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Géographie du Svalbard : entre montagnes, mer et banquise...


Svalbard : Un archipel arctique

L'archipel du Svalbard regroupe une poignée d'îles à mi-chemin entre le Cap Nord en Norvège et le Pôle Nord, comprises entre 74° et 81° de latitude nord et 10° et 35° de longitude est. La distance qui sépare le Sud du Spitzberg du Cap Nord scandinave est de 637 kilomètres, alors que les îles les plus au nord de l'archipel, les Sjuøyane (les Sept Îles), ne sont qu'à 1020 kilomètres du Pôle Nord. Le Svalbard est bordé par l'Océan Glacial Arctique au Nord, par la mer de Barents au Sud et à l'Est et enfin par la mer du Groenland à l'Ouest. Les terres voisines les plus proches sont l'archipel François-Joseph, qui appartient aux Russes, et le Nord-Est du Groenland, immense possession danoise. Ainsi le Svalbard apparaît comme le dernier endroit sauvage facilement accessible de l'Arctique européen.
L'archipel a une superficie de 61 022 km2 (un cinquième de la Norvège, soit approximativement la Belgique et les Pays-Bas réunis), dont 36 500 soit environ 60%, sont recouverts de glace. L'île principale du Spitzberg comprend 37 673 km2, dont 22 000 km2 sont occupés par des glaciers. Les autres îles importantes sont :

  • Nordaustland (La Terre du Nord-Est), 14 443 km2.
  • Edgeøya (l'île Edge), 5 030 km2.
  • Barentsøya (l'île Barents), 1 330 km2.
  • Kvitøya (l'île Blanche), 700 km2.
  • Prins Karls Forland (l'Avant Terre du Prince Charles), 640 km2.
  • Kong Karls Land (La Terre du Roi Charles), 340 km2
  • Bjørnøya (l'île à l'ours), 178 km2.
  • Hopen, 46 km2.
Svalbard : La baie de la Madeleine
Svalbard : La baie de la Madeleine

Spitzberg : Paysages, glaciers, fjords

Montagnes arides, où la roche apparaît à nu, et glaciers, environ 2650 au Svalbard, dont bon nombre arrivent jusqu'à la mer, constituent les paysages de cet archipel arctique, totalement privé d'arbres et d'arbustes en raison des vents et du froid.
Sur toute sa superficie le Svalbard regroupe une variété impressionnante de paysages.

Voyage Spitzberg - Svalbard photo

La mosaïque géologique et les différences climatiques s'associent de telle façon qu'il est possible, sur des distances assez courtes, de découvrir les types de paysage arctique les plus divers, depuis les pics englacés qui dominent de vastes plateaux entrecoupés par de larges vallées glaciaires, jusqu'aux plaines de toundra qui s'étendent en bordure des côtes. Le Nord du Spitzberg est plus élevé que le Sud, et c'est là que se dressent les deux points culminants de l'archipel, situés à 22 kilomètres l'un de l'autre : le Perriertoppen et le Newtontoppen, respectivement de 1712 et 1713 mètres d'altitude selon les mesures les plus récentes.

Plus on s'élève en altitude et plus fort est l'englacement ; c'est ainsi que presque toutes les vallées de la côte Ouest du Spitzberg sont parcourues par un véritable réseau de glaciers.
Ceux-ci s'écoulent vers la mer sous la forme de fronts de glace dans les fjords des côtes Ouest et Sud. De beaux fronts de glaciers se trouvent par exemple dans le Hornsund, le Kongsfjord, le Krossfjord, le Magdalenenfjord, le Smeerenburgfjord et le Liefdefjord.
Mais, comme à l'arrière de ces glaciers aucun inlandsis ne s'est formé comme au Groenland ou en Antarctique, les icebergs du Svalbard n'atteignent pas la taille imposante de ceux de ces régions-là.

Les côtes Ouest et Nord sont profondément entaillées par des fjords, dont les fonds peuvent dépasser 200 mètres à cause du surcreusement glaciaire ; le plus grand est le Storfjord au Sud, tandis qu'au Nord, le Wijdefjord mesure, lui aussi, plus de 100 km de long.
Sur le littoral, on voit de nombreuses plaines côtières -jusqu'à 10 km de large - recouvertes de dépôts marins et enserrant ça et là quelques lacs et lagunes, ainsi que des terrasses post-glaciaires.

Voyage Spitzberg - Svalbard photo

De vastes calottes glaciaires recouvrent de grandes surfaces du Svalbard, surtout à l'Est et au Nord. Tout l'Est et le Sud de Nordaustland est recouvert par les calottes glaciaires Austfonna et Vegafonna, qui ont entre 200 et 430 m d'épaisseur et occupent ensemble environ 8450 km2, ce qui correspond à peu près à la surface du Vatnajøkull au Sud-Est de l'Islande.
Le long des parties Sud et Est du Nordaustland s'étend un front de glace qui, avec une longueur d'environ 200 km, est le plus long de l'hémisphère Nord. De grands espaces non englacés se trouvent surtout dans les régions centrales du Spitzberg, leur altitude moyenne étant plus basse que les montagnes de la côte Ouest. La Terre de Nordenskjöld autour de Longyearbyen présente de grandes vallées libres de glace et des paysages de montagnes tabulaires.

Le Kong Karls Land à l'extrème Est du Svalbard avec ses montagnes tabulaires à basse altitude et ses plaines côtières, est totalement libre de glace, de même que les avant-postes Hopen et Bjørnøya. Depuis la fin du 19ème siècle la plupart des glaciers du Svalbard sont en recul. Ceci est mis en évidence par les grandes moraines qui sont éloignées des fronts glaciaires actuels, ainsi que par la comparaison de la situation actuelle avec celles des cartes terrestres et marines, qui documentent l'état des glaciers dans les années 70.
C'est pourquoi, lors de l'approche en bateau, on pénètre, d'après la carte marine, de plus en plus à l'intérieur de glaciers, qui en l'espace de quelques décades ont effectivement reculé de plusieurs kilomètres.

Au cours de la dernière grande glaciation (-18 000 ans), l'ensemble du Svalbard fut recouvert à plusieurs reprises par la glace ; au plus fort de cette glaciation une immense calotte s'étendait du Svalbard au Nord jusqu'au Nord de l'Allemagne au Sud. Sous l'effet de cette surcharge colossale, il s'est enfoncé dans le manteau terrestre sous-jacent. Depuis la fonte de cette gigantesque masse gelée, l'archipel soulagé ne cesse de remonter, à raison d'un cm par an, vers son altitude d'équilibre préglaciaire (phénomène appelé isostasie par les géophysiciens). Ce soulèvement a laissé des traces, qui, aujourd'hui encore, sont nettement visibles dans le paysage (cordons littoraux, terrasses marines, plages surélevées), et notamment sur les côtes, où certaines plages sont marquées par les modelages dus aux niveaux marins successifs ; ainsi, dans les îles de la Terre du Roi Charles (Kong Karls Land), les terrasses marines ou plages fossiles les plus hautes et les plus anciennes se trouvent aujourd'hui à 130 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est aussi pour cette raison que l'on trouve d'anciens os de baleine et du bois flotté décomposé à une grande distance de la côte actuelle.

Dans le cas des terrasses marines, la côte présente une falaise de faible hauteur (quelques mètres à une vingtaine de mètres) attaquée par les marées hautes et à son pied, une plage de galets découverte à marée basse. Ces plages de galets sont érodées sous l'action des courants marins : les galets transportés forment des cordons littoraux qui enferment des lagunes. Certains cordons littoraux s'avancent de façon importante par rapport à la côte : dans le détroit de Forland (Forlandsundet), la pointe Sarstangen s'avance de plus de cinq kilomètres presque perpendiculairement au rivage. En reculant de quelques dizaines de mètres et en se postant sur une hauteur, on peut avoir une vue impressionnante et inoubliable sur ces cordons littoraux souvent en forme d'arc.

Svalbard photo - glacier Svalbard en baie de Monaco
Svalbard : Front de glace en Baie de Monaco

Bref, ici, le paysage est modelé et la terre façonnée par le gel et les glaces, actuelles et passées.
À cause de l'exploration des fonds de la mer de Barents en vue d'une éventuelle exploitation des réserves de pétrole et de gaz sous-marines, le vêlage des glaciers du Svalbard a été particulièrement étudié, car nombre d'entre eux peuvent affecter dangereusement les installations off shore, en particulier lorsque se produit un phénomène d'avancée accélérée ou surge : de façon imprévisible le glacier, en l'espace de quelques années, avance de plusieurs kilomètres à une vitesse pouvant aller jusqu'à 100 m par jour. Le processus de déclenchement de ces vêlages intensifs est encore mal compris et leurs périodes mal connues, ce qui perturbe les mesures et constitue un handicap certain, lorsqu'on tente d'apprécier les bilans des calottes polaires actuelles, ou encore de prévoir leur réponse à un éventuel changement climatique.
Au total, sur 90 glaciers vêlant en mer étudiés, 55 surges ont été enregistrés au cours des 100 ou 150 dernières années. Les avancées glaciaires les plus impressionnantes ont eu lieu au cours des années 1935-38 : le Negribreen, au fond du Storfjord, a avancé à ce moment-là de 12 km dans son fjord et le Bråsvellbreen, émissaire de la calotte de la Terre du Nord-Est, de 20 km en mer sur un front de 30 de large.
Quelques surges sont récents : le Bloomstrandbreen en Baie du Roi (1960), le Tunabreen dans le Tempelfjord (1970), le Bakaninbreen au Sud-Est de Sveagruva (1990), le Monacobreen (1993) au Nord-Ouest.

Svalbard photo - glacier Svalbard Negribreen
Svalbard : Le glacier Negribreen, vu d'avion
Svalbard photo - glacier Svalbard en baie de Monaco
Svalbard : La baie de Monaco

Permafrost

Une autre présence de la glace, mais non visible, est le permafrost (ou pergélisol), sol gelé en permanence pratiquement partout sur une profondeur de plus de 100 m. Au cours de l'été, seule la partie superficielle du sol dégèle, de 30 cm à un peu plus de 2 mètres dans le meilleur des cas, permettant l'existence de plantes supérieures. Au delà de 25 mètres de profondeur, les variations annuelles de la température ne se font plus sentir. Alors qu'au Canada, le permafrost ne se forme que si la température annuelle moyenne est inférieure à -8°C, au Svalbard, il se forme avec une température moyenne de -4°C. L'épaisseur de la couche gelée varie entre 200 et 500 m. Auprès des côtes, elle peut être plus faible et sous certains glaciers parfois nulle. La mince couche superficielle peut être l'objet de puissants phénomènes géomorphologiques.
L'alternance gel/dégel de la couche de surface entraînent la formation de sols polygonaux. Sur des substrats meubles et homogènes, le gel s'accompagne d'un phénomène de rétraction caractérisé par l'apparition d'un réseau de fentes qui constituent alors une cavité idéale où la neige balayée par le vent vient s'accumuler. En s'y tassant, elle finit par devenir de la glace. Quand il gèle, celle-ci attire les eaux et augmente de volume, donnant à terme un véritable coin de glace, voire un réseau de coins glaciaires. Ce réseau de fentes prend l'allure de polygones juxtaposés, l'intervalle entre les lignes variant généralement entre 5 et 50 m, rarement davantage. Les sols polygonaux ne sont pas aussi fréquents que dans certains deltas du Nord de la Sibérie ou du Canada. La présence d'une grande quantité d'eau dans le sol est nécessaire pour amorcer le processus.
Les cercles de pierre se forment par contre dans des zones plus sèches. La coexistence de matériaux de différentes compositions et de différentes tailles est nécessaire pour amorcer le processus. Sous l'effet de plusieurs facteurs, on assiste à un triage de ces matériaux : les éléments les plus grossiers ont tendance à remonter en migrant vers l'extérieur alors que les plus fins s'enfoncent en restant au centre. Le résultat final montre alors des ronds de pierre dont le diamètre varie entre 1 et 3 m en moyenne et qui peuvent, suite au substrat géologique varié et aux différences climatiques, revêtir des formes diverses.
Les successions gel/dégel provoquent aussi la fragmentation des roches en surface, c'est la gélifraction. Les roches sédimentaires présentent de nombreuses fissures propices à la pénétration de l'eau. Le gel provoque l'agrandissement de la fissure et la répétition de ce phénomène conduit la roche mère à se désagréger complètement. Certaines couches sédimentaires situées à mi-pente de montagne sont réduites à l'état de gravier presque aussi fin que du sable.
Les versants peuvent aussi être modelés. Le sol mou et gorgé d'eau coule lentement le long de la pente vers la vallée, avec une progression de quelques centimètres à quelques décimètres par an, c'est la solifluxion. Ce phénomène apparaît dans les zones de permafrost, où le gel empêche l'eau de s'infiltrer et par conséquent le sol de sécher, si bien que cette solifluxion en forme de vagues, de lobes, peut être un facteur important dans le modelage du paysage mais aussi devenir problématique pour le promeneur et les constructions.

On peut voir enfin au Svalbard ce que les Esquimaux du Canada appellent des pingos (en inuktitut «  colline surgissant d'une plaine nue »). Ces collines, d'une hauteur de 10 à 30 mètres environ et d'un diamètre qui peut atteindre plus de 100 m, se rencontrent dans les grandes vallées. L'origine de leur formation est liée au permafrost et aux glaciers, elle fait penser à une source gelée. Sous les grands glaciers, le permafrost peut être absent ; l'eau de fonte s'infiltre alors dans le sous-sol et sous l'effet de la pression, ressort en surface dans les vallées. Une partie de cette eau regelant au cours de sa remontée à travers le permafrost, une lentille de glace se forme et l'augmentation de volume force le sol à se soulever. Au Spitzberg on trouve des pingos surtout dans les grandes vallées libres de glace comme Nordenskjöld Land, Advendalen et Reindalen.

Svalbard : Climat du Spitzberg

Compte tenu de la position géographique du Svalbard, le climat y est relativement doux et tempéré, mais aussi très variable. Le temps est essentiellement de deux types. Soit dominé par les basses pressions progressant vers le Nord, apportant un air marin doux ; soit gouverné par les hautes pressions du Groenland, amenant de l'Est des masses d'air polaire froid. L'archipel est donc soumis à l'affrontement des masses d'air douces et froides ; cela signifie en particulier que le temps devient instable et nuageux en hiver, lorsque les contrastes sont les plus marqués. Il faut noter toutefois l'adoucissement des températures de la côte Ouest, placée sous l'influence de la remontée de la branche tempérée du Gulf Stream (ce qui peut entraîner une différence de 20°C entre le Spitzberg et la côte canadienne, à la même latitude, et de 15°C avec la Sibérie), ainsi la côte Ouest centrale reste-t-elle libre de glaces pratiquement toute l'année, alors que la côte Est est baignée par un courant froid qui apporte beaucoup de glaces dérivantes, lesquelles vont contourner le Spitzberg par le Cap Sud, ce qui explique que les fjords du Sud sont encombrés par les glaces même en été, alors que la côte Ouest en est dégagée depuis longtemps. Ainsi, les températures diminuent progressivement vers l'Est, où le climat devient de plus en plus continental. On peut donc qualifier le climat du Spitzberg de climat polaire maritime.

Bien que la moyenne des températures soit plus élevées que dans les autres régions arctiques, les extrêmes sont très proches. Depuis 1951 et jusqu'en 1975, les relevés se faisaient à Isfjord Radio, sur la façade Ouest du Spitzberg. Depuis, ils se font à l'aéroport de Longyearbyen. Les statistiques, avant et après 1975, ne sont donc pas comparables du fait de la différence de climat entre ces deux points. En règle générale la côte occidentale est plus douce en hiver, plus fraîche en été ; la côte orientale est plus froide toute l'année, le centre est plus continental et le Sud reste frais du fait d'un courant froid (souvent accompagné de pack) qui vient contourner le Cap Sud.

La saison d'hiver se caractérise par une moyenne d'environ - 15°C, mais de très grandes variations sont possibles. Le minimum enregistré est de - 46,3°C (4 mars 1986). Le minimum absolu est de - 49,2°C (le 28 mars 1917) près de Barentsburg (au début du siècle, le climat était plus froid que de nos jours). Non seulement les variations sont importantes sur des périodes de temps assez longues, mais elles peuvent être très rapides dans le temps. Dix jours après le record de 1986, il faisait 3,8°C !
Les maximums d'hiver sont anormalement élevés pour la latitude et il peut dégeler au cours de n'importe quel mois. Entre 1986 et 1990, il n'y a eu que cinq mois où le maximum a été négatif. Les mois les plus froids sont février et mars, alors on peut s'attendre à températures de -40°C, que les tempêtes d'hiver rendent encore plus intenses et aussi à des périodes de plusieurs semaines où le thermomètre ne dépassera pas -20°C. Ces bizarreries climatiques s'expliquent par l'action conjuguée, d'une part des courants marins chauds et des dépressions en provenance de l'Atlantique Nord et, d'autre part des anticyclones polaires et de la proximité de la banquise.
Les statistiques montrent une hausse des moyennes des mois d'hiver de près de 8°C dans les années 1915-1920. Depuis, les années 60 puis la fin des années 80 ont été plus froides que les moyennes calculées sur des périodes plus longues.

Contrairement à la saison d'hiver, la saison d'été possède des températures plus stables. Le jour continu ainsi qu'une couche nuageuse très fréquente maintiennent une fraîcheur régulière. Au lieu d'une différence d'environ 50°C, les extrêmes ne sont séparés que par une vingtaine de degrés ; sur la côte Ouest, la variation normale ne dépasse pas 10°C pour tout l'été.
Le maximum récent est de 15,9°C (23 juillet 1990). Le maximum absolu est de 21,3°C (16 juillet 1979). Mais les minimums sont en dessous de zéro. Le mois de juillet est le mois le plus chaud avec 5/6°C et il ne gèle pratiquement jamais. Entre fin juin et la mi-août on aura rarement des températures inférieures à 2°C et supérieures à 10°C.
La température annuelle moyenne dans l'Isfjord est d'environ -7,5 °C.

Svalbard météo
Les installations de la station météo de Ny-Ålesund

Les fronts météorologiques traversent souvent le Svalbard et les précipitations (neige ou pluie) sur les régions les plus exposées s'en ressentent, bien qu'elles demeurent modestes, car l'air froid ne peut contenir beaucoup d'humidité. La côte Ouest est défavorisée, le Sud-Est est aussi plus arrosé et la zone la plus sèche s'étend autour du grand Wijdefjord.
Les précipitations sont normalement plus abondantes en automne, et les reliefs des régions de l'Est sont particulièrement exposés, car ils forcent les courants ascendants ; on a estimé que certains glaciers pouvaient par exemple recevoir l'équivalent de plus de 1 000 millimètres d'eau.
On pourrait classer le Svalbard dans la catégorie des déserts. La moyenne des précipitations annuelles à long terme se situe autour de 200 millimètres, mais elle concerne la partie centrale du Spitzberg, zone très abritée et considérée comme plutôt sèche. Sur la côte Ouest, les moyennes se situent aux alentours de 400 millimètres. On dénote une pointe au mois de mars, suivie d'un creux très net en mai et d'une remontée en fin d'été et enfin un second creux en décembre.
Ce phénomène s'explique par le fait qu'en fin d'hiver, les dépressions remontant l'Atlantique Nord sont chargées d'air doux et humide, pouvant ainsi provoquer des tempêtes importantes (de la neige mais aussi de la pluie). Le printemps est une période plutôt dégagée et stable.
En fin d'été des averses de pluie et/ou de neige sont fréquentes. En décembre l'air polaire froid et sec a tendance à repousser l'air humide plus vers le Sud. En été, sur la côte Ouest, des averses bien marquées sont courantes, mais dans l'intérieur des terres, il s'agit beaucoup plus souvent d'un crachin très fin, souvent accompagné de brise, la pluie volant presque à l'horizontale. En altitude il est souvent accompagné de brouillard. Le plafond des nuages est souvent à moins de 500 mètres d'altitude.
Le peu de neige qui tombe en hiver est très rapidement soufflé au point que tout ce qui dépasse du sol reste à nu et que le moindre trou est comblé. L'épaisseur moyenne ne semble pas dépasser 50 centimètres. Il est fréquent aussi qu'au cours de l'hiver il se mette à pleuvoir tout comme à neiger en été. Au-delà de 500 mètres d'altitude, il est normal de voir de la neige en toute saison. La limite des neiges persistantes varie suivant les régions entre 200 et 800 mètres d'altitude.

Le « temps spitzbergien » typique et caractéristique en été est constitué d'une couche de nuages d'une régularité et d'une stabilité à toute épreuve, sans pluie et sans grand vent.
Bien que la moyenne globale de la couverture nuageuse varie peu suivant les saisons, la fréquence des jours clairs et couverts est plus fluctuante. En été le ciel est très souvent couvert et rarement dégagé ; en hiver, en revanche, la couverture nuageuse est plus variable et les jours clairs sont plus fréquents.

Le brouillard au niveau de la mer est assez classique l'été par beau temps stable. Une couche d'air froid local ou en provenance de l'Océan Arctique se glisse sous l'air doux et, au contact de la mer, favorise la formation d'une nappe de brouillard de faible épaisseur (200 à 300 mètres le plus souvent voire moins de 100 mètres dans certains cas), qui peut être très gênant en mer ou pour les avions.

En ce qui concerne la force moyenne des vents les chiffres sont d'une étonnante stabilité, avec une variation saisonnière très marquée. Les vents d'hiver soufflent plus souvent en tempête ou en blizzard suivi d'un ou plusieurs jours de calme absolu. En été, par contre, ce sera plutôt une brise assez régulière et permanente. En règle générale, les vents d'Ouest et surtout du Sud amènent un air doux et humide, ainsi que des tempêtes en provenance de l'Atlantique Nord. Les vents du Nord et d'Est amènent un air froid et sec. Cette tendance sera sans doute différente sur la partie Est du Spitzberg.
La présence de grandes surfaces de neige provoque des vents catabatiques. Une différence de température, même faible, entre l'air froid au contact de la neige et l'air plus doux au niveau de la mer provoque un écoulement de cet air froid par les vallées glaciaires.
L'incidence du relief est énorme. Un vent dominant de force moyenne peut être canalisé par les grandes vallées glaciaires et les grands fjords centraux sont souvent des couloirs à vent alors que sur la côte Ouest, il faut nettement meilleur. Par contre, certaines montagnes forment de bons abris contre le vent.

D'un point de vue général, aux latitudes du Svalbard, la durée des jours et des nuits continus s'accroît d'environ 6 semaines entre le 74° N et le 81° N, et le jour polaire dure ici environ 2 semaines de plus que la nuit car les rayons du soleil s'incurvent légèrement vers le bas en traversant les couches très froides de l'atmosphère.
En juin et en juillet le soleil de minuit est tellement haut que son éclat est presque le même qu'à midi. Par contre, sa puissance est beaucoup plus faible et si le temps est nuageux, il est très difficile d'estimer l'heure à l'aide de la luminosité du ciel, mais ce n'est qu'à partir de la mi-août qu'il y a de beaux couchers de soleil. Le 23 août, officiellement, se termine le soleil de minuit à Longyearbyen. Vers le 26 octobre le soleil disparaît sous l'horizon pour trois mois et demi, l'obscurité totale (la nuit polaire) durant deux mois et demi, du 14 novembre au 29 janvier, période au cours de laquelle le soleil reste au moins à 4 degrés sous l'horizon et seuls le clair de lune et les aurores boréales donnent un peu de clarté. La meilleure époque pour les voir se situe au creux de l'hiver, c'est à dire en décembre. Le jour réapparaît début février et le soleil vers le 16 février. Début avril, il n'y a plus de nuit et le 19 avril, officiellement, le soleil de minuit est de nouveau présent pour quatre mois.

Svalbard : Banquise et courants marins

La banquise, dans les environs du Svalbard, suit fidèlement les courants marins. L'extension est maximale en mars-avril. Normalement, le Svalbard est entièrement pris par les glaces à cette époque. Sur la côte Ouest, seule une bande côtière très étroite existe, de quelques kilomètres à cinquante au maximum. Par contre, la côte Est du Spitzberg et tout le reste de l'archipel sont complètement pris. Dans les années de faible glaciation, la moitié ouest du Spitzberg est dégagée : approximativement entre la pointe Sud (Sørkapp) et la pointe Nord (Verlegenhuken). Les 25 dernières années ont connu une période de faible glaciation par rapport aux décennies précédentes. La surface de la banquise est minimale à la fin août ou en septembre. L'archipel est alors complètement dégagé, sauf l'Île Blanche (Kvitøya) en bordure de la banquise. Les années de forte glaciation, toute la partie Est de l'archipel reste prise, notamment le détroit de Hinlopen entre le Spitzberg et La Terre du Nord-Est (Nordaustlandet). En cas de vent du Nord, la banquise peut atteindre le Spitzberg même en plein été. Les fjords gèlent au cours de l'hiver. Contrairement à la banquise du large, la glace ne dérive pas ou peu, l'épaisseur ne dépassant pas 2 mètres, contre 3 à 5 pour la glace de l'Océan Arctique.

Les principaux courants marins dans les environs du Svalbard sont :

  • La dérive transpolaire au Nord en direction du Svalbard. Elle oblique vers l'Ouest pour devenir le courant du Groenland Est.
  • Le courant de l'Île aux Ours, à l'Est en direction du Sud-Ouest.
  • Le courant du Spitzberg Est, entre les îles de l'archipel.

Ces trois courants sont froids et transportent de grosses quantités de glace (Le courant du Groenland Est est le principal exutoire pour la glace de l'Océan Arctique).

Svalbard photo
Svalbard : L'Île aux Ours
  • Le courant du Spitzberg Ouest est le dernier prolongement du Gulf-Stream. Ce courant remonte la côte Ouest puis la côte Nord du Spitzberg. Une autre branche de ce courant contourne la pointe Sud du Spitzberg au large.

Ce courant chaud apporte de l'eau plus salée que celle de l'Océan Arctique. Cette eau plus dense s'enfonce sous l'eau polaire plus légère et continue vers l'Est. Elle a été repérée à grande profondeur au Nord de la Sibérie.
Ce courant explique en grande partie le climat doux du Svalbard et l'absence de banquise à des latitudes proches de 80°N. La proximité entre, d'une part des courants froids et la banquise et, d'autre part l'eau à une température pouvant aller jusqu'à six ou sept degrés centigrades, entraîne les grandes variations du climat hivernal.

Ces courants de surface affectés par les vents sont la cause des grandes variations du front polaire (limite entre les eaux atlantiques chaudes et les eaux arctiques froides) notamment dans le Nord du Svalbard.
Les grands courants océaniques ont peu d'influence le long des côtes. On doit bien plus tenir compte des courants de marée. Bien que les amplitudes des marées soient faibles (un à deux mètres), les courants engendrés peuvent être importants si la configuration des côtes s'y prête. En règle générale, les zones les plus sensibles sont les détroits, les zones où des moraines immergées forment des rétrécissements sous-marins.
Un effet bien pratique de la dérive transpolaire est l'apport de bois flotté en provenance de Sibérie (arbres arrachés naturellement par les rivières sibériennes). On trouve sur la plupart des plages du Svalbard du bois en quantité impressionnante et il est assez fréquent de rencontrer des troncs d'arbres à la dérive ou en cours d'échouage. Ce bois a fourni une source de construction et de chauffage aux trappeurs au cours des siècles précédents.

Svalbard : Longyearbyen et les autres agglomérations et stations

L'agglomération principale du Svalbard est Longyearbyen, fondée dans l'Isfjord en 1906 par l'américain John Munroe Longyear ; la ville a été rachetée par la SNSK en 1916 et c'est aujourd'hui le siège de l'administration norvégienne avec son Gouverneur, le « Sysselmann » et environ 2000 résidents. C'est là que se trouve l'aéroport ouvert en 1975 et qui assure des liaisons quotidiennes avec la Norvège. Ces dernières années la ville s'est dotée d'infrastructures modernes accueillant mineurs (la mine N°7 est actuellement la seule en activité), chercheurs et étudiants (UNIS, l'université fut ouverte en 1993), employés des diverses administrations et touristes, faisant de cette ancienne cité de la Compagnie minière une « capitale » dont la population augmente régulièrement et est forte d'une communauté ethnique variée, où 30 à 40 nations sont représentées.

Svalbard - Ny-Ålesund
Une parabole de la station de recherche de Ny-Ålesund Parabole de la station de recherche de Ny-Ålesund
Svalbard : Paraboles de la station de recherche de Ny-Ålesund

Plus au Nord, dans la Baie du Roi (Kongsfjorden), le charbon fut aussi exploité à Ny Ålesund jusqu'en 1962 par des entreprises norvégiennes. Aujourd'hui ce village qui compte de 40 à 100 résidents environ, est un centre de recherche scientifique international dont les activités sont administrées et coordonnées par la Norvège. Ny-Ålesund est célèbre pour avoir été le point de départ de plusieurs tentatives pour atteindre le Pôle Nord par les airs. La France est présente et entretien deux bases dans le Kongsfjord.

Svalbard - Ancienne mine de charbon de Ny-Ålesund
Svalbard : Ancien train de Mine de Ny-Ålesund

Svalbard - Rails de l'ancienne mine de charbon de Ny-Ålesund Svalbard - L'ancienne mine de charbon de Ny-Ålesund, rails et traverses
Svalbard : Vestiges des anciennes mines de Ny-Ålesund

À Sveagruva, au fond du Van Mijenfjorden, à 60 km au sud-est de Longyearbyen, une mine de charbon fut ouverte par une compagnie suédoise en 1917. Rachetée en 1934 par la compagnie charbonnière norvégienne SNSK, modernisée et remise en activité, c'est aujourd'hui la mine la plus active du Spitzberg. Cette implantation compte une piste d'aviation, un magasin et un hôtel. Mais peu de gens y résident en permanence, la plupart des employés, environ 250, font la navette en avion entre Svea et Longyearbyen.

Barentsburg, située dans le Grönfjorden à l'Ouest de Longyearbyen, est une ville minière à l'origine hollandaise et rachetée par l'Union Soviétique en 1932 ; elle compte environ 800 résidents, pour la plupart d'origine Ukrainienne, et c'est de nos jours le lieu principal des activités russes, essentiellement minières et touristiques.

La cité minière Pyramiden dans le Billefjorden, un des bras de l'Isfjord, fut d'abord suédoise en 1910 puis russe en 1926. Elle fut fermée en 1998.

Grumantbyen, entre Longyearbyen et Barentsburg, fut une ville minière russe. Fondée par l'Union Soviétique en 1919, elle a connu un fort développement incluant école, ponton de chargement ainsi qu'une ligne de chemin de fer à voie étroite reliant Grumantbyen à Colesbukta. Elle resta en activité jusqu'en 1962.

À côté de ces agglomérations existent ou existaient des stations plus petites : sur les îles Bjørnøya et Hopen, des stations météorologiques norvégiennes sont occupées toute l'année.
Dans le Hornsund, la Pologne entretient depuis 1957 une station de recherche, la seule en dehors de Ny Ålesund, abritant une dizaine personnes.
D'autres centres de recherches, l'un suédois à Kinnvika dans le Murchisonfjord (Nordaustland) et un autre, hollandais, près de Dolerittneset sur Edgeøya furent en activité respectivement de 1957 à 1959 et de 1968 à 1969.
Sur le Kapp Linné, le gouvernement norvégien installa en 1934 une station de radio-maritime (Isfjord Radio) qui, à coté d'observations météorologiques, servit aux communications entre toutes les implantations au Svalbard ainsi qu'avec le continent. Cette station fut automatisée en 1999.

Les quelques stations de trappeurs qui furent utilisées ces dernières années sont situées dans les régions suivantes : Kapp Wijk (Isfjorden), Akseløya (Bellsundet), Austfjordneset (Wijdefjord), Mushamma (Woodfjord) et Farmhamma sur la côte Ouest.

Svalbard, hutte de trappeurs
Svalbard : Hutte de trappeurs
Svalbard, hutte de trappeurs
Svalbard : Bois de flottage utilisé pour construire les huttes

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Un glacier sous surveillance au Spitzberg

Sources : L'Arctique et l'environnement boréal (Collection Autrement dit, CNDP).
En voyage au Spitzberg, Terre Polaire (C. Kempf).
Spitzbergen (A. Umbreit).
Spitzbergen - Svalbard (R. Stange)
Svalbard-Spitzbergen Guide (Pål Hermansen)



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