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La côte sud-ouest du Spitzberg : Le Hornsund


(Gåshamna, Hornsundtind, Samarinvågen, Brepollen, Treskelen, Burgerbukta, Gnålodden, Isbjørnhamna)
Svalbard : Le Hornsund (Sud-Ouest)
Carte du Hornsund avec sites de débarquements

Généralités

Avec ses 28 km de long et ses 10 km de large à l'embouchure, ce n'est pas seulement le fjord le plus méridional du Spitzberg, mais c'est aussi l'un des plus beaux. Au bout de la baie, on compte 8 grands glaciers qui descendent jusqu'à la mer et forment l'un des paysages les plus impressionnants du Spitzberg, avec 25 km de front de glace et un vêlage important d'icebergs ; parmi les montagnes imposantes qui bordent le Hornsund, se trouve le Hornsundtind qui, avec ses 1431 m, est le troisième plus haut sommet de l'archipel et celui que l'on voit en premier quand on aborde le Spitzberg par le sud en bateau. Par temps clair il est visible à une distance de 75 voire 85 miles nautiques. C'est cet univers de montagnes et de glace qui rend ce fjord si attrayant mais les conditions météo n'en permettent que rarement une vision complète et les sommets restent souvent cachés dans les nuages. Le fjord n'offre en plus que peu de protection contre les vents forts soufflant d'est en ouest et il est sous l'influence de masses d'eaux froides qui sont amenées, en contournant la pointe sud, par le courant est du Spitzberg. C'est pourquoi il est encore bloqué par les glaces au début de l'été, alors que les fjords plus au nord de la côte ouest sont déjà libérés des glaces, ce qui fait qu'au printemps le Hornsund est aussi la grande voie de passage des ours polaires qui sont sûrs d'y trouver des phoques.
À Isbjørnhamna se trouve la station de recherche polonaise, occupée en permanence et qui développe une activité régulière.
Le Hornsund fait partie du Parc National du Sud-Spitzberg (Sør-Spitsbergen Nasjonalpark).

Toponymie

Hornsund : nom attribué par le baleinier anglais Jonas Poole en 1610 qui travaillait pour la « Muscovy Company », quand son équipage ramena à bord du bateau (l'Amitie) des bois de renne.

Le Hornsund : Paysages

Un univers de montagnes et de glaciers qui vaut le détour, avec quelques hauteurs remarquables comme Hornsundtind, Bautaen, Sofiekammen et Luciakammen. Le paysage du Hornsund révèle, comme le Bellsund et l'Isfjord, un profil typique à travers les zones proches de la côte ouest et les zones centrales du Spitzberg : de vastes plaines le long de la côte, des reliefs alpins faits de roches de soubassement (Burgerbukta, Hornsundtind), des paysages structurés de roches sédimentaires verticales (entrée du Brepollen, Treskelen), et des montagnes tabulaires de sédiments horizontaux (à l'est de Brepollen).
L'intérieur du pays est fortement englacé et presque tous les glaciers ont reculé au 20ème siècle, pour cette raison les eaux devant les fronts glaciaires sont marquées principalement en blanc sur les cartes marines.

Le Hornsund : Faune et flore

Dans le Hornsund se trouvent quelques unes des plus grandes colonies de mergules nains du Spitzberg (de 100 000 à 1 million d'individus), qui trouvent dans ses eaux une énorme réservoir à plancton et crustacés. Les zones d'éboulis où ils nichent sont d'un accès plutôt difficile et de part le terrain c'est la colonie à Isbjørhamna qui est la plus accessible ; avant de la visiter il faut s'entendre avec la station polonaise car elle se trouve tout près de la colonie qui constitue un champ de recherche important pour les scientifiques et les visites peuvent être alors gênantes. Parmi les autres espèces on peut citer le fulmar boréal, le guillemot de Brünnich, la mouette tridactyle ; sur les îles qui constituent des sanctuaires, nichent la bernache nonnette, l'oie à bec court, la bernache cravant, l'eider à duvet, la sterne arctique. Le goéland bourgmestre et le guillemot à miroir sont aussi présents en colonies plus ou moins importantes.
La région est connue pour sa densité élevée d'ours polaires et cela pour diverses raisons, parmi lesquelles le fait que les phoques annelés viennent mettre bas ici sur la glace au printemps. Quand la banquise dérivante contourne le Cap Sud et entre dans le Hornsund, elle amène souvent avec elle des ours polaires, qui suivent leur route migratoire en franchissant les glaciers plats de l'intérieur du fjord comme le Hornbreen, pour ensuite retourner vers l'est, c'est le « carrousel des ours polaires »...Cette migration a été décrite par Helge Ingstad dans son livre « The Land of the Cold Coasts » (1948), en se basant sur les observations des trappeurs. Aujourd'hui les chercheurs suivent les routes migratoires des ours en les équipant d'émetteurs et en recueillant les informations envoyées par satellite, notamment sur l'adaptation au changement des conditions de glace.

En raison de l'influence du courant froid de l'est du Spitzberg la végétation du Hornsund fait partie de la zone du haut-arctique du Svalbard. La toundra plate ne se rencontre pratiquement qu'à l'entrée du fjord et sur le reste du terrain plutôt escarpé la végétation est pauvre la plupart du temps. Il y a des exceptions à proximité de quelques colonies d'oiseaux (Isbjørnbukta, Gnålodden), où la fertilisation permanente a produit une couverture étonnamment dense et colorée de mousses et de lichens.

Le Hornsund : Histoire

C'est peut-être ici que les premiers visiteurs du Svalbard, les Vikings, mentionnés dans les Sagas islandaises, ont débarqué et chassé au 12ème siècle, bien que l'on ait trouvé aucune trace de leur passage.
À part çà, pratiquement tous les visiteurs du Spitzberg se sont arrêtés dans le Hornsund depuis les baleiniers au 17ème siècle jusqu'aux expéditions scientifiques, en passant par les Pomores et les trappeurs. Après le passage de Jonas Poole en 1610, d'autres bateaux ont visité le Hornsund les années suivantes. Après la cartographie, l'exploration des côtes et les ressources du fjord, on se lança dans la chasse à la baleine. En 1614 un accord entre Hollandais et Anglais concernant les droits sur les zones de chasse, concéda à ces derniers le contrôle du Hornsund. Les Anglais construisirent plusieurs stations baleinières dans le Hornsund - à Gåshamna, Isbjørnhamna et Höferpynten. Malgré l'accord il y eut plusieurs conflits, notamment avec les Hollandais en 1617, mais aucune bataille n'eut lieu. À partir de 1624 le Hornsund fut l'un des fiefs de la flotte baleinière anglaise et les restes de leurs stations sont encore visibles, notamment à Gåshamna.
Riche aussi en ours et en renards polaires, le Hornsund attira les Pomores au début du 18ème siècle. Ils chassaient aussi le rêne, le phoque et collectaient des œufs. Ils s'installèrent de préférence sur la rive sud du Hornsund, organisant des hivernages tout au long des 18ème et 19ème siècles. La trappe norvégienne commença au début du 20ème siècle, basée sur les mêmes cibles, organisant des territoires de trappe avec une station principale et plusieurs stations secondaires ou satellites. Un bon exemple de cette organisation est fourni à Hyttevika, la station principale à l'entrée nord du Hornsund, et à Isbjørnhamna et Gnålodden, sites des stations satellites.

Il faut citer ici l'expédition du comte Hans von Wilczek en 1872, dont la mission principale était l'installation d'un dépôt à la Nouvelle Zemble. Ce dépôt devait faciliter le retour de l'expédition austro-hongroise au Pôle Nord de Payer et Weyprecht, qui se rendront célèbres plus tard en découvrant la Terre François-Joseph. En tant que sponsor principal de cette expédition d'assistance, le comte Wilczek ne s'est pas privé de la diriger lui-même à bord du bateau polaire norvégien Isbjørn. En faisant route vers la Nouvelle Zemble l'expédition séjourna quelques jours dans le Hornsund pour se livrer à des mesures topographiques et diverses excursions vers les glaciers et les montagnes, au cours desquelles le comte Wilczek inscrivit sur la carte du Hornsund les noms des membres de l'expédition, de sa famille ainsi que du cercle de ses amis.

Svalbard : Gåshamna

Généralités : baie assez grande et ouverte, située sur la côte sud du Hornsund. L'ensemble du fjord fait partie du Parc National du Sud-Spitzberg (Sør-Spitsbergen Nasjonal Park). La grande partie plate et libre de glace autorise quelques belles randonnées à l'intérieur des terres, depuis Konstantinovka en direction de la moraine terminale du Gåsbreen, ce qui n'est guère possible ailleurs dans le Hornsund, en raison de la topographie. C'est le meilleur site d'ancrage dans la partie sud du Hornsund, où à terre on aura un terrain de graviers dénué de végétation et un grand delta, difficile à franchir à pied. Les vestiges historiques sont à même le sol et fortement exposés à l'érosion.

Toponymie

Gåshamna : la « baie des oies ».
Konstantinovka : d'après le Grand-Duc Konstantin Konstantinovitch (1858-1915), savant russe, président de l'Académie des Sciences russe et de l'expédition russo-suédoise de 1899-1902.
Nigerbreen : surface du glacier paraissant sombre à cause de la moraine.
Tsjebysjovfjellet : d'après Pafnutij Ljovitsch Tsjebysjov (1821-1894), mathématicien russe.
Wurmbrandegga : d'après Gundaker Wurmbrand (1838-1901), anthropologue et politicien autrichien, ami du comte Wilczek.

Svalbard : Paysage

Les chaînes montagneuses Wurmbrandegga (à l'ouest de Gåshamna, 392 m) et Tsjebysjovfjellet (côté est, 920 m), encadrent la baie large de 3 km de façon pittoresque. Le glacier Gåsbreen se termine en un paysage morainique à 2 km de la côte ; entre la moraine et la côte se trouve une des plus grandes étendues plates et libres de glace du Hornsund, qui est envahie par une rivière d'eau de fonte avec des ramifications.

Svalbard : Faune et flore

Le large lit de la rivière est pratiquement dépourvu de végétation, mais sur les versants de chaque côté se trouvent des étendues de toundra où nichent par endroits des labbes parasites. Dans les zones près de la côte comme vers les vestiges de Konstantinovka il y a des colonies nicheuses de sternes arctiques. Les labbes comme les sternes réagissent de manière très agressive face aux intrus, il est donc important de rester à distance.

Svalbard : Histoire

L'endroit est chargé d'histoire ; en effet, lors de la période de chasse intensive au 17ème siècle, les baleiniers, anglais ou hollandais, ont utilisé le site de Gåshamna pour y exploiter des stations à terre, comme en témoignent les ossements de plusieurs baleines du Groenland, situés à l'ouest et à l'est de la baie. Il existe les vestiges de deux grandes stations baleinières probablement anglaises, situées de chaque côté du delta de la rivière et qui furent utilisées entre 1618 et 1650, lorsque les Anglais avaient des prétentions concernant le Hornsund. À la station située à l'est, les vestiges consistent en une habitation, un four à huile et un cimetière avec 12 tombes sur une petite colline proche.
À la fin du 19ème siècle les scientifiques suédois et russes lancent un projet de grande envergure concernant la forme exacte de la terre. Il s'agissait de vérifier l'hypothèse selon laquelle la terre est aplatie aux deux Pôles et le Svalbard, situé à de hautes latitudes, fut choisi comme l'endroit idéal. Pendant cinq saisons, quatre en été et une en hiver, les savants procéderont à des mesures trigonométriques par triangulations le long de la côte est du Spitzberg du Sørkapp (le Cap Sud) à Sjuøyane (les 7 îles) sur une distance de 4 degrés de latitude. Le projet comprenait un hivernage dans le Hornsund (Gåshamna)et le Sorgfjorden (Crozierpynten). L'expédition dura bien plus longtemps que prévu et les retards furent principalement dûs aux conditions de glace dans le détroit de Hinlopen. Quant aux cairns élevés le long de la chaîne de triangulation ils sont toujours visibles et ce sont des sites culturels protégés.
En 1899-1900 la section russe de l'expédition russo-suédoise pour la mesure de l'arc de méridien, avait installé sur le côté est de Gåshamna son quartier général, un laboratoire et un observatoire, le tout utilisé uniquement pour l'hivernage et laissé ensuite à l'abandon. Les autres bases de l'expédition étaient sur Edgøya et dans le Sorgfjord. 15 ans après l'expédition seuls quelques murs tenaient encore debout, en partie parce qu'une station de trappe, « Konstantinovka », dont on peut encore voir quelques restes délabrés, avaient été construite sur les ruines du laboratoire, avec les matériaux de la station de recherche. On prétend qu'en 1935 les habitations furent complètement démolies, mais que la station de trappe et l'observatoire étaient toujours debout et utilisés par les trappeurs.
Konstantinovka servira de station principale d'hivernage pour les trappeurs norvégiens, du début du 20ème siècle, à partir de 1906, jusqu'à la fin des années 1930. L'un d'entre eux sembla d'ailleurs s'y plaire puisqu'il hiverna ici pas moins de 8 fois dont 4 en solitaire, entre 1927 et 1939.

Hornsundtind, Samarinvågen

Généralités : Des paysages polaires spectaculaires

La partie centrale du Hornsund, que ce soit côté nord ou côté sud, présente des paysages spectaculaires.

Toponymie

Meranfjellet : d'après Franz Meran (1839-1891), ami du comte Wilczek.
Påskefjella : « montagne de Pâques ».En mars 1900 ce massif de 9 km de long, gêna le retour d'une expédition en traîneau russe, qui voulait arriver à temps à Gåshamna pour Pâques.
Samarinvågen,-breen : d'après Samarin, un membre russe de l'expédition de mesure de l'arc de méridien.
Traunkammen : d'après Otto Traun (1818-1854), comte autrichien, époux de la comtesse Eléonore Wilczek, sœur aînée du comte Hans Wilczek.

Paysage : Le plus haut sommet du Sud Spitzberg

Paysage de montagnes très escarpées de type alpin, dominée par le Hornsundtind, le plus haut sommet du Sud-Spitzberg et le 3ème sommet du Svalbard avec 1431 m et dont le point culminant est formé de deux pointes qui se perdent malheureusement souvent dans les nuages. Le massif, de même que l'intérieur du pays, sont fortement englacés ; dans la baie de Samarinvågen débouchent deux glaciers latéraux plus petits qui, avec le grand glacier Samarinbreen, descendent jusqu'au rivage. Ce dernier connaît des phases d'intense d'activité et vêle des icebergs, mais au 20ème siècle il fut davantage productif, pour ensuite reculer de quelques kilomètres en libérant en 2006 un îlot rocheux.

Flore et faune :

absentes en grande partie à cause de la topographie.

Histoire

Après plusieurs tentatives faites dans le passé, c'est l'expédition d'alpinisme allemande du Dr. Rieche qui conquit la première le Hornsundtind en 1938.

Brepollen

Généralités : Des rives englacées

Grande attraction du Hornsund, c'est une vaste baie dont les rives au plus profond du fjord sont presque complètement englacées ; c'est comme une gigantesque arène glaciaire naturelle de plusieurs kilomètres de diamètre, où les fronts des glaciers se succèdent l'un après l'autre, séparés par leurs moraines respectives. Il y a quelques dizaines d'années, le Storbreen, le Hornbreen et le Chomjakovbreen formaient un front de glace continu, ce qui est documenté par les cartes topographiques de 1936 ; de même le Mendelejevbreen et le Svalisbreen ont maintenant leur propre front glaciaire. Depuis, les glaciers ont reculé d'environ 10 km et la hauteur du front de glace dépasse rarement 20 m. La distance entre le Hornbreen et le Hambergbreen sur la côte Est juste en face est d'environ 10 km ; si ces glaciers fondaient il y aurait sans doute un passage plat et praticable entre les deux côtes ; cette hypothèse alimente en tout cas les spéculations historiques concernant le nom donné au fjord il y a 400 ans car le mot « sund » signifie « détroit » et il est possible qu'à l'époque des baleiniers les bateaux aient pu franchir ce passage, avant que le refroidissement du Petit Age Glaciaire ne le referme, quand il atteignit son maximum, vers 1850.

Toponymie

Bautaen : « le monolithe »
Brepollen : « la Baie des glaciers »
Chomjakovbreen : d'après Chomjakov, membre de l'expédition russe de mesure de l'arc du méridien. (1900-1901)
Mendeléjevbreen : d'après Dmitri Ivanovitch Mendeléjev (1834- 1907), chimiste russe.
Storbreen : le « grand glacier »
Svalisen : « glace froide » : adresse télégraphique d'un précurseur de l'Institut Polaire Norvégien.
Treskelen : « le seuil ».

Paysage: De nombreux fronts glaciaires

Le plus marquant ce sont les nombreux et vastes fronts glaciaires, dont la baie de Brepollen est entourée pratiquement de tous les côtés. Au cours du 20ème siècle elle a connu des changements importants. Pourquoi est-ce la seule zone du Hornsund où le comte Wilczek n'a laissé aucun nom de lieu en 1872 ? Tout simplement parce que la Baie de Brepollen n'existait pas jusqu'au début du 20ème siècle...En 1900 il y avait un front de glace à l'ouest de Treskelen, où se rejoignaient les glaciers venant du Brepollen et du Samarinvågen . Depuis ce front s'est retiré, si bien que ces derniers ont eu de moins en moins de glace ; au cours des seules années 1983-1999 les glaciers de Brepollen ont reculé jusqu'à une distance de 5 km. Cette diminution dramatique des glaciers est due en partie à leur configuration circulaire : plus ils se retirent et plus les fronts de glaces s'élargissent en perdant de la glace. En même temps diminue la surface d'accumulation de la neige qui alimente le glacier. Cette « géométrie défavorable » ne fait que renforcer le processus.
Ce dernier a commencé à la fin du 19ème siècle, après la fin de cette phase de refroidissement climatique naturelle appelée « le Petit Age Glaciaire » et avant ce qu'on appelle aujourd'hui le « réchauffement global » et dont l'homme est en partie responsable. Il est clair que le changement climatique survenu pendant ces dernières décades a accéléré le retrait des glaciers dans le Brepollen, les glaces disparaissant suite aux températures estivales plus élevées. Le seul glacier dont le front n'ait pas reculé mais contraire légèrement avancé ces dernières années, est le Mendeléjevbreen, sur le côté sud de Brepollen. Cela montre que la relation climat-glacier est plus compliquée qu'il n'y paraît, et que chaque glacier est un système individuel complexe en soi.

Faune et flore : Des colonies d'oiseaux marins, phoques et ours polaires

Sur les versants escarpés se trouvent quelques petites colonies d'oiseaux marins. La zone plate et libre de glace au niveau de la mer est limitée et comme elle était couverte de glace il n'y a pas si longtemps, aucune végétation notable ne s'y est encore développée. Sur les plaques de banquise les phoques sont nombreux et on a donc de grandes chances d'y observer l'ours polaire.

Treskelen

Paysage : recouvert de matériaux morainiques

Treskelen, qui signifie « le seuil », est une péninsule se projetant depuis le Hyrnefjellet vers l'intérieur du Hornsund, à l'extrême sud-ouest du Torell Land.
Le paysage spectaculaire s'ouvre sur Brepollen vers l'est et le fond du Hornsund, et vers l'ouest sur le reste du fjord. Dans la partie sud de Treskelen le soubassement rocheux est couvert de matériau morainique datant de l'époque où les glaciers arrivaient jusque là ; le site offre un aperçu de la géologie particulière de la région et on a de bonnes chances d'y découvrir des fossiles.
Sur Hyrnefjellet on distingue bien les couleurs qui montrent clairement que la montagne est plissée. En termes de géologie un arc plissé vers le haut est ce qu'on appelle un anticlinal, à l'opposé un arc plissé vers le bas est appelé un synclinal. Le rouge est la couleur du grès et des conglomérats datant du Carbonifère (- 360 à - 300 millions d'années) ; la couleur brun jaunâtre est celle de fins conglomérats contenant du calcaire datant du Permien (- 300 à - 250 millions d' années). Les couches grisâtres les plus sombres sont une combinaison de grès et de marne argileuse datant du Trias (- 250 à - 200 millions d'années).
Treskelen est la continuation du flanc est de l'anticlinal à Hyrnefjellet, là où le soubassement rocheux est incliné vers l'est. Après avoir débarqué à Treskelen, on peut randonner en montant vers les couches géologiques. On rencontrera des conglomérats remarquables et des sites à fossiles, voire des fossiles de coraux. Une randonnée géologique dans cette région est une expérience unique.
En direction de la pointe sud de Treskelen on trouvera un large espace plat, découpé en blocs d'un brun jaunâtre qui descendent progressivement vers la mer, mais sur lesquels on peut marcher facilement. En se penchant on verra ces milliers d'animaux encastrés dans la roche : brachiopodes, moules, éponges, lis maritime et trilobites.
Le site de Treskelen est accessible et sûr, à l'exception de la partie nord où il faudra éviter la toundra moussue qui est fragile ; en allant vers Treskelodden le sol devient humide, spongieux et on s'y enfonce facilement. On trouve ici de bons exemples de solifluxion, un phénomène qui affecte le permafrost, et au cours duquel la couche supérieure qui est gorgée d'eau, glisse sur le sous-sol gelé en permanence.

Recommandations

  • Le terrain est difficile et on n'a pas une vue d'ensemble dégagée, il faut donc garder un œil sur le groupe. À certains endroits on peut s'enfoncer dans la boue jusqu'aux genoux.
  • Il est interdit de ramasser des fossiles dans cette région faisant partie du Sør-Spitsbergen Nasjonal Park.
  • La toundra moussue de la partie nord-ouest et les vestiges culturels sont très fragiles.
  • Dans le Hornsund on peut rencontrer parfois de forts vents d'est ; dans ces conditions on peut débarquer sans problème sur le côté ouest de Treskelen, sur la plage de galets à quelques centaines de mètres de la pointe de Treskelodden. Une autre alternative est de débarquer au bout de Adriabukta, mais en prenant garde aux nombreux rochers qui affleurent ici.
  • Une belle randonnée est possible en suivant tout le promontoire de Treskelen dans la direction nord-sud.
  • Une autre option consiste à suivre la côte du côté ouest et de revenir par la crête, de laquelle on a une vue superbe.

Burgerbukta, Gnålodden

Généralités : Un Spitzberg en miniature

La côte nord dans la partie centrale du Hornsund ressemble à un Spitzberg en miniature...on trouve là tout ce qui rend l'Arctique si attirant : un paysage sauvage de montagnes et de glaciers, une falaise à oiseaux, une hutte de trappeur solitaire et des icebergs dérivant dans les baies...
Une possibilité de débarquement se trouve près de Gnålodden, où la côte est toutefois en partie bloquée par des rochers à marée basse.

Toponymie

Adriabukta : d'après la Mer Adriatique ; nom donné par Sterneck, officier de marine autrichien.
Burgerbukta : d'après Wilhelm Burger (1844-1920), photographe autrichien, membre de l'expédition Wilczek en 1872, et qui cartographia la baie.
Gnålodden : en norvégien « gnåle » désigne des « pleurnicheries », se rapportant aux piaillements incessants d'une colonie de mouettes tridactyles nichant dans la falaise.
Hyrnefjellet : « la montagne au coin » (711 m)
Luciakammen : d'après la comtesse Lucia Pálffy (1862-1958), fille du comte Wilczek, et qui cartographia la montagne.
Mariekammen : d'après la comtesse Marie Kinsky (1858-1938), fille aînée du comte Wilczek.
Mühlbacherbreen : d'après Ferdinand Mühlbacher (1840- 1913), garde forestier autrichien.
Paierlbreen : d'après George Paierl (en réalité Bäuerle), guide alpin autrichien et membre de l'expédition Wilczek.
Sofiekammen : d'après Sofie Öttingen-Öttingen, née Princesse Metternich (1857-1941), fille de Pauline Metternich-Sandor, une amie du comte Wilczek.

Paysage : Deux baies séparées par Luciakammen

Burgerbukta se compose en fait de deux baies, l'une à l'ouest (Vestre B.) et l'autre à l'est (Austre B.), séparées par Luciakammen. Toues les deux donnent sur des glaciers qui ont chacun un front de glace d'environ 2 km de large (Mühlbacherbreen et Paierlbreen), et qui ont reculé de plusieurs kilomètres au cours du 20ème siècle. Ces deux glaciers connaissent des phases très actives, si bien que la Burgerbukta peut se remplir de petits icebergs sur de grandes étendues.
Les montagnes environnantes sont escarpées, abruptes et descendent près du rivage : Sofiekammen (925 m), Luciakammen (695m) et Urnetoppen (815 m). Une bande de terre plate se trouve près de Gnålodden, à la pointe sud de Sofiekammen.
Gnålodden se trouve directement sous la falaise à oiseaux Gnålberget (790 m), qui est une partie de l'arête Sofiekammen, dans la partie nord du Hornsund.

Faune et flore : De nombreuses falaises à oiseaux

À cause de la topographie la toundra n'existe que près de Gnålodden, où une grande colonie d'oiseaux marins se trouve dans les escarpements tout proches, fournissant de l'engrais en abondance au pied d'une falaise elle-même située à une certaine hauteur.
Luciakammen et Sofiekammen constituent d'importantes falaises à oiseaux, au pied desquelles déambulent évidemment les renards polaires. On peut y voir une hutte de chasse bien conservée et des noms de trappeurs célèbres comme Henry Rudi et Odd Ivar Ruud figurent dans le livre d'hôtes.

Histoire : Le terrain de chasse favori des norvégien depuis le XIXème siècle

Gnålodden n'a pas échappé aux premiers visiteurs comme l'un des rares sites possibles de débarquement dans la région. Au 18ème et 19ème siècles se trouvait là une petite hutte de chasse pomore, dont il ne reste d'ailleurs plus grand chose aujourd'hui. Sur une petite pointe de terre au coin de Burgerbukta il y a une tombe à peine visible de cette époque.
Par contre la hutte de trappeur qui était déjà là dans sa forme actuelle en 1919, ne passe pas inaperçue. Pendant des dizaines d'années elle fut utilisée par des chasseurs norvégiens, car le Hornsund avait la réputation d'être un bon terrain de chasse pour l'ours et le renard polaires. La hutte de Gnålodden était l'une des stations secondaires utilisée en chemin, et l'habitation plus grande à Hyttevika au nord du Hornsund servait souvent de base principale. Les stations de trappeur de Hyttevika et Gnålodden restèrent en service jusqu'à 1971, lorsque la Norvège commença à protéger les ours polaires.

Wanny Wolstad, femme trappeur au Svalbard
La femme trappeur norvégienne Wanny Wolstad

La norvégienne Wanny Woldstad, figure légendaire de l'ère des trappeurs, hiverna dans le Hornsund entre 1932 et 1937, avec son compagnon Anders Saeterdal.
Wanny était chauffeur de taxi à Tromsø, dans le Nord de la Norvège, dans les années 1930. Pendant son travail elle écoutait souvent les histoires passionnantes racontées par les trappeurs qui revenaient du Svalbard avec leurs gains et dont ils aimaient dépenser une partie chez Ølhallen, un bar-brasserie, où ils se rendaient en taxi. Elle ressortait fascinée par ces aventures vécues et les récits d'une vie en pleine nature sauvage.
En 1932 on lui demanda si elle voulait se joindre à une expédition au Svalbard avec Anders Saeterdal, ce qu'elle accepta immédiatement. « En l'espace de 2-3 jours, moi, chauffeur de taxi, je me transformais en femme trappeur, en partance pour le Svalbard à bord du Maiblomsten... ».
Au début de nombreux trappeurs expérimentés furent sceptiques quant aux aptitudes de Wanny comme trappeur dans des conditions de vie difficiles. Petit bout de femme de 1,57 m, elle montra un dynamisme et une avidité d'apprendre extraordinaires, prouvant que ce style de vie lui convenait parfaitement. Pendant les deux années suivantes elle amena ses deux fils avec elle, Alf et Bjørvik, à Hyttevika, lesquels devinrent par la suite des marins expérimentés dans les eaux de l'Arctique.
Wanny utilisa Hyttevika comme base principale pendant ses 5 hivernages au Svalbard ; Isbjørnhamna était la station la plus proche et Fuglefjell (à Gnålodden) la seconde station secondaire en direction de l'est du Hornsund.
À Hyttevika se trouvait un dispositif destiné à piéger les ours polaires, appelé « the Signal » : « C'est un engin simple mais très efficace : un piquet de bois était planté dans le sol à une distance de 60-70 m de la hutte. Un morceau de graisse servant d'appât était fixé à l'aide d'une corde au milieu du piquet ; cette corde était enroulée autour d'une poulie au sommet du piquet et rejoignait la hutte en passant par un trou dans la cloison, où elle était fixée à un autre piquet à l'intérieur de la pièce. Quelques boîtes de lait vides en métal étaient suspendues au piquet à l'intérieur et servaient à donner l'alarme... »
Quand le signal avait fonctionné, elle se glissait silencieusement, le fusil à la main, vers l'orifice et abattait l'ours. À cause du système d'alarme les chiens devaient dormir à l'intérieur afin de ne pas effrayer les ours qui s'approchaient.

Le 12 décembre 1932, alors veuve âgée de 40 ans, mère de 2 enfants et chauffeur de taxi à Tromsø, Wanny Wolstad tua son premier ours polaire, tout près de la station satellite de Fuglefjell. D'autres ours furent abattus lors des hivernages suivants.
Le nom de Wanny Wolstad est mentionné dans de nombreux livres et expositions sur la vie des trappeurs en Arctique et en particulier au Svalbard. Au Musée Polaire de Tromsø on peut lire ceci : « Voilà une femme qui se démarque des autres. Considérée comme leur égal par les autres trappeurs, elle a, plus qu'aucune autre femme, laissée son empreinte au Svalbard. »
Dans le journal « Ottar » il est précisé : « Peu de femmes ont déployé une activité de trappeur comme les hommes. Wanny Wolstad faisait partie de ces exceptions. »
Son existence en tant que femme trappeur a fasciné beaucoup de gens et après la Seconde Guerre Mondiale elle devint conférencière à la radio et pour des instituts éducatifs dans Nord de la Norvège. En 1956 parut son livre « The first female trapper in Svalbard » (la première femme trappeur au Svalbard), dans lequel elle décrit sa vie au sein d'une nature belle et sauvage.
Elle mourut en 1959, peu après son retour définitif dans le Nord de la Norvège, des suites de ses blessures causées lors d'un accident de la circulation.

Isbjørnhamna

Généralités : L'implantation la plus au sud du Spitzberg

À Isbjørnhamna se trouve la station de recherche polonaise, l'implantation la plus au sud du Spitzberg. La visite de la station et de ses environs doit faire l'objet d'une concertation à l'avance. Le littoral est rocheux et les débarquements possibles du côté est de la station requièrent de la vigilance en raison des hauts-fonds.

Toponymie :

Hansbreen : d'après Hans Rafael Wilczek (1861-1929), fils du comte Wilczek.
Isbjørnhamna : d'après le brise-glace norvégien « Isbjørn », affrété entre autres, en 1872 par le comte Wilczek.
Il fut bombardé par un avion allemand le 14 mai 1942 et 14 norvégiens furent tués.
Wilczekodden : d'après le comte Hans Johann Nepomuk Wilczek (1837-1922), comte autrichien et explorateur polaire ; chef de l'expédition de 1872 au Spitzberg et en Nouvelle Zemble.

Paysage : Plaines et chaînes montagneuses

Il offre ici un aperçu typique de la côte sud-ouest du Spitzberg. Derrière la plaine côtière plate se dressent des chaînes montagneuses qui atteignent 400 à 700 m d'altitude. À l'ouest de la station polonaise se trouve une rareté régionale : une vallée sans glacier avec un petit lac. Les sommets situés au nord de la station sont Ariekammen, (510 m) et Fugleberget (569 m).
À 2 km à l'est de la station le glacier Hansbreen se déverse dans le Hornsund par un front de glace d'environ 2,5 km de large. Au 20ème siècle ce glacier a, comparativement, été peu touché par la fonte générale et entre 1936 et 1990 il a reculé d'à peine 1 km.

Faune et flore : Des colonies importantes de mergules nains

Les versants inférieurs des montagnes au nord de la station, comme Fugleberget, sont recouverts par des éboulis grossiers, sous lesquels nichent des colonies importantes de mergules nains. On estime le chiffre de la population à plusieurs dizaines de milliers de couples, sans doute 50 000. Ces mergules sont étudiés par les chercheurs de la station et les visites touristiques doivent être signalées à l'avance aux scientifiques. Grâce à la forte fertilisation s'est développé sous les colonies d'oiseaux un tapis très riche de mousses et de lichens.

Histoire : Des traces anciennes des baleiniers et des pomores

Comme Isbjørnhamna (« la baie de l'ours polaire ») est une baie plutôt protégée et que le terrain plat est praticable, beaucoup de visiteurs s'y sont arrêtés. Mais les traces anciennes datant des baleiniers, des Pomores et des trappeurs ont de toute évidence cédé la place à la station polonaise qui aujourd'hui a marqué le terrain de son empreinte.
On suppose que c'est le baleinier anglais Robert Fortherby, employé la Muscovy Company de 1613 à 1615, qui découvrit cette baie et l'appela d'abord « Bowles Bay », laquelle passe pour être le meilleur port naturel sur la côte nord du Hornsund. La première station de trappeur à Isbjørnhamna fut une station satellite construite par deux Suédois en 1908. En 1919, Anders Kvive Andersen de Tromsø et Ture Liftbom de Suède construisirent une seconde station satellite sur le site ; l'hivernage était organisé par Johan Hagerup. À l'intérieur de la porte de la hutte on peut lire « Cette maison appartient à A. Hagerup, Tromsø. » Non loin de la hutte un écriteau indique un propriétaire différent : « Propriété de la Northern Expolration Company Co., London ».
La station satellite fut beaucoup utilisée, notamment par la femme trappeur norvégienne Wanny Wolstad. À Wilczekodden, non loin de Isbjørnhamna, une station de chasse principale fut établie en 1908 par Arthur Oxaas.

La station polonaise (Polska Stacja Polarna, 77°00' N/ 15°33' E) :

La recherche polaire polonaise a une longue tradition, en particulier au Spitzberg, et remonte à ces polonais cultivés qui eurent la malchance d'être déportés dans des camps d'internement en Sibérie sous le régime tsariste.
C'est à ces détenus polonais que l'on doit les premiers rapports scientifiques sur la Sibérie arctique. Dans les années 1930 se trouvaient au Spitzberg pas moins de 6 expéditions polonaises, qui rendirent de grands services en explorant principalement le sud très englacé de l'île principale de l'archipel. La présence polonaise dans l'archipel date de l'hiver 1932-33, quand un groupe de chercheurs a hiverné sur l'Île aux Ours. De l'expédition cartographique de 1934 il reste des traces dans les noms de lieux comme Polakkbreen, Pilsudskifjella, Kopernikusfjellet, Waweltoppen ou encore Ostra Bramatoppen. La Seconde Guerre Mondiale et le régime stalinien qui a suivi, ont mis un terme à ces activités pour une durée de 20 ans.
C'est pendant l'Année Géophysique Internationale de 1957/58 (la 3ème Année Polaire), que la Pologne installa sur la rive nord du Hornsund une station de recherche à Isbjørnhamna, surnommée « Little Poland » et placée sous la protection du Gouverneur du Svalbard. À la fin des années 1960 Fredrik Rubach et Odd Ivar Ruud utilisèrent la base comme station de trappe, jusqu'à ce que la Pologne la revendique à nouveau, renouant ainsi avec la tradition et témoignant de l'engagement actuel particulier de la Pologne pour la recherche polaire ; c'est aussi l'expression d'un certain partage des activités parmi les états de l'ancien Pacte de Varsovie, dans le cadre de leur engagement en politique extérieure (la Pologne exploite aussi une station de recherche en Antarctique, la base Arctowski).
Par la suite la station fut agrandie et son exploitation maintenue, au début de façon irrégulière et principalement en été, mais depuis le début des années 1970 le personnel et les scientifiques occupent la base en permanence, laquelle est placée sous la direction de l'Institut Géophysique qui fait partie de l'Académie Polonaise des Sciences. Elle abrite une dizaine de personnes toute l'année et quelques scientifiques étrangers pendant la période estivale. À l'époque du rideau de fer la coopération scientifique fut une des rares possibilités d'échange entre les chercheurs polonais et leurs collègues occidentaux. À présent les frontières sont tombées, la base est devenue aussi une véritable plate-forme logistique pour les expéditions des pays de l'ancien « bloc de l'Est » et les travaux effectués à la station ont pris une dimension internationale, si bien qu'en été des chercheurs issus de nombreux pays utilisent ses infrastructures pour y développer leurs projets. Pour des raisons scientifiques et pour le maintien de leur station les chercheurs polonais s'appliquent à développer une coopération optimale avec le Gouverneur et l'Institut Polaire Norvégien ; dans la pratique les relations entre la Norvège et la Pologne, malgré la distance séparant le Hornsund de Longyearbyen, reflètent la détente, la confiance et la cordialité ; c'est là pour ainsi dire un modèle de coopération internationale amicale sur le plan scientifique comme sur le plan humain.
La partie principale de ces travaux, à l'instar d'autres stations scientifiques dans les régions polaires, est constituée de programmes d'observation à long terme, dans des domaines classiques comme la météorologie, le magnétisme terrestre, la sismologie, l'étude des aurores boréales, la glaciologie, etc.
Un champ d'activité quasiment traditionnel des chercheurs polonais est l'observation des glaciers environnants comme le Hansbreen et cela sur de longues périodes. En dehors de cela il y a aussi des projets à plus court terme ; alors qu'autrefois la géologie et la géomorphologie étaient au premier plan, aujourd'hui on met davantage l'accent sur la biologie et l'écologie. L'ornithologie avec l'étude de la colonie toute proche de mergules nains, ainsi que la biologie marine avec la présence d'une faune qui va du subarctique au haut-arctique, jouent une rôle important.
Ces dernières années la station polonaise d'Isbjørnhamna a été modernisée ; à côté d'un grand bâtiment principal abritant le mess, les logements et les laboratoires se trouvent plusieurs petits baraquements pour le stockage.
Le débarquement et la visite à la station doivent être organisés et arrangés à l'avance avec le personnel ; il également important de respecter certaines réglementations :

  • ne pas gêner les opérations en cours à la station.
  • suivre les chemins et les pistes une fois débarqué.
  • ne pas pénétrer dans les bâtiments sans autorisation.
  • se déchausser avant d'entrer dans le bâtiment principal.
  • ne pas toucher aux installations scientifiques.
  • ne pas s'approcher des chiens sans demander au personnel de la station ou au guide.

Le débarquement se fait sur la plage en bas de l'entrepôt. On peut combiner la visite avec une randonnée à la petite colonie de mergules nains. Suivre la piste qui y mène car la toundra moussue est fragile. Depuis les éboulis où nichent les mergules on a une jolie vue sur toute la région et la station, où l'on pourra trouver quelques souvenirs, cartes postales ou écussons ; la station possède aussi son propre tampon.

La carte du Hornsund

Site de la base polonaise



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