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L'HISTOIRE DU SVALBARD


Svalbard : Le temps de la découverte (12e - 16e siècles)

Contrairement aux autres régions polaires, il n'existe pas de population indigène au Svalbard car aucun groupe humain, Inuit ou Sibérien, ne s'y est vraiment implanté. En revanche, l'archipel a connu plusieurs vagues successives de visiteurs et ces différentes phases, qui ont marqué l'histoire du Spitzberg, ont parfois tendance à se chevaucher ; mais elles permettent de mieux comprendre, dans le contexte historique européen, pourquoi l'intérêt économique et scientifique pour l'Arctique joue une rôle si important de nos jours.
Les Inuit ne se sont jamais installés au Spitzberg. En effet, depuis la côte Nord-Est du Groenland ils n'ont pu franchir la banquise, qui dérive depuis l'Océan Arctique en entraînant tout visiteur possible vers le Sud.
De plus, lorsque ce peuple inventa les bateaux avec kayaks et oumiaks arrivant ainsi à Thulé au IXe siècle, la mer, gelée 10 à 11 mois sur 12 sur la côte Nord-Est du Groenland, ne leur permit pas, en raison de l'englacement trop important, de vivre de leur économie habituelle : le phoque.
Une éventuelle présence humaine au néolithique, originaire de Sibérie, avait été avancée, suite à la découverte de silex en 1955 au Cap Linné et dans le Sassenfjorden, mais cette hypothèse reste très controversée et n'a guère été retenue, bien que certains de ces silex aient été classés « sans aucun doute faits de main d'homme. »
Avec la fin des grandes expéditions vikings en Europe du Nord et le Moyen Age européen qui assimilait les mers du Nord à des lieux hostiles où régnaient des monstres marins redoutables, il fallut en fait attendre que les grandes compagnies commerciales arment des bateaux pour tenter de trouver la route des Indes en passant par le pôle. Parce que les troubles naissants au Moyen-Orient rendaient les convois peu sûrs, des flottilles de voiliers aux coques de bois furent envoyées dans le Nord, à la recherche de ce passage mythique.

L'Île aux Ours - Spitzberg
Svalbard : L'Île aux Ours

Comme beaucoup de découvertes, celle du Svalbard fut le fruit d'une navigation hasardeuse et on l'attribue au navigateur Hollandais Willem Barents. En 1596, alors qu'il cherche le Passage du Nord-Est, il découvre successivement l'Île aux Ours (Bjørnøya), baptisée ainsi à la suite d'une première rencontre avec un ours polaire, abattu après un âpre et long combat, et un peu plus tard au Nord-Ouest, une terre qu'il appelle le Spitzberg (« Montagnes pointues »). Quant à cette première terre aperçue, il est possible qu'il s'agisse de Fuglehuken, la pointe nord de l'île montagneuse Prins Karl Forland. D'autres lieux de la côte Ouest furent abordés et la toponymie originelle rappellent son passage : Beeren Eyland (Bjørnøya), Spitsbergen, Inwick (Bellsund), Grooten Inwyck (Isfjord), Vogelhoek (Fuglehuken), Keerwyck (Nord de Forlandsund). Mais il n'existe pas de vestiges archéologiques de l'expédition de Barents.
Voici ce que le navigateur écrit dans son livre de bord, le 17 juin 1596 : « Tout était calme depuis midi, mais lorsque nous avons atteint le 80ème degré et 10 minutes, nous avons viré (...) pour contourner la glace (...). Nous fîmes route un quart de mille plus loin, par des vents de sud-est, puis 4 lieues dans le sud-sud-ouest. Nous vîmes alors la terre et, poussant dans l'ouest-sud-ouest, (...) une terre haute et entièrement recouverte de neige. »
En poursuivant son voyage, Barents et ses hommes furent obligés d'hiverner au Nord-Est de la Nouvelle Zemble. Pendant cet hivernage forcé Barents et plusieurs de ces hommes moururent du scorbut. Le reste de l'équipage réussit à rejoindre la Hollande, vantant la découverte de nouvelles terres dans le Nord mais aussi la richesse de la faune.
Barents ignorait que dans les annales islandaise des Vikings datant de 1194, il est fait référence à la découverte d'une terre (« Svalbardi fundinn ») « à quatre jours de voile » de l'Islande appelée Svalbard (« côtes froides ») et qui était entre-temps tombée dans l'oubli...Le terme de « Svalbard » est également mentionné dans une des plus célèbres sagas islandaises, le « Landmanabok »ou « Livre de la Colonisation », datant du 13ème siècle.
Certains historiens pensent que les islandais de l'époque évoquaient peut-être l'île Jan Mayen (qui est à mi-chemin entre l'Islande et le Spitzberg), ou bien une portion de la côte Est du Groenland. Les Vikings pensaient que la terre du Svalbard était reliée au Groenland et Barents, ne pouvant la contourner par le Nord en raison des glaces, crut à cette hypothèse. Quoiqu'il en soit, aucun vestige de leur passage n'a pu être trouvé à ce jour sur le terrain. En 2001 un petit monticule de pierre, d'origine apparemment artificielle et ressemblant à une tombe viking, fut découvert sur la petite île Tusenøya, mais il était vide mis à part quelques ossements inexpliqués.

Des historiens russes ont affirmé que les Pomores, un peuple d'agriculteurs, de chasseurs et de trappeurs peuplant les côtes de la région d'Archangelsk et de la Péninsule de Kola, avaient visité le Svalbard au 14ème siècle et y avaient hiverné à partir du 15ème. Se déplaçant sur la banquise les Pomores avaient considéré le Spitzberg comme une partie du Groenland et l'avaient appelé « Grumant ».
Il est vraisemblable que pendant des siècles ils furent actifs dans différentes parties du Svalbard, où ils ont laissé des traces visibles de leurs visites.
Etymologiquement leur nom signifie en russe « qui vit près de la mer » . Originaires de Russie centrale, ils se sont installés sur les rives de la Mer Blanche au Xème siècle. Assurément les débuts de l'époque des Pomores restent obscurs. Ils ne seraient pas venus au Svalbard de leur propre initiative, mais y auraient été « engagés » par des compagnies de commerce, voire même par l'Eglise russe. Ils naviguaient sur des embarcations appelées lodyas (voiliers à un seul mât) et il semble que les séjours hors de chez eux s'étalaient de juillet à septembre, pendant que leurs familles restaient en Russie. Une exception, bien involontaire, se produisit en 1743, lorsque 4 hommes s'échouèrent sur Edgeøya et survécurent, sauf un, jusqu'à ce qu'ils soient sauvés six ans plus tard, en 1749.
À côté de la recherche de bons terrains de chasse, les raisons religieuses pourraient aussi avoir joué une certain rôle. Car les Pomores étaient aussi des « Raskolniki », des croyants dissidents qui se sont séparés de l'église orthodoxe russe et étaient pour cette raison persécutés. La question, aujourd'hui encore très ouverte, est de savoir s'ils étaient déjà présents sur « Grumant » avant sa découverte officielle par Willem Barents. Cette question fut débattue surtout à l'époque de la concurrence entre l'Est et l'Ouest, et les archéologues russes voulaient y apporter une réponse décisive, afin de faire du Svalbard une découverte russe, précédant celle des Hollandais. Et même si les documents historiques, les fouilles archéologiques et les datations des restes retrouvés (dendrochronologie et thermoluminescence) ne fournissent pas de preuves incontestables et restent pour cette raison controversés, il est néanmoins fort probable, que les Pomores aient eu des stations de chasse au Svalbard dès le 15ème siècle. En effet les vestiges d'une demi-douzaine de stations sur la côte Ouest ont été datées du milieu du 15ème siècle. Les dernières de ces petites stations de chasse furent abandonnées au 19ème, sans doute pour des raisons politiques ou économiques, et il est possible d'y voir encore aujourd'hui des vestiges caractéristiques comme des restes de briques de cheminée ou des croix orthodoxes.
Le représentant le plus célèbre des Pomores fut Ivan Starostin, qui séjourna au Spitzberg de 1787 à 1826, et qui, pendant les quinze dernières années de sa vie, ne se donna même plus la peine de retourner sur le continent. Il vécut près de Russekeila, entre le Kapp Linné et le Grønfjord et fut enterré après sa mort en 1826 près du cap qui porte désormais son nom, le Kapp Starostin.

Suite : L'époque des baleiniers



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