Notre page facebook  Notre page twitter  Notre flux rss
    Le Spitzberg en détail et guide pratique
Accueil • Aller au Spitzberg • À propos

Svalbard/Spitzberg Le vivant L'actualité Documents
Introduction 
Histoire
Géologie
Géographie
Côte Est / Nord-Est
Côte Nord / Nord‑Ouest  
Côte Ouest
L'Isfjord / Le Bellsund
Côte Sud-Ouest
Le Hornsund
Le Sud
Mammifères terrestres
Mammifères marins
Insectes et poissons
Oiseaux
Flore
L'inventaire bio
Nature et protection 
Nouvelles 2017
Nouvelles 2016
Nouvelles 2015
Nouvelles 2014
Nouvelles 2013
2012 et 2011
2010 et 2009
Svalbard pratique
Commerces/services
Cartes des glaces
Bibliographie
Liens

Svalbard : le Bellsund, région sud-ouest

Généralités

Svalbard : le Bellsund
Le Bellsund, au Sud-Ouest du Svalbard

Le Bellsund est l'entrée d'un système de fjords en ramifications, pénétrant ainsi jusqu'à 80 km vers l'intérieur des terres. Le Bellsund lui-même a 20 km de large et se ramifie en 3 autres fjords, le petit Recherchefjord au sud, le Van Keulenfjord au sud-est et le Van Mijenfjord au nord-est. Ces trois fjords se terminent par des glaciers, respectivement le Recherchebreen, le Nathorstbreen et le Paulabreen Le climat dans le Bellsund est relativement favorable car l'influence du courant froid de l'Est du Spitzberg venant du sud et se dirigeant vers le nord, est affaiblie par le courant de l'ouest plus chaud. En conséquence les conditions de glace y sont sensiblement meilleures, si bien qu'en été le Bellsund est normalement plus accessible que le Hornsund situé plus au sud. De plus les ressources du sous-sol, les baies abritées avec des rivages libres de glace, la faune présente ont fait que, depuis l'époque des baleiniers, pratiquement tous ceux qui voulaient faire fortune au Spitzberg, ont tenté leur chance ici dans le Bellsund. Sur la côte sud quelques anciennes stations baleinières du 17ème siècle ont laissé quelques traces, ainsi que de vielles stations de chasse russes et quelques huttes norvégiennes.
Un peu partout d'anciens vestiges abîmés par le temps nous rappellent que des visiteurs d'une autre époque ont marqué l'histoire du Svalbard en essayant de s'enrichir ici. Plus loin on trouve quelques mines fantômes datant de l'époque des pionniers (fer, amiante, charbon) ainsi qu'un endroit où l'on capturait des bélougas au début du 20ème siècle. Sur la côte nord se trouvent aussi les restes de tentatives d'exploitation minière (zinc, or, charbon).
Aujourd'hui encore l'exploitation humaine est présente dans les fjords : dans le Van Mijenfjord se trouve Sveagruva, la plus grande mine de charbon actuelle au Spitzberg. Néanmoins le Bellsund offre au visiteur de nombreux endroits où l'on peut randonner sur une belle toundra et avoir de bonnes possibilités d'observer une faune typique dans un paysage caractéristique. Les terres qui encadrent le Bellsund, le Wedel Jarlsberg Land au nord et le Nordenskjöld Land au sud, portent les marques des énormes forces qui sont entrées en action quand le plateau continental européen fut poussé contre le Groenland pendant la période transitoire entre le Crétacé et le Tertiaire, il y a environ 50-60 millions d'années.
La côte nord du Bellsund est, pour des randonneurs aguerris, accessible depuis Longyearbyen et Barentsburg dans le cadre d'excursions de plusieurs jours et d'un niveau exigeant.
La partie sud du Bellsund et du Van Keulenfjord fait partie du Parc National du Sud-Spitzberg. La partie nord du Bellsund et du Van Mijenfjord fait partie du Parc National de Nordenskjöld, excepté la région autour de la cité minière de Sveagruva.

Toponymie

Bellsund : traduction norvégienne de l'ancien nom « Klok Bay », donné par des baleiniers hollandais. Nom attribué par l'explorateur et baleinier anglais Jonas Poole en 1610 d'après la montagne en forme de cloche, le Klokkefjellet, se trouvant à l'entrée sud du Bellsund.

Le Bellsund : Paysage

Il est fortement lié à la structure géologique, ce qui donne d'ouest en est : un large espace plat le long de la côte, une chaîne de montagnes pointues, là où le soubassement rocheux s'est vigoureusement soulevé, une ceinture de sédiments verticaux avec les montagnes, les caps et les îles caractéristiques, des plateaux de roches sédimentaires reposant à plat.
Quant aux glaciers, le Bellsund occupe une place intermédiaire entre le Hornsund fortement englacé et l'Isfjord plus faiblement englacé. Relativement peu de glaciers atteignent la mer en formant un front de vêlage et dans le Bellsund aussi ils sont en recul. Les plaines côtières présentent quelques belles plages soulevées. À l'est du Bellsund se trouve une péninsule montagneuse qui le divise en deux, le Van Mijenfjorden et le Van Keulenfjorden. Cette péninsule fait partie du Nathorstland qui s'étend vers l'ouest jusqu'à Midterhuken. Le sommet situé à l'ouest s'appelle Gåsberget. Depuis Mariasundet sur la rive nord de Midterhuken on peut observer des plissements impressionnants, qui par endroit sont soulignés par une abondante végétation verte due aux fertilisants apportés par les colonies de guillemots de Brünnich et de mouettes tridactyles.
La banquise se fractionne relativement tard dans les deux fjords, en comparaison d'autres fjords sur la côte ouest ; certaines années il y a toujours de la glace en juin. Le Van Mijenfjord est barré à son entrée par la petite île Akseløya, qui constitue un obstacle à l'évacuation de la glace du fjord au printemps mais aussi à l'arrivée des glaces dérivantes venant de la mer, ne laissant passer que des courants violents par les deux détroits, l'Akselsundet au nord, et le Mariasundet au sud.

Le Bellsund : Flore et faune

Le Bellsund présente une grande variété dans le domaine biologique, notamment pour ce qui est de la flore. Le micro-climat favorable est perceptible, si bien qu'au niveau de la mer sur les terrains plats, la toundra fait partie de la zone du « Moyen-Arctique » avec notamment la dryas octopétale et la cassiope tétragone. Dans le détail les influences locales comme la géologie et la fertilisation venant des falaises à oiseaux ont pour résultat une mosaïque végétale riche et variée.
Il y a dans le Bellsund toute une série de colonies d'oiseaux de mer, dont certaines présentent un intérêt particulier : Midterhuken et Vårsolbukta situées à l'entrée du Van Mijenfjorden. À côté des « habituels » guillemots de Brünnich, mouettes tridactyles, fulmars et autres mergules nains, on trouve là par endroits d'autres représentants d'une avifaune plutôt subarctique comme le macareux moine et même le guillemot de Troïl, certes en très petit nombre, mais qui prouvent l'influence du Gulfstream, les falaises elles-mêmes restant inaccessibles en haut des versants. En contre-bas nichent quelques dizaines de couples d'oies à bec court et de bernaches nonnettes, deux espèces que l'on retrouve à Vårsolbukta et à Ingeborgfjellet. C'est là, au pied des falaises, que la toundra moussue accueille comme pâture, lors de leur migration printanière, des oies à bec court, des bernaches nonnettes et des bernaches cravants, qui peuvent être observées par centaines entre mai et juin. Quelques-unes des petites îles du fjord, comme l'île Eholmen à l'entrée du Van Keulenfjorden, sont des lieux de reproduction importants pour des milliers de couples d'eiders à duvet, et cela vaut toujours la peine de rechercher la présence d'eiders royaux. D'après le trappeur Louis Nielsen, environ 4500 couples d'eiders nichaient sur l'île en 2007. On trouvera des mouettes tridactyles à Observatoriefjellet, au bout du Recherchefjorden, et des sternes arctiques à Mariaholmen. Les colonies de mergules nains se répartissent, pour la plupart, entre Dunderbukta et Recherchefjorden.
Pour le phoque marbré, le Van Mijenfjord et le Van Keulenfjord sont des zones importantes pour la mue à partir du moment où la banquise compacte reste jusqu'au printemps. Des comptages effectués en 2002 et 2003 ont montré que 2000 phoques marbrés séjournaient sur la glace en mai et en juin. Ils représentent aussi une proie importante pour les ours polaires, qui restent parfois toute l'année, mais en nombre variable. La plupart d'entre eux arrivent de l'Ouest au début de l'été, pillent volontiers les colonies d'oiseaux qui nichent au sol (eiders à duvet, sternes arctiques), et traversent les fjords pour retourner vers la côte Est en passant par les glaciers.
Le Bellsund abrite en outre le morse, le bélouga et le phoque barbu. Au début du 20ème siècle il y eut une chasse industrielle du bélouga et une station fut construite à terre à Ingebrigtsenbukta dans le Van Keulenfjord. Une petite population de phoques communs peut être observée à Kaldbukta, sur la côte Nord du Van Keulenfjord.
Le nombre de rennes du Svalbard varie beaucoup dans cette région tout en restant assez important le long de la côte Sud du Bellsund. Au Nord du Van Mijenfjord (de Sveagruva jusqu'à Reindalen) on trouvera des rennes en grand nombre, jusqu'à 1000 individus les bonnes années.

Le Bellsund : Histoire

Le Bellsund passait pour posséder l'histoire la plus longue du Spitzberg, jusqu'à ce que les rumeurs d'une colonisation au néolithique, comme ce fut le cas sur d'autres sites à une latitude similaire, soient balayées après les recherches systématiques de lieux potentiels dans les années 1997-98 ; en raison des conditions favorables des ces espaces naturels, la recherche de silex taillés par des hommes de l'Âge de Pierre, fut organisée par le Gouverneur du Svalbard en se concentrant sur Akseløya, cette petite île dénudée, mais elle n'a rien donné, laissant cette théorie infondée.
On est donc certain aujourd'hui que c'est bien Willem Barents qui a découvert le Bellsund en 1596 et le nomma à l'époque « Inwyck ».
L'histoire du Bellsund commence avec les baleiniers au début du 17ème siècle, continue avec les Pomores, trappeurs russes pratiquant l'hivernage au 18ème siècle, se poursuit avec les débuts de l'exploration scientifique au 19ème siècle, avec les trappeurs norvégiens et l'industrie minière du début du 20ème siècle jusqu'à nos jours avec le site de Sveagruva exploité par la société norvégienne SNSK (Store Norske Spitsbergen Kulkompani). L'ancienne trappe traditionnelle est toujours pratiquée sur l'île Akseløya.

Le Bellsund : Recherchefjorden (Le Fjord de la Recherche)

C'est un fjord relativement petit avec ses 8 km de long, situé sur la côte sud du Bellsund ; regorgeant de nombreux vestiges et sites culturels qui illustrent toutes les époques passées du Svalbard, il fait partie du Parc National du Sud-Spitzberg.

Toponymie

Asbestodden : d'après le mot « asbest » désignant l'amiante.
Calypsobyen : d'après un bateau de l'expédition anglaise de 1895 qui cartographia et sonda le Recherchefjord.
Chamberlindalen : d'après Thomas Chrowder Chamberlin (1843-1928), géologue et glaciologue américain. Il visita le Groenland en 1894, comme membre de l'expédition auxiliaire de Peary.
Jarnfjellet : la « montagne de fer », d'après le gisement de minerai examiné par la compagnie londonienne NEC (Northern Exploration Company), particulièrement en 1919.
Laegerneset : le « campement »
Malbukta : la « plage de galets »
Recherchefjord : d'après le bateau d'expédition français « La Recherche ». Cette corvette transportait la « Commission scientifique du Nord » en 1838-1840.
Renardbreen : le « glacier du renard ».
Observatoriefjellet : la « montagne de l'observatoire », site d'un petit observatoire installé par l'expédition de « La Recherche ».
Rubypynten : d'après un bateau de l'expédition anglaise de 1895 qui cartographia et sonda le Recherchejforden.
Snatcherpynten : probablement d'après un bateau de l'expédition anglaise de 1895.
Tomtodden : site d'une maison.

Le Bellsund : Paysage

Autour du fjord se dressent des crêtes montagneuses hautes de 500 à 800 m ; les deux grands glaciers, le Renardbreeen à l'ouest, et le Recherchebreen au sud sont tous les deux en recul ; entre-temps le Recherchebreen ne descend plus jusqu'au fjord, mais se termine sur une plage et en partie sur une sorte de lagune. Sur tous les côtés du fjord s'étendent des zones plus ou moins plates de toundra qui donnent donc la possibilité de faire de petites randonnées.
Au sud-ouest le Recherchefjord débouche sur la Chamberlindalen, vallée longue de 9 km où se trouvent plusieurs pingos.

Le Bellsund : Flore

Sur les étendues de toundra protégées à l'intérieur du fjord et dans la Chamberlindalen se trouve une végétation riche, surtout à Asbestodden.

Le Bellsund : Histoire

Pendant pratiquement 200 ans, depuis le début du 17ème siècle jusqu'à la fin du 18ème, le Fjord de la Recherche fut l'un des lieux de chasse les plus importants pour les flottes baleinières.
À Laegerneset, situé sur la côte Est du fjord, se trouvait l'une des plus grandes stations baleinières du 17ème siècle. Fours à graisse de baleine, tours de guet, vestiges des fondations de maisons et quelques tombes sont encore visibles aujourd'hui. Installée en 1612 par des baleiniers hollandais et reprise plus tard par les anglais qui l'appelèrent « Edges Point », cette station fut abandonnée vers 1640. C'est en outre probablement là qu'a eu lieu le premier hivernage européen au Spitzberg en 1630-31, lorsque 8 chasseurs de baleines anglais furent laissés là involontairement, séparés de leur bateau par une tempête. Le site de l'hivernage fut détruit plus tard par une avancée du glacier. Sur le même site on peut voir les traces d'activité de la compagnie anglaise NEC, datant du début du 20ème siècle. Laegerneset est un site culturel et historique de grande valeur mais exposé aux intempéries et endommagé par le tourisme. Pour la protection du site débarquement et visite y sont interdits.
Sur la côte ouest, un peu au sud de Snatcherpynten se trouvent aussi les restes à peine visibles d'une station baleinière du 17ème siècle.
En 1764 une expédition russe assez importante qui dura 2 ans, visita le fjord. L'objectif premier, la recherche d'un passage vers le Pacifique entre le Svalbard et le Groenland, ne sera pas atteint. L'amiral russe Vasily Yakovlevich Chichagov fit construire pas moins de 16 huttes près de Tomtodden, où il laissa une petite équipe en vue d'un hivernage volontaire. Le premier hiver se passa bien, mais lors de l'hivernage de 1765-66 les 8 hommes de la seconde équipe ont tous succombé. Quelques vestiges des fondations des bâtiments sont encore là, qui furent aussi certainement utilisés par les trappeurs Pomores, après le départ des bateaux de Chichagov. Sur le site il y a au moins 5 socles pour des croix orthodoxes russes et des couches de dépôts d'ordures importantes.
Pendant l'été 1838 une expédition française à bord de la corvette La Recherche, installa son camp pour deux semaines dans le fjord, qui depuis porte son nom. Les scientifiques établirent un petit observatoire sur l'Observatoriefjellet haut de 565 m, au sud d'Abestodden. Cette expédition qui visita la Scandinavie, la Laponie, les îles Féroé et le Spitzberg avait une mission d'ordre principalement scientifique. Paul Gaimard, médecin de la Marine et naturaliste, était à l'origine de cette entreprise qui représente un des premiers exemples de coopération scientifique internationale, puisque dix chercheurs scandinaves y participaient.
En 1895 un escadron d'entraînement anglais visita et mesura le fjord.
Au début du 20ème siècle la compagnie anglaise Northern Exploration Company (la NEC), fit une tentative d'exploitation minière dans plusieurs endroits du fjord de la Recherche. Sur la côte est un essai d'exploitation de minerai de fer en 1918-19 sur le Jarnfjellet resta sans suite, et des 4 grandes baraques portant fièrement le nom « Iron Mountain Camp » il ne reste aujourd'hui qu'une ruine tordue par les vents près de la rive.
Sur la rive ouest du fjord, à Snatcherpynten, la NEC a laissé quelques wagonnets, car le site, utilisé probablement comme camp provisoire, ne présentait pas de gisements économiquement intéressants. La maison encore debout près de Snatcherpynten n'a rien à voir avec la mine ; c'est le consul norvégien Johannes Gjaever, originaire de Tromsø qui la fit bâtir en 1904, supposée être une villégiature estivale, en pensant peut-être, en homme affaire avisé, à une future utilisation touristique, car la « Gjaeverhuset » était en tout cas trop grande et trop luxueuse pour s'en servir comme hutte de chasse... Appelée aussi « Camp Smith », cette maison est en mauvais état et de guingois, équivalent svalbardien de la Tour de Pise...Sur le même site se trouvent aussi les restes d'une station baleinière et d'un petit cimetière.
Sur une saillie rocheuse, à quelques centaines de mètres au-dessus de la maison, on peut voir la tombe de Trygve Olsen de Tromsø, qui mourut là en 1914 lors d'un hivernage.
À Asbestodden se trouve un gisement d'amiante qu'une firme norvégienne et l'omniprésente NEC ont essayé d'exploiter, sans succès, mais en laissant derrière elles deux huttes en ruine, bien que le directeur de la compagnie anglaise en 1919 ne fût autre que Frank Wild, connu pour son courage et sa détermination, second d'Ernest Shackleton lors de sa célèbre expédition sur l'Endurance en Antarctique.
Il y a enfin dans le Fjord de la Recherche un quatrième site, où la NEC a tenté sa chance ; à l'entrée du fjord sur la côte ouest, sur la plage à Calypsostranda, se trouve un filon de houille datant du tertiaire. En 1918-20, pendant les meilleures années, Calypsobyen fut une petite implantation et, à côté du « Camp Mansfield » dans le Kongsfjord, l'une des installations les plus importantes de la NEC au Spitzberg. La plage et l'implantation porte le nom d'un bateau anglais, le HMS Calypso, qui visita la région en 1895. Pendant les années qui suivirent la 1ère Guerre Mondiale la NEC fit construire plusieurs bâtiments, 8 en tout, dans le but d'extraire du charbon mais le filon se révéla insignifiant. De plus le site est très exposé aux intempéries, l'accostage difficile et le chargement de charbon pratiquement impossible ; l'exploitation fut fermée en 1920 et comme dans de nombreux autres projets hasardeux de la NEC le rêve d'un profit rapide s'évanouit un fois de plus. Aujourd'hui sur les six bâtiments encore debout deux sont en bon état, ils sont entretenus non seulement par le Gouverneur comme monuments historiques importants, mais aussi par les scientifiques polonais de l'université de Lublin, qui l'utilisent régulièrement en été pour s'y loger lors de leurs recherches sur le terrain.
Néanmoins ce site est en haut de la liste des sites à préserver en priorité et il est interdit de pénétrer dans les bâtiments. Les vestiges culturels ainsi qu'une colonie de sternes arctiques sont près du site de débarquement sur la plage de Calypsostranda ; la toundra derrière Calypsobyen offre la possibilité de faire une agréable randonnée.

À quelques kilomètres à l'est de Calypsobyen se dresse une hutte solitaire sur la plage : « Camp Jacobsen », construite en 1901 comme base lors des recherches minières qui n'ont rien donné, à la demande de Christian Michelsen, armateur à l'époque et plus tard premier ministre de la Norvège ; quoiqu'il en soit ce camp de base reste l'un des bâtiments encore debout les plus anciens du Svalbard. Où qu'ils se trouvent, les bâtiments de la NEC furent volontiers utilisés par les trappeurs norvégiens, qui furent même en partie rétribués en faisant fonction de gardiens...

Svalbard : Le Van Keulenfjord

Généralités

Connu pour l'importante chasse à la baleine qui s'y déroula, d'abord pour la baleine du Groenland au 17ème siècle puis pour le bélouga au début du 20ème, le fjord pénètre à l'intérieur des terres sur 35 km, il est rarement visité par les touristes mais là où il débouche dans le Bellsund on trouve de très beaux paysages caractéristiques et la toundra se prêtent aux randonnées qu'elles soient courtes ou longues. La partie sud du fjord appartient au Parc National du Sud-Spitzberg.

Toponymie

Ahlstrandodden : d'après Johan August Ahlstrand (1822-1896), bibliothécaire suédois intéressé par l'exploration polaire.
Berzeliustinden : d'après Jöns Jakob Berzelius (1779-1848), chimiste suédois.
Bourbonhamna : d'après Henry Prince de Bourbon-Parme (1851-1905), chef de l'expédition au Spitzberg et en Nouvelle-Zemble en 1891-92, il cartographia et nomma le site.
Bravaisberget : d'après Auguste Bravais (1811-1863), physicien français membre de l'expédition de la Recherche en 1838, hiverna à Bossekop Norway en 1838-39.
Eholmen : « la petite île des eiders ».
Forsbladodden : d'après Nils Jacob Forsblad (1874), capitaine suédois dans l'expédition de Nathorst au Spitzberg en 1898.
Fleur de Lyshamna : d'après le yacht du Prince Henry de Bourbon « Fleur de Lys » en expédition au Spitzberg en 1891-1892.
KappToscana : d'après une vieille famille noble autrichienne, liée à la famille de Bourbon-Parme.
Midterhuken : « pointe du milieu », d'après la situation entre les deux fjords voisins.
Nathorstbreen : d'après Alfred Gabriel Nathorst (1850-1921), géologue et explorateur polaire suédois.
Storbukta : « la grande baie ».
Van Keulenfjord : d'après une famille de cartographes hollandais qui possédait la plus grande maison d'édition de cartes marines à Amsterdam.

Le Van Keulenfjord : Paysage

Le paysage du Van Keulenfjord est profondément marqué par la géologie et l'on ne rencontre d'espaces plats que sur le côté sud. Le seul glacier se terminant avec un front glaciaire jusqu'au rivage, est le Nathorstbreen qui a fortement reculé au 20ème siècle ; il se trouve au plus profond du fjord et reste invisible depuis l'entrée.
Sur quelques espaces plats proches du rivage se trouvent des modèles bien marqués d'anciennes plages surélevées (Ahlstrandodden, Forsbladodden), parcourus par un réseau de coins de glace bien visibles. On trouvera là des petites baies bien abritées (Midterhukhamna, Van Keulenhamna et Bourbonhamna).

Le Van Keulenfjord : Faune et flore

Sur terrain plat la toundra est tantôt riche tantôt clairsemée, selon le sous-sol, montrant clairement la relation entre géologie et écologie. Des colonies d'oiseaux se trouvent dans les falaises du Berzeliustind et en nombre important à Midterhuken. Sur les petites îles nichent au printemps de grandes colonies d'eiders à duvet et la toundra est un lieu propice au rassemblement des oies. Sur les côtes on pourra aussi observer des sternes arctiques, des labbes parasites, ainsi que d'autres espèces fréquentes comme le bruant des neiges et plus occasionnelles comme le phalarope à bec large. Pendant la saison de reproduction au début de l'été, un norvégien récolte encore aujourd'hui le duvet dans les nids des colonies d'eiders, notamment sur l'île Eholmen, où se trouvent 3000 nids. Le duvet est traité dans une hutte à l'extrémité Sud de l'île Akseløya où il est nettoyé, puis vendu. La récolte d'une partie du duvet, telle qu'elle se pratique aussi en Islande, ne porte préjudice ni aux oiseaux ni aux pontes. De plus ces colonies d'eider sont de toute façon des réserves ornithologiques protégées et inaccessibles pendant la saison concernée.
Jusqu'au début du 20ème siècle les bélougas fréquentaient les parages du fjord, mais une chasse intensive a fait fortement reculer leur population.

Le Van Keulenfjord : Histoire

En 1891 et 1892 le Bellsund reçut une visite, celle du Prince Henry de Bourbon en croisière estivale sur son yacht Fleur de Lys, et qui passa son temps à mesurer le Van Keulenfjord.
À Midterhukhamna, une baie abritée à l'entrée du fjord, se trouvait au 17ème siècle une station baleinière anglaise parmi les plus importantes, avec plusieurs fours à graisse, des bâtiments, des plates-formes de travail, des postes d'observation et un cimetière un peu au-dessus de la station. Le site fut nommé Point Partition par Jonas Poole en 1610 et plus tard Middle Huk. Le port offre un abri contre le vent du nord et était indiqué par une ancre sur les cartes de 1710. Au centre de l'une des plates-formes où se dressait un four à graisse, se trouve la tombe d'un trappeur norvégien datant de 1882.
Une des plus anciennes huttes secondaires du Svalbard fut construite ici en 1898 et appartenait au trappeur Johan Hagerup. Ce dernier avait une station principale sur l'île Akseløya où il hiverna quatre fois entre 1898 et 1905. Pendant l'été 2000 le Gouverneur fit remeubler la station secondaire, et en raison de la grande valeur culturelle et de la vulnérabilité du site, il est strictement interdit d'y débarquer et de visiter les huttes ainsi que les vestiges de la station baleinière.
Il y a dans le Van Keulenfjord toute une série de petites huttes, construites principalement par la NEC afin d'étayer ses droits de possession, et qui furent plus tard utilisées par des trappeurs norvégiens comme stations secondaires et dont il ne reste aujourd'hui pratiquement plus rien.
Dans les années 1930 pendant la saison estivale, les norvégiens pratiquèrent la chasse aux bélougas avec des filets à l'entrée du fjord ; à l'Est de Ahlstrandodden s'étend une plage d'environ 2 km, « Kvitfiskstranda » (la plage des baleines blanches), au bout de laquelle se trouve une solide hutte de cette époque, appelée Bamsebu ; elle appartenait à Ingvald Svendsen, originaire de Tromsø, qui fut actif dans ce genre de chasse et possédait les 3 embarcations encore en bon état que l'on peut voir sur la plage.
Des amas d'os de baleines blanchis montrent que cette chasse fut fructueuse. À Ahlstrandodden se trouvent encore quelques bateaux à rames retournés, utilisés pour la chasse aux bélougas. Ces derniers, se déplaçant en groupes, chassés pour leur graisse et leur peau, étaient capturés à l'aide de grands filets que l'on transportait au large dans les bateaux et que l'on tirait ensuite à terre, une fois les baleines entrées à l'intérieur ; on les tuait alors au fusil ou à la lance.
Les bateaux, les huttes et les ossements de baleines à Ingebrigtsenbukta et à Fleur de Lyshamna sont des vestiges protégés.
On peut débarquer sur la plage à Ingebrigtsenbukta entre les amas d'os et Bamsebu ; il est aussi possible de jeter l'ancre et de débarquer à Bourbonhamna et Malbukta. On peut randonner aisément entre Fleur de Lyshamna et Bamsebu/Ingebrigtsenbukta.

Svalbard : Le Van Mijenfjord

Généralités

À l'Est de l'île Akseløya le fjord s'enfonce encore sur 50 km pour se diviser enfin en deux baies, Braganzavågen et Rindersbukta. L'entrée du fjord est pratiquement entièrement verrouillée par l'île Akseløya, longue de 8 km, ce qui fait que d'une part le fjord est bien protégé de la houle du grand large et que d'autre part la banquise séjourne dans le Van Mijenfjord bien plus longtemps au printemps que dans les autres fjords de la côte Ouest du Spitzberg. Ce qui bien sûr agace fortement la société minière norvégienne, la SNSK (« Store Norske Spitsbergen Kullkompani »), car l'intervention nécessaire d'un brise-glace pour la navigation vers Sveagruva est coûteuse et mal perçue par les protecteurs de l'environnement. De plus le passage difficile car plein de courants dans le mince détroit au Nord de l'île et qui est la route maritime régulière pour les navires charbonniers qui vont à Sveagruva et en reviennent, est controversé. Pourtant Akseløya est une perle du paysage arctique tant pour sa nature que pour son histoire.
La navigation peut être difficile avec de petits bateaux à cause des courants dans Akselsundet et il est bon de connaître la marée. Les rochers affleurant sous la surface de l'eau et les vagues font qu'un accostage à Vårsolbukta relève du défi et le meilleur endroit pour y débarquer est la plage de galets située dans la baie à l'Est du site. Les randonnées devront éviter soigneusement les sites de reproduction des oies et tenir compte de la fragilité de la toundra. C'est le long de la côte que se trouve le meilleur chemin pour rejoindre Camp Bell et Camp Millar.
Au printemps les conditions de glace fiables dans le fjord à l'Est d'Akseløya sont un avantage pour les traîneaux, qu'ils soient motorisés ou tirés par des chiens, et les randonnées à ski. Le Van Mijenfjord est donc souvent un but d'excursion pour les randonnées en motoneige, au cours desquelles on peut passer la nuit à Sveagruva, le site minier norvégien. La date de l'arrivée du premier brise-glace est importante car ensuite la banquise de fjord est infranchissable ; on peut trouver cette date dans la presse locale (Svalbardposten) ou la demander au bureau du Gouverneur (Sysselmannen) ou à l'office du tourisme.
Depuis Longyearbyen on peut aussi rejoindre le fjord par une randonnée à ski de plusieurs jours ; en été la région du Van Mijenfjord et du Bellsund, attrayante par ses paysages et sa nature, est aussi intéressante pour des randonneurs aguerris, d'autant plus que la ville russe de Barenstburg peut constituer un point de départ très accessible. Par contre pour rejoindre le Bellsund il faudra compter, entre autres, avec la traversée de puissantes rivières d'eau de fonte et de glaciers. La rivière du Reindalen est l'une des plus grandes du Spitzberg et les traversées près de l'embouchure sont normalement impossibles en été.
La partie Nord du Van Mijenfjord fait partie du Parc National du Nordenskiöld Land. Lors de la création du Parc en 2003, dont le Reindalen fait presque entièrement partie, il fut question d'une liaison routière entre Longyearbyen et Sveagruva, qui traverserait l'une des zones de toundra du Spitzberg parmi les plus productives du point de vue biologique, mais le projet fut, espérons-le, définitivement abandonné.
Le fjord fut peu visité par les chasseurs et trappeurs car on y trouvait peu de gibier, en revanche il gagna en importance en raison de ses riches gisements de charbon et de nombreux vestiges culturels de l'ère néo-industrielle.

Toponymie

Akseløya : d'après le bateau polaire Axel Thordsen, utilisé lors de l'expédition suédoise de A.E. Nordenskiöld au Spitzberg en 1864.
Berzeliusdalen : d'après Jöns Jakob Berzelius (1779-1848), chimiste suédois.
Braganzavågen : d'après Aldegonda Princesse de Braganza (née en 1858), mariée avec le Prince Henry de Bourbon.
Camp Millar : d'après Herbert Millar, membre de la NEC (Northern Exploration Company).
Fridtjovbreen : d'après un bateau norvégien.
Ingeborgfjellet : d'après un personnage mythique de la mythologie nordique.
Kaldbukta : « la baie froide »
Kjellströmdalen : d'après Carl Johan Otto Kjellström (1855-1913), cartographe suédois, membre de l'expédition d'A.E. Nordenskiöld au Groenland en 1833 et de l'expédition de Nathorst à L'île aux Ours et au Spitzberg en 1898. Il cartographia cette vallée et un cap porte aussi son nom.
Mariaholmen : petite île près d'Akseløya, peut-être en référence au poème suédois « Axel et Maria ».
Paulabreen : d'après Paula née Baronne Hagen (née en 1871), dans l'entourage de l'expédition de Henry de Bourbon.
Reindalen : la « vallée des rênes ».
Rindersbukta : d'après Michiel Rinders, baleinier hollandais.
Sveagruva : la « mine des suédois ».
Van Mijenfjord : orthographe déformée de Van Muyden, un baleinier hollandais.
Van Muydenbukta : d'aprèsWillem Van Muyden, chef de la flotte baleinière hollandaise en 1612-1613.
Vårsolbukta : « la baie du soleil de printemps » d'après « Vaarsol » un bateau polaire norvégien de Tromsø, utilisé par la « Norwegian Svalbard Expedition » de 1914.

Le Van Mijenfjord : Paysage

Au centre du paysage du Van Mijenfjord se trouve cette barrière qui saute aux yeux, l'île Akseløya, dont l'existence est indéniablement liée avec la dureté et le dépôt vertical des couches. Et c'est dans ce fjord que le rapport entre géologie d'une part, et paysage, écologie et histoire d'autre part est le plus évident. À côté des conditions de glace fiables du fjord à l'Est d'Akseløya, l'influence directe de la géologie contribue aussi à la formation des paysages. Les motifs géométriques de l'île et des plissements des strates dans les montagnes au Nord et au Sud sautent aux yeux immédiatement. À l'intérieur du Van Mijenfjord le paysage est marqué par des montagnes tabulaires, formant un contraste flagrant avec Ingeborgfjellet et Midterhuken.
À l'Ouest de Ingeborgfjellet le paysage se termine par une vaste plaine côtière recouverte d'une série de plages surélevées qui forment des « chemins de randonnée » solides et secs, alors que les écoulements des lacs proches de la côte sont profonds et empêchent tout passage à gué. Dans cette plaine se trouvent un peu partout des petites structures intéressantes comme des sols polygonaux.
L'intérieur des terres des deux côtés du fjord est peu englacé et le Nordenskiöld Land se termine par de larges vallées libres de glace. L'une d'elles, la Reindalen, large de 12 km à l'embouchure, est la plus grande vallée du Spitzberg ; d'autres comme la Berzeliusdalen plus à l'Ouest et la Kjellströmdalen près de Sveagruva, atteignent des dimensions considérables. Pour les randonneurs ces vallées présentent aussi de nombreux obstacles : la toundra spongieuse rend la progression pénible et les rivières sont difficiles à traverser, quand cela est possible.
Seuls 2 glaciers du Van Mijenfjord arrivent jusqu'à la mer : dans la Rindersbukta c'est le Paulabreen qui présente un front de glace bien marqué ; des deux côtés du fjord jusqu'à l'Ouest de Sveagruva, à plus de 20 km de la falaise de glace actuelle, de puissantes moraines latérales anciennes témoignent du recul important du glacier durant les derniers siècles, son avancée maximale ayant eu lieu il y a 600 ans ; des masses de coquilles dans les moraines indiquent un soulèvement des fonds sous- marins et en même temps un climat plus chaud car ces coquillages sont absents du Spitzberg aujourd'hui.
Le deuxième glacier actif de la région, le Fridtjovbreen, a une histoire intéressante. Les grandes moraines autour de la baie sont essentiellement des vestiges de la brutale avancée du glacier en 1860/61. En 1858 Torell décrit le glacier comme étant un glacier à l'intérieur des terres au-dessus de la baie, séparé de la mer par une avant-terre marécageuse (il y avait même une hutte devant le front de glace). En 1860/61, en l'espace d'un hiver, le glacier avança d'environ 10 km, bloquant presque le détroit Akselsund, et en 1898 Nathorst décrit le front de glace se trouvant à l'extérieur de l'entrée actuelle de la baie. Par la suite le glacier recula pendant une centaine d'années de 6 km environ, sans atteindre son minimum de 1858, son front de glace parvenant encore jusqu'à la mer.
Jusqu'au début des années 1990 son front se trouvait bien en arrière dans la baie Fridtjofhamna, mais en 1996 le glacier se remit en mouvement jusqu'à remplir pratiquement toute la baie ; de cette avancée témoignent encore aujourd'hui des vestiges de moraines très visibles.
À l'époque, une station de trappe encore utilisée s'est retrouvée menacée et fut déplacée hâtivement et réinstallée finalement à l'extrémité Sud de l'île Akseløya. Depuis, le Fridtjovbreen a reculé sensiblement et sa surface, encore fortement crevassée après 1996, a retrouvé un aspect normal.

Le Van Mijenfjord : Faune et flore

Les espaces de toundra productifs avec une végétation riche et de grands troupeaux de rennes se trouvent surtout dans les vallées (Berzeliusdalen, Reindalen etc.) ainsi qu'à proximité des grandes colonies d'oiseaux (mergules nains), en-dessous de Ingeborgfjellet et de Midterhuken, des régions où les renards polaires sont aussi abondants. Les mergules nains sont aussi la grande attraction de la baie de Vårsolbukta où ils nichent dans les éboulis par centaines de milliers en apportant des fertilisants à la toundra. Ces espaces à la végétation abondante constituent des zones importantes pour les oies qui arrivent au début du printemps soit pour commencer à nicher, soit pour faire une halte, se nourrir et repartir vers le Nord du Svalbard ou la côte Nord-Est du Groenland.
Sur la côte ce sont les eiders à duvet que l'on rencontre en grand nombre au début de l'été.
La partie plate du côté Est de l'île Akseløya est recouverte d'une végétation d'un vert éclatant, qui contraste avec les étendues dénudées au centre.

Le Van Mijenfjord : Histoire

La configuration des espaces naturels fait que l'histoire du Van Mijenfjord et de Akseløya remonte loin en arrière. Il y a là toute une série de sites avec des vestiges des stations de chasse Pomores, et 3 d'entre eux, tous situés sur la côte nord du Bellsund, ont été datés par les archéologues russes du milieu du 16ème siècle, c'est-à-dire avant la découverte du Spitzberg par le Hollandais Barents.
À l'extrémité sud d'Akseløya, l'un des pionniers de « l'ère moderne des trappeurs », Johan Hagerup, a installé sa station principale en 1898. Avec 4 autres norvégiens il entretenait un réseau de huttes secondaires plus petites, dont l'une existe encore à Midterhukhamna, destiné essentiellement à la chasse au renard polaire. Hagerup occupa ce domaine de chasse pendant quelques années et laissait hiverner des équipes comprenant jusqu'à 9 hommes. Avec la diminution des populations animales Hagerup se consacrait de façon secondaire à la science ; à plusieurs reprises il enregistra des séries de données météorologiques de façon régulière et en 1902-1903 il hébergea et seconda un scientifique de « l'Expédition Norvégienne pour les Aurores Boréales », qui entretenait en outre des stations en Islande, dans le Nord de la Norvège et sur Novaya Zemlya. À l'extrémité Sud de Akseløya, à proximité de la maison du collecteur de duvet d'eider norvégien, se trouve la vielle maison en pierre de Johan Hagerup qui est en bonne état grâce aux travaux de restauration entrepris par l'administration. Dans les environs de petites fondations carrées en béton témoignent encore des sites d'observations des aurores boréales et d'autres fondations du temps des Pomores sont elles aussi toujours visibles.
Au début du 20ème siècle la société anglaise NEC construisit toute une série de huttes au Nord du Bellsund et du Van Mijenfjord qui étaient toutes plus ou moins en rapport avec l'industrie minière. Les sites les plus importants étaient :
Camp Morton : environ 50 personnes hivernèrent ici en 1918-19 sous la direction de Frank Wild (second de Shackleton lors de l'expédition de l'Endurance en Antarctique en 1914), afin d'établir à grande échelle les bases d'une exploitation minière. Suite au manque de qualité et de quantité cette tentative ne dura qu'une saison. Il y eut là à l'époque 4 maisons, dont l'une avait déjà été bâtie en 1901 par le futur premier ministre norvégien Christian Michelsen. Une ancienne hutte de la NEC, entretenue aujourd'hui par une association de Longyearbyen, et tout un bric-brac ancien témoignent de ces espoirs déçus.
Camp Bell (à Vårsolbukta) : c'est dans ce bel environnement, juste sous les versants et les colonies d'oiseaux d'Ingeborgfjellet que la NEC fit construire en 1908 une hutte dans le but de rechercher des gisements de charbon, mais sans jamais arriver à une activité notable. La hutte appartient maintenant au Gouverneur et en 1999 elle fut déplacée et remontée plus haut sur la plage pour la protéger de l'érosion côtière en progression.
Camp Millar : à seulement 100 m à l'Est du Camp Bell, la NEC, pensant y trouver de l'or, fit construire deux nouvelles huttes mais le métal précieux se révéla par la suite inexistant. De cette prospection assidue témoignent encore l'entrée de la mine, près de laquelle sont éparpillés dans la toundra d'anciens véhicules sur rail. Aujourd'hui les deux huttes sont en bon état et maintenues extérieurement de façon fidèle à l'original. L'une appartient au Gouverneur et l'autre à une association de Longyearbyen.
Pendant de nombreuses années les trappeurs norvégiens ont profité des huttes de la NEC comme stations de chasse et furent même au début rétribués pour leurs services de « gardiennage ». Les huttes des trois camps sont bien sûr fermées et ne peuvent être utilisées sans l'autorisation de leurs propriétaires.
Pendant que la NEC bâtissait une hutte après l'autre dans le Bellsund, sans jamais rien trouver d'intéressant, une firme suédoise débuta dans l'industrie charbonnière en 1917 au fond du Van Mijenfjord et nomma le site de façon appropriée Sveagruva, la mine des suédois, et qui sera opérationnelle jusqu'en 1925 Mais les Suédois n'eurent d'abord pas beaucoup plus de chance que leurs concurrents anglais et vendirent leurs droits de possession à la compagnie minière norvégienne Store Norske Spitsbergen Kullkompanie (SNSK) en 1934.
En 1944 le site fut détruit par un sous-marin allemand mais la reconstruction redémarra dès 1946 car le combustible était devenu une denrée rare dont la Norvège avait un besoin urgent. La mine de « Svea » fut inactive de 1949 à 1970 puis à nouveau en 1987 pour une courte période, car les mines de Longyearbyen restaient plus accessibles et plus productives. Par la suite l'industrie minière norvégienne s'est pour ainsi dire délocalisée à Sveagruva qui fut réaménagée en une mine moderne en 2001. Pour être précis, l'exploitation se fait à « Zentralfelt », à quelques kilomètres plus au Nord sous une calotte de glace pouvant atteindre 250 m d'épaisseur. Les filons de charbon peuvent avoir jusqu'à 5 m d'épaisseur, en 2004 furent exportés 2 700 000 tonnes, pour 72% vers des firmes allemandes et on prévoyait 3 300 000 tonnes en 2007. Malgré quelques problèmes techniques sérieux avec des infiltrations d'eau dans les galeries, des incendies, comme celui de 2005 qui dura 5 semaines et causa des dégâts se montant à 700 millions de couronnes, et un accident où un mineur perdit la vie, la SNSK fait parfois même des bénéfices à Sveagruva, ce qui constitue une rareté dans sa longue histoire. Les mineurs, environ 300, dont la plupart réside à Longyearbyen avec leurs familles, font la navette en avion, en alternant 3 semaines de travail en logeant sur place avec 2 semaines de congé. Le tourisme ne fait pas partie des activités de Sveagruva, et le site n'est donc pas intéressant pour les touristes individuels. Les excursions en motoneige et organisées en groupe peuvent passer la nuit à Sveagruva, en sachant que l'on y trouvera aucun service pour le ravitaillement, les achats, etc.
Aujourd'hui Sveagruva est la mine la plus productive de l'archipel avec 4 millions de tonnes de charbon par an et la 3ème implantation minière du Svalbard, après Longyearbyen et Barenstburg.



Voyage Spitzberg - Croisière Spitzberg
Si vous vous intéressez à la région du Svalbard et à ses paysages extraordinaires,
nous vous invitons à découvrir les voyages polaires proposés par Grands Espaces.
Ce spécialiste des croisières polaires vous conduira au plus près des ours blancs,
pour un séjour authentique au coeur de la nature sauvage du grand nord.