant que la neige n'ait complètement disparu et développent leurs fleurs en quelques jours.
La fréquence des vents amène les plantes à se développer horizontalement plutôt que verticalement. Le meilleur exemple est le saule polaire (Salix polaris), véritable arbre nain dont la hauteur ne dépasse pas 2 à 3 cm, mais qui possède des branches rampantes, voire enterrées.
On trouve également de rares bouleaux nains (Betula nana) à l'intérieur de l'Isfjord, formant là une brousaille rampante et rabougrie.

Tiges, feuilles et fleurs adaptées au froid

L'écosystème arctique tel qu'on le connaît aujourd'hui date de moins de 3 millions d'années ; depuis cette époque, plusieurs glaciations se sont succédées, mais trop rapidement, du point de vue de l'évolution, pour permettre la différenciation de nouvelles espèces. Voilà pourquoi les plantes endémiques que l'on s'attendrait à rencontrer dans un milieu si original sont en réalité très peu nombreuses. En fait, c'est depuis les régions méridionales que la plupart des espèces sont venues coloniser ces nouveaux milieux, suivant de près les retraits des glaciers. Dès lors il n'est pas surprenant d'y rencontrer de nombreuses espèces connues dans nos régions tempérées et alpines (potentilles, saules, linaigrettes, laîches, saxifrages...). Seules de nouvelles sous-espèces se sont différenciées.
Pendant l'hiver, certains végétaux se déshydratent pour éviter que le gel ne fasse éclater leurs tissus. D'autres, pour lutter contre les vents qui les dessècheraient trop violemment ou contre les cristaux de neige projetés par les rafales qui les endommageraient, rampent au niveau du sol, hivernent sous terre, ou encore s'abritent derrière un obstacle ou poussent en formant des coussins ou un tapis serré.
Aux beaux jours, les plantes arctiques doivent continuer à résister au froid ; en particulier, leur petite taille leur permet de profiter au mieux de la chaleur renvoyée par le sol. Des couleurs sombres (rouge, bleu) aident certaines fleurs à absorber l'énergie solaire, tandis que les plus claires (jaunes ou blanches) compensent ce manque à gagner en possédant des tiges et des feuilles plus pigmentées ou couvertes de poils pour limiter ainsi les déperditions de chaleur. D'autres fleurs enfin s'ouvrent en entonnoir (dryas, pavots) et s'orientent vers le soleil pour concentrer la lumière et la chaleur sur leur cœur.
Plantes persistantes ou semi-persistantes, racines charnues riches en réserves, multiplication végétative par rhizomes ou stolons et autofécondation sont encore autant d'adaptations qui permettent aux plantes arctiques de proliférer malgré la courte durée de l'été.
Les plantes du Svalbard offrent quelques avantages pour le moins inattendus. Par exemple, une tache de végétation anormalement abondante peut parfois indiquer la présence d'un squelette de baleine à demi-enfoui. Les coussinets de silènes, eux, sont de véritables boussoles naturelles, car leurs fleurs commencent par s'ouvrir côté sud. Et la consommation de certaines espèces comme la cochléaria est un excellent remède contre le scorbut ; elle a vraisemblablement sauvé la vie de nombreux baleiniers, explorateurs et trappeurs...

Dryade à huit pétales (Dryas octopetala)

Poussant en tapis denses dans la toundra, elle habite les terres polaires arctiques jusqu'au delà du 83ème degré de latitude. Comme plusieurs espèces que l'on rencontre au Svalbard, elle est également commune dans les prairies alpines de l'Europe. Ses grandes corolles crème sont souvent les seules à égayer les immenses champs de pierre couverts de lichens.

Cassiope tétragone (Cassiope tetragona)

Excepté sur l'Île aux Ours on la trouve partout dans l'archipel, elle se remarque et est facile à identifier. Pousse dans des endroits secs et de préférence là où il y a beaucoup de neige en hiver. Les rennes la dédaignent et au début de l'été ses fleurs jaunes blanchâtres confèrent un bel éclat à la toundra.
La cassiope tétragone forme l'une des parures les plus gracieuses des moraines du Spitzberg. Malgré la grande ressemblance des ses fleurs avec notre muguet, il s'agit en fait d'un sous-abrisseau très proches des bruyères. Sur le continent même, elle ne se trouve que dans les montagnes du Nord de la Scandinavie.

Silène acaule (Silene acaulis)

Préférant les endroits secs, elle est fréquente et très visible, elle se trouve en coussinets denses qui protègent la fleur du froid et de la dessiccation par le vent ; on l'appelle aussi la « plante boussole » car ses premières fleurs avides de soleil indiquent le sud, tout ceci constituant une remarquable adaptation au climat extrême.

Silène de Wahlbergue (Silene wahlbergella)

Poussant de façon isolée et atteignant 5 à 10 cm de hauteur, on la trouve surtout sur les côtes Ouest et Nord de l'archipel, sauf sur l'Île aux Ours.

Pavot des glaciers (Papaver dahlianum)

Typique des sols les plus secs et des climats les plus rigoureux, fleur emblématique du Svalbard, le pavot arctique est l'équivalent septentrional de notre coquelicot. Ses fleurs sont soit d'un jaune d'or vif, soit le plus souvent crème, rehaussées par le noir profond de leur partie centrale. Les capsules remplies de graines mûres dès la fin août, représentent la seule source de nourriture appréciable pour les oiseaux granivores comme le bruant des neiges ou le lagopède, qui les atteint en hiver par des galeries qu'il creuse sous la neige.

Saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia)

Sa couleur rouge-violet et sa relative abondance en font l'une des fleurs caractéristiques du Spitzberg, poussant dans les toundras même les plus pauvres. D'autres espèces de saxifrages présentent des couleurs blanches ou crèmes. Les coussinets de saxifrage à feuilles opposées, répétés à l'infini dans certaines toundras côtières particulièrement favorables, participent à la phénoménale explosion de végétation dès la fin du mois de juin.
Ce saxifrage, de loin la plante à fleurs la plus répandue au Spitzberg, défie par la rutilance de ses couleurs, le fait que le Pôle Nord ne se trouve plus qu'à 1000 kilomètres.

Saxifrage jaune (Saxifraga aizoides)

Poussant en coussinets elle est moins fréquente et se trouve principalement sur les terrains riches en calcaire et en nutriments de la côte Ouest. On la remarque surtout en août, quand les autres fleurs sont déjà fanées.

Saxifrage des neiges (Saxifraga nivalis)

On la trouve partout au Svalbard dans des endroits appropriés où la concurrence d'autres plantes la force à s'installer dans des fissure rocheuses sèches.

Saxifrage à feuille d'épervière (Saxifraga hieracifolia)

Avec ses 20 cm de hauteur elle est presque aussi impressionnante que son nom. Elle pousse dans des endroits humides, souvent au milieu de coussinets de mousse. Ressemblant beaucoup à la saxifrage des neiges, elle est plus rare surtout à l'Est du Svalbard.

Saxifrage dorée (Saxifraga hirculus)

Elle forme de petits coussinets et se remarque avec ses fleurs d'un jaune vigoureux, bien qu'on puisse la confondre avec d'autres espèces. Répandue dans tout le Svalbard elle affectionne les terrains humides sur de grandes étendues de toundra.

Saxifrage penchée (Saxifraga cernua)

On la trouve partout au Svalbard, en petits coussinets et présentant des tiges d'apparence fragile, la plupart du temps dans des endroits humides.

Saxifrage en coussinet (Saxifraga cespitosa)

Fréquente et répandue partout au Svalbard elle forme de petits coussinets avec de petites fleurs blanchâtres. Selon les substances nutritives du sol et les attaques des champignons les fleurs d'ordinaire vertes prennent parfois une couleur rouge profond.

Saxifrage à flagelles (Saxifraga flagellaris)

Cette espèce est moins fréquente mais néanmoins présente dans tout le Svalbard excepté l'Île aux Ours et pousse dans des endroits humides. Sa caractéristique, pour pallier le manque d'insectes, est d'utiliser la stratégie de nombreuses plantes arctiques et de se reproduire par rejets.

Polémoine boréal (Polemonium boreale)

Les fleurs bleues, comme celles du polémoine, sont plutôt rares au Svalbard ; elles apparaissent dans quelques sites à l'intérieur des fjords de la côte Ouest du Spitzberg. Le polémoine s'y développe vigoureusement avec de belles fleurs bleu-violet.

Cardamine de Nymani (Cardamine nymanii)

La cardamine de Nymani, avec ses fleurs qui vont du rose tendre au bleu pâle, est un spectacle assez rare pour les botanistes amateurs. On la trouve partout au Svalbard dans des endroits humides, mais de façon très dispersée et isolée. Cette plante s'est adaptée à un environnement pauvre en insectes et se reproduit de façon asexuée en refaisant des racines à partir des feuilles tombées, les fleurs faisant office de décoration.

Saule polaire (Salix polaris)

C'est de loin le plus fréquent des 4 espèces d'arbre de l'archipel (3 espèces de saule et le bouleau nain) qui peut, en poussant de quelques millimètres par an seulement, atteindre certes 50 ou 100 ans, mais n'aura que 2 à 4 cm de hauteur et forme en rampant sur le sol de véritables « forêts » ; C'est vers la fin de l'été que se détachent des taches jaune-rouge sur la toundra.

Pédiculaire hirsute (Pedicularis hirsuta)

Plusieurs espèces végétales sont endémiques des côtes de la Mer de Barents : on ne les rencontre qu'au Spitzberg et en Nouvelle Zemble, preuve supplémentaire de l'origine commune des ces deux îles. La pédiculaire hirsute est l'une de ces espèces ; régulière sur les sols les plus riches, une importante toison resserrée autour de la tige et des feuilles, la protège des rigueurs du climat.

Pédiculaire à anthères épaisses (Pedicularis lanata)

Elle est fréquente dans les fjords du Nord et de l'Ouest du Spitzberg, notamment dans des endroits légèrement humides. Ressemble beaucoup à la pédiculaire hirsute. Comme toutes les pédiculaires elle est toxique.

Pissenlit arctique (Taraxacum arcticum)

Haut de 8 cm au maximum, il possède des fleurs en rosette d'un blanc jaunâtre en forme de corbeille qui attire beaucoup les insectes. Ce pissenlit, pas très fréquent, pousse la plupart du temps au milieu d'une végétation dense et est répandu sur les côtes Ouest, Nord et Est du Spitzberg.

Linaigrette (Eriophorum scheuchzeri)

Haute de 5 à 20 cm, avec sa houppe blanche cotonneuse caractéristique, on ne peut la confondre avec aucune autre plante et se trouve dans les zones marécageuses, les tourbières et la toundra humide. On la trouve partout au Svalbard, notamment sur la côte Ouest du Spitzberg, elle est d'ailleurs fréquente à Longyearbyen et aux alentours.

Bouleau nain (Betula nana)

Avec les 3 espèces de saule il fait partie des « arbres » du Spitzberg. Mais il est rare et on le voit à peine. Il faut de la chance et de la patience pour trouver ces petites feuilles dentelées et ces troncs gros comme un doigt, rampant au ras du sol, et s'enfoncer à l'intérieur des vallées protégées dans le Nordenskjöld Land et l'Adventdalen.

Oxyria à deux carpelles (Oxyria digyna)

On le trouve partout au Svalbard, surtout dans des zones humides et peut atteindre 20 cm de haut. Ses feuilles vertes ont un goût aigrelet et contiennent de la vitamine C, ce qui en fait une plante antiscorbutique, consommée aussi bien par les populations indigènes que par les baleiniers. Il est fréquent près des falaises à oiseaux et figure au menu des rennes.

Renouée vivipare (Polygonum viviparum)

Elle peut atteindre 15 cm de haut et possède de longues feuilles qui se remarquent. La renouée se reproduit par rejets, d'où son nom de vivipare, et fait figure parfois de plante pionnière. On la trouve partout au Svalbard et figure parmi les préférences des rennes et des lagopèdes des neiges.

Céraiste arctique (Cerastium arcticum)

Répandue dans tout le Svalbard en différentes sous-espèces, elle forme de petits coussinets et affectionne les endroits humides avec des sols calcaires et azotés, constituant ainsi localement une source de nourriture importante pour les animaux.

Renoncule des neiges (Ranunculus nivalis)

C'est la plus représentative des espèces de renoncules du Svalbard, dont la plupart sont assez rares. Ce sont le plus souvent sur les côtes Ouest et Nord du Spitzberg que l'on rencontre cette renoncule aux fleurs d'un jaune brillant, dans des zones plutôt humide et que les rennes ne semblent pas beaucoup apprécier.

Cranson officinal (Cochlearia officinalis)

On le trouve partout au Svalbard, mais le plus fréquemment au pied des falaises à oiseaux. À cause de la teneur en vitamine C de ses feuilles, cette plante fut utilisée autrefois comme médicament anti-scorbutique. Les versants de la montagne située derrière l'ancienne station baleinière de Smeerenburg s'appellent toujours « montagne aux salades », suite aux ramassages organisés par les baleiniers hollandais.

Drave (draba spec.)

On dénombre 12 espèces différentes de Drave, 7 de couleur blanche et 5 de couleur jaune, sans compter 4 espèces hybrides. La détermination de chacune de ces espèces, dont la plupart sont largement répandues dans l'Arctique, est une affaire de spécialiste.

Potentille arctique (Potentilla hyparctica)

Pouvant atteindre jusqu'à 10 cm de hauteur, sa tige peut-être à même le sol ou se dresser verticalement. Ses feuilles sont parfois couvertes de poils ; la potentille développe de grandes fleurs d'un jaune vif, qui, riches en nectar, attirent différents insectes pollinisateurs. Elle est fréquente au Spitzberg, où 6 espèces différentes ont été décrites, et colonise les endroits humides avec une couverture neigeuse hivernale.

Arnica arctique (Arnica angustifolia)

Munie d'une tige velue et pouvant atteindre entre 10 et 20 cm de hauteur, elle fleurit peu après la fonte des neiges affichant une couleur jaune orangée. Proche de l'espèce européenne, l'arnica arctique affectionne les endroits secs, en particulier calcaires. Au Spitzberg elle pousse dans les fjords le long des côtes Ouest et Nord.

Vergerette humble (Erigeron humilis)

Pluriannuelle et haute de 4 à 6 cm, cette plante présente une série de feuilles en forme de cuillères, à la base et le long de la tige. La fleur ressemble à une corbeille, jaune au centre et blanche sur les bords. Ce qui la caractérise est sa toison épaisse et d'un violet profond. L'érigeron est répandu et on peut le voir fréquemment dans les fjords abrités à l'Ouest et au Nord du Svalbard.

Sabline pseudofrigide (Arenaria pseudofrigida)

La sabline pousse en formant un coussinet blanc, jusqu'à 10 cm de haut maximum. Cette plante persistante, affectionnant un sol calcaire, colonise sable et gravier des plages de même que les éboulis plus secs. On la trouve le long des fjords des côtes Ouest et Nord du Spitzberg.

Lichens, champignons, algues, mousses et autres herbes

Dans le règne végétal du Spitzberg, les experts distinguent officiellement 597 espèces de lichens. Ils sont parmi les premiers conquérants des terres libérées par les glaces ; particulièrement robustes, ils prélèvent l'eau de l'air ambiant, sont totalement indifférents aux basses températures et résistent fort bien à l'abrasion.
Résultat d'un symbiose entre une algue et un champignon, ces végétaux pionniers par excellence s'installent directement sur les roches dont ils se nourrissent en les désagrégeant par un mécanisme physico-chimique.
Leur croissance est très lente et leur longévité impressionnante. Sur les tombes des baleiniers morts il y a 350 ans, les lichens ont un diamètre de deux centimètres. Ils croissent en moyenne d'un centimètre par siècle, permettant ainsi de dater les éboulis, plages et autres paysages formés sous ces latitudes.
Parmi les lichens, les plus communs au Svalbard sont de couleur blanc grisâtre (cladonies), jaune et noir (rhizocarpon) ou orange (caloplaca elegans). Ce dernier se développe grâce aux restes des fientes d'oiseaux. C'est pourquoi on le trouve sur les rochers sommitaux où goélands, sternes ou labbes se perchent, mais aussi dans les falaises ou les alcidés se reproduisent. Souvent la couleur orangée des rochers ou des éboulis trahit la présence de mergules.

Il y a environ 15 espèces de champignons, dont l'un des plus connus est la vesse de loup. Ils croissent en juillet et août, durant 3 à 10 jours.

Les algues colonisent discrètement de vastes étendues de toundra humide ou détrempée, où elles forment une couche mince d'un bleu noirâtre. D'autres espèces d'algues (Chlamydomonas nivalis) vivent dans la neige en donnant cette couleur rougeâtre aux névés et aux glaciers, quand à la fin de l'été la glace fond et que les algues se concentrent alors à sa surface.

Il existe officiellement 377 espèces de mousses qui forment des taches colorées dans les zones humides ou le lit des rivières. Les couleurs ne dépendent pas seulement de l'espèce, mais aussi de l'environnement et de sa teneur en substances nutritives : si celle-ci est pauvre, une mousse habituellement d'un vert vigoureux, sera d'un rouge profond ; les mousse sont fragiles car sensibles au piétinement.

Ces plantes, que la plupart des touristes appelleront communément des herbes, sont largement répandues dans la toundra du Svalbard ; les spécialistes en distinguent 59 espèces différentes, dont moins d'une dizaine sont fréquentes (par exemple les genres Juncus, Luzula, Carex, Poa Alpina, Alopecurus et Deschampsia). Certaines ne se trouvent qu'en très petit nombre et dans des endroits précis ; au moins 5 espèces ont suivi l'homme au Spitzberg et se sont installées autour des agglomérations.

Sources En voyage au Spitzberg, Terre Polaire. Christian KEMPF. Editions de l'Est, 1992.
Spitzberg (GNGL Travel Book),DMI Edition 1994.
L'Arctique et l'environnement boréal.3 Svalbard. Collection Autrement dit.
Svalbard Guide. Gaidaros forlag, 2007.
Spitzbergen. Andreas UMBREIT. Conrad Stein Verlag, 2009.
Spitzbergen-Svalbard. Rolf STANGE.2007.
Die kleine Spitzbergenflora. LINDNER, MEISTER.2006.

Site web à consulter

www.svalbardflora.net

Liste des principales plantes à fleurs du Svalbard

Nom communLatinAnglais
Arnica arctiqueArnica angustifoliaAlpine Arnica
Bouleau nainBetula nanaDwarf Birch
Cardamine de NymaniCardamine nymaniiPolar Cress
Cassiopée tétragoneCassiope tetragonaArcitc Bell-Heather
Céraiste arctiqueCerastium arcticumArctic Mouse-Ear
Cranson officinalCochlearia officinalisScurvy Grass
DraveDraba spec.Whitlow-Grasses
Dryade à huit pétalesDryas octopetalaMountain Avens
LinaigretteEriophorum scheuzeriArctic Cottongrass
Oxyria à deux carpellesOxyria digynaMountain Sorrel
Pavot du SvalbardPapaver dahlianumSvalbard Poppy
Pédiculaire hirsutePediculatis hirsutaHairy Lousewort
Pédiculaire à anthères épaissesPedicularis lanataWooly Lousewort
Polémoine boréalPolemonium borealeBoreal Jacob's ladder
Pissenlit arctiqueTaraxacum arcticumArctic Dandelion
Potentille arctiquePotentilla hyparcticaArctic Cinquefoil
Renoncule des neigesRanunculus nivalisSnow Buttercup
Renouée viviparePolygonum viviparum/bistorta viviparaKnotweed/Knotgrass
Sabline pseudofrigideArenaria pseudofrigidaFringed Sanswort
Saule polaireSalix polarisPolar Willow
Saxifrage à feuilles opposéesSaxifraga oppositifoliaPurple Saxifrage
Saxifrage jauneSaxifraga aizoidesYellow Mountain Saxifrage
Saxifrage des neigesSaxifraga nivalisAlpine Saxifrage
Saxifrage à feuille d'épervièresaxifraga hieracifoliaHawkweed-leaved Saxifrage
Saxifrage doréeSaxifraga hirculusBog Saxifrage
Saxifrage penchéeSaxifraga cernuaDrooping Saxifrage
Saxifrage en coussinetSaxifraga cespitosaTufted Saxifrage
Saxifrage à flagellesSaxifraga flagellarisSpider plant
Silène acauleSilene acaulisMoss Campion
Silène de WahlbergueSilene wahlbergellaNodding Lychnis
Vergerette humbleErigeron humilisBlack Fleabane


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