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Côte Nord-Ouest du Spitzberg : les 7 glaciers, la Baie des Hambourgeois, la Baie de la Madeleine

Généralités

Il s'agit de cette étroite bande côtière couvrant environ 300 km², qui s'étend entre le Krossfjord et la Hamburgbukta, et des 7 glaciers qui s'y trouvent et qui font partie du Parc National de l'Ouest du Spitzberg. Les paquebots passent là régulièrement et les passagers peuvent admirer un paysage impressionnant de montagnes et de glaciers. La côte est rectiligne, exposée à la houle du grand large et sans baies abritées, donc peu propice à un débarquement ; seule la Kvedfjordbukta offre toutefois un abri au sud.

Côte Nord-Ouest du Spitzberg
Côte Nord-Ouest du Spitzberg

Toponymie

Les noms donnés aux glaciers sont dans un ordre chiffré de 1 à 7, du sud au nord :
Førstebreen (premier glacier)
Andrebreen (deuxième glacier)
Tredjebreen (troisième glacier)
Fjerdebreen (quatrième glacier)
Femtebreen (cinquième glacier)
Sjettebreen (sixième glacier)
Sjubreen (septième glacier)
Dei Sju Isfjella : « les 7 icebergs », probablement d'après Friedrich Martens qui les appela ainsi en 1671, lors de son voyage comme médecin de bord sur un baleinier de Hambourg.
Kvedfjordbukta : d'après le S/S Kvedfjord, le bateau de Gunnar Isachsen en 1906 et 1907, lors d'expéditions organisées par le Prince Albert Ier de Monaco.
Rekvedbukta : la « baie du bois flotté ».

Paysage

Difficile d'imaginer une côte plus inhospitalière. Presque partout, les montagnes descendent de façon abrupte jusqu'à la mer. Des 7 glaciers, seuls les plus grands atteignent la mer par leur front de glace et suite à leur retrait généralisé se forment de plus en plus de bandes morainiques entre ces langues de glace et l'océan.

Faune et flore

Dans les éboulis des pentes nichent de nombreuses colonies de mergules nains. Il existe en outre un fort potentiel pour l'observation de baleines.

Histoire

La mer bordant la côte a été au long des siècles une zone importante pour la chasse à la baleine.
Pendant l'hiver 1922, deux Norvégiens, Torgeir Møkleby et Harald Simonsen, ont dérivé dans les glaces dans un petit bateau le long de cette côte.
Dans la Kvedfjordbukta se trouvait une petite hutte qui servait d'intermédiaire aux trappeurs, entre leurs territoires du Krossfjord et ceux du Smeerenburgfjord. (construite en 1928, mais sans doute déjà utilisée en 1923-24 selon d'autres sources). Une autre hutte a été construite en 1929 à proximité du Roederfjellet.

Hamburgbukta (La baie des Hambourgeois)

Généralités

Petite baie dans le Park National du Nord-Ouest du Spitzberg, à environ 3 km au sud de la Baie de la Madeleine. À peine visible de la mer, son entrée a 100 m de large et seulement 2 m de profondeur et elle offre aux petits bateaux le seul lieu de mouillage protégé entre le Magdalenefjorden et le Krossfjorden, souvent utilisé comme port naturel du temps des baleiniers.

Paysage

Paysage rocheux austère avec une partie plate limitée le long de la côte. L'intérieur est très montagneux et englacé ; 2 petits glaciers coulent jusqu'à la baie mais n'ont plus de front de glace et finissent par une moraine.

Faune et flore

Dans les versants à éboulis nichent des colonies de mergules nains.

Histoire

Dans les années 1642 et suivantes, cette baie servit de base pour les baleiniers de Hambourg et quelques tombes sont encore visibles au sud de l'embouchure de la baie. Installés à l'extérieur de la zone de chasse des Hollandais, ils purent ainsi éviter les conflits. Au 20e siècle, des trappeurs norvégiens y construisirent une hutte, utilisée lors de leurs déplacements ; à l'origine elle était destinée à la société minière Northern Exploration Company, mais tomba complètement en ruine entre 2005 et 2007.
En 1912 la zone autour de la baie fut occupée par une expédition allemande pour le compte de la compagnie maritime Norddeutscher Loyd.

Magdalenefjorden (La Baie de la Madeleine)

Voyage Spitzberg - Baie de la Madeleine

Généralités

Long d'environ 10 km et large de 2 ou 3, le fjord est accessible la plus grande partie de l'année et ne gèle pas régulièrement en hiver, cette zone côtière étant sous l'influence du gulfstream. Dans la partie moyenne la petite baie de Trinityhamna, derrière la presqu'île de Gravnseset, abrite un mouillage déjà utilisée au 17e siècle par les baleiniers. Les profondeurs du fjords permettent à de gros bateaux de croisières de visiter le site et d'y jeter l'ancre, afin que les passagers puissent admirer ce magnifique paysage alpin de montagnes et de glaciers. Ainsi le site de Gravneset est-il, en dehors des agglomérations, le plus fréquenté de l'archipel du Svalbard, où se présentent en moyenne 15 000 touristes par an, avec un ou deux débarquements. Pour éviter les dégâts occasionnés par les piétinements, plusieurs zones ont été depuis 1996 entourées d'une clôture, une mesure jusque là unique au Svalbard, dans le cadre de la préservation de la végétation et de la sauvegarde des monuments culturels. Le trafic touristique est placé en outre sous la surveillance du Gouverneur grâce à une hutte construite près de Gravneset, où stationnent 2 policiers pendant la saison estivale. Aujourd'hui, la Baie est aussi un point de départ pour les expéditions d'alpinisme ou de randonnées sur les glaciers. L'arrière-pays alpin fut, au 20e siècle, le théâtre d'expéditions d'alpinistes, surtout le massif granitique du Losvikfjella (1095 m) à l'est du Waggonwaybreen et du Hornemanntoppen (1097 m), qui reste aujourd'hui encore difficilement accessible en raison de son isolement.
En juillet 1977, un alpiniste autrichien fut attaqué et tué par un ours polaire sur le lieu du campement du groupe qui, non armé, ne put qu'assister au drame. Le risque d'une rencontre avec un ours ne doit pas être sous-estimé dans cette Baie de la Madeleine, qui doit son nom à la patronne des baleiniers, et se trouve dans le Parc National du Nord-Ouest du Spitzberg.

Toponymie

Alkekongen : le « roi des alcidés », (le mergule nain)
Gravneset : la « presqu'île des tombes »
Gullybreen, -bukta : Gully signifie « gouttière », se rapporte à l'étroite vallée du glacier.
Magdalenefjord : d'après le personnage biblique de Marie-Madeleine, Sainte-Patronne des baleiniers.
Trinityhamna : la « Baie de la SainteTrinité »
Waggonwaybreen : le glacier « des ornières », se rapporte aux moraines moyennes rappelant des voies de circulation, dues en fait à la convergence de plusieurs glaciers.
Tyskerfjellet/Tyskarfjellet : la « montagne des allemands », nom donné peut-être par une expédition d'alpinistes autrichiens en 1931.

Paysage

Comptant parmi l'un des plus beaux et l'un des plus spectaculaires du Svalbard, le paysage est l'attraction principale de la Baie et il enthousiasme chaque été des milliers de croisiéristes. Les majestueuses montagnes du côté nord ont de 600 à 900 m d'altitude, un peu moins du côté sud. Les plus grands glaciers sont, au sud du fjord, le Gullybreen qui s'écoule dans une petite baie, la Gullybukta et le glacier principal, le Waggonwaybreen, au bout du fjord.

Faune et flore

L'ours polaire peut être observé dans cette région tout au long de l'année et le renard polaire y cherche souvent sa nourriture près des falaises à oiseaux. Des colonies de fulmars boréaux, de bernaches nonnettes et d'eiders à duvet sont connues. Dans les cônes d'éboulis des versants tout autour du fjord nichent des mergules nains en grand nombre et à proximité se trouvent des zones de végétation d'un vert éclatant avec beaucoup de mousse et les espèces typiques dues à l'apport de guano, comme l'oxyria à deux carpelles et la cochléaria officinale. Parmi les autres plantes dominantes on peut citer la luzule nivale, la luzule confuse et dans les zones plus désertiques le pavot arctique.

Histoire

C'est sans doute Willem Barentsz, qui, en juin 1596, a visité le premier le fjord et en a peut-être pris officiellement possession pour les Pays-Bas. En 1614 l'anglais Robert Fotherby fit ériger une croix sur le site de Gravneset, tout en prenant possession de la région au nom, cette fois, du Roi James Ier d'Angleterre. Mis à part le paysage, le Magdalenefjord est célèbre également pour ses sites culturels datant de l'époque de la chasse à la baleine.
Les baleiniers anglais nommèrent Trinityhamna un petit port naturel abrité par la presqu'île Gravneset ; là, ils ont entretenu jusqu'en 1623 une station baleinière, où des restes de 4 fours à graisse sont encore visibles. C'est de cette époque que date aussi le cimetière avec environ 130 tombes et qui compte parmi les 3 cimetières de baleiniers les plus importants du Svalbard. Il servira bien plus longtemps que les fours à graisse, car on y enterra les derniers morts jusqu'à la fin du 18e siècle, alors que la chasse à la baleine se déroulait depuis longtemps en haute mer et que l'on revenait à terre seulement pour y prendre de l'eau fraîche, effectuer des réparations ou enterrer les morts sur la plage, selon la tradition. À part les accidents, les victimes succombaient surtout aux maladies et au scorbut. Autrefois, de nombreuses croix avec de simples inscriptions ornaient les tombes, mais elles ont disparu au cours des siècles et le soulèvement dû au gel et au dégel du permafrost ont mis à jour les cercueils, dont les planches furent disséminées et les restes de squelettes éparpillés par les ours polaires mais aussi par les touristes.
Sur le côté nord, en face de Fugleholmen, se trouve les ruines à peine visibles d'une petite hutte de trappeur et juste à côté se trouvait autrefois une hutte pomore. À Gravneset, il y a avait également une hutte de trappeur norvégienne datant de 1930, mais il n'en reste plus rien aujourd'hui ; en revanche la hutte du Gouverneur est bien visible, car beaucoup plus récente.
Une série d'expéditions a visité la Baie de la Madeleine, comme l'expédition de la Recherche en 1838 ; en 1910 le Mainz, bateau de l'expédition du Comte Zeppelin, s'y arrêta, laissant derrière lui quelques noms de lieux, comme Miethebreen, Tyskerfjellet ou Pencktoppen. L'expédition qui succéda en 1912 prit possession de la zone pour la compagnie maritime Norddeutscher Lloyd.

D'après les sources littéraires, le site de Gravneset fut visité dès les années 1800 et le nom lui fut donné par Léonie d'Aunet, première femme à visiter le Spitzberg en 1838. En 1932, l'inspecteur des Mines Mercoll rapportait dans le journal norvégien Aftenposten que les touristes avaient tellement endommagé le site qu'en 1930, il avait fallu ré-enterrer une grande quantité d'ossements. La végétation dans cette zone fut aussi touchée et en 1979, on racontait que le site ressemblait davantage à un terrain de camping qu'à un cimetière. De nombreuses tombes ont été ouvertes par des touristes curieux et amateurs de souvenirs. Des noms de bateaux et autres graffitis étaient inscrits sur les rochers de la plage et des feux de camps allumés avec les planches des cercueils.
Aujourd'hui la visite du site (cimetière et fours à huile) est réglementée ; la zone est entourée d'une clôture et surveillée par la police pendant la saison estivale.

Côte Nord-Ouest : Sørgattet, Smeerenburgfjorden, Danskøya, Amsterdamøya

La côte nord-ouest du Spitzberg est caractérisée par plusieurs détroits, des fjords s'enfonçant loin à l'intérieur des terres et des îles, donnant ainsi des paysage très variés avec des versants abrupts et de grands glaciers. Au 17e siècle, cette région fut la zone de chasse à la baleine la plus importante du Spitzberg, si bien que l'on trouve des restes de cette époque en de nombreuses endroits. Plus tard, plusieurs expéditions célèbres ont fréquenté la région pour des travaux scientifiques ou comme point de départ.
C'est surtout en raison des paysages spectaculaires mais aussi des sites historiques, qui ont fait de cette zone au nord-ouest un musée polaire à ciel ouvert, que la région est devenue l'un des sites touristiques les plus appréciés, avec des mouillages très connus comme Smeerenburg ou Virgohamna.
Toute cette région fait partie du Parc National du Nord-Ouest du Spitzberg, comprenant en outre des réserves ornithologiques (Skorpa et Moseøya au sud-ouest de Danskøya), et depuis 2010 certains sites historiques sont interdits d'accès (Likneset, Ytre Norskøya).

Sørgattet, Bjørnfjord, Smeerenburgfjord

Généralités

Le détroit de Sørgattet, long de quelques kilomètres seulement, mène, entre l'île Danskøya et le Spitzberg, jusqu'au Smeerenburgfjord et au Bjørnfjord ; l'étroitesse du passage, les hauts fonds et les forts courants de marée, font que les bateaux préfèrent l'éviter et entrer par le nord dans le Smeerenburgfjord.
À l'entrée ouest du Sørgattet se trouvent 2 réserves ornithologiques, Skorpa et Moseøya (accès interdit du 15 mai au 15 août). Le cimetière des baleiniers à Likeneset est fermé aux visiteurs depuis 2010.

Toponymie

Aurivilliusfjellet : d'après Karl Samuel Aurivillius (1854-1899), zoologue suédois.
Bjørnfjord : le « fjord des ours »
Hornemanntoppen : d'après Hans Henrik Hornemann (1878-1945), géologue norvégien, membre de l'expédition du Prince Albert 1er de Monaco en 1906.
Likneset : la « presqu'île des morts »
Smeerenburgfjord : d'après le site de Smeerenburg sur l'île Amsterdamøya. (ancienne appellation « Mauritius Bay »).
Sørgattet : le « passage sud ».

Paysage

Relief alpin, escarpé, abrupt et fortement englacé à l'intérieur. Le relief côtier en revanche est arrondi par l'érosion des glaciers. Un paysage plat ne se rencontre que sur Amsterdamøya et de façon limitée sur Danskøya, sinon le terrain est peu praticable et très pierreux.
Le Bjørnfjord se termine par un beau glacier, le Smeerenburgbreen. Comme il a reculé durant ces dernières décennies, les cartes marines ne comportent pas d'indications de profondeur. À l'est du Smeerenburgfjord se trouve une série d'autres glaciers avec des fronts de glace plus modestes. Ces paysages alpins sont un paradis pour les alpinistes, avec deux points culminants : le Hornemanntoppen (1097 m) et l'Aurivilliusfjellet (1150 m).

Faune et flore

La végétation est extrêmement pauvre, elle ne devient plus dense qu'à proximité des colonies d'oiseaux, les plus importantes étant celles de mergules nains, où le vert éclatant se voit de loin.
Dans cette région inhospitalière on peut surprendre quelques rennes qui s'égarent sur les glaces du fjord en hiver.

Histoire

Sur la côte est du Smeerenburgfjord se trouve près de Likneset l'un des plus importants cimetières du Spitzberg datant de l'ère des baleiniers, avec environ 225 tombes. Dans la Scheibukta il y avait au 17e siècle une station baleinière anglaise qui fonctionna jusqu'en 1623.
À Bjørnhamna, sur la côte sud, se trouve une ancienne hutte de trappeur norvégienne du début du 20e siècle et qui appartient aujourd'hui à l'administration. À l'origine elle fut construite en 1912 pour la société minière anglaise NEC (Northern Exploration Company), puis démolie en 1925 par Georg Bjørnnes, un célèbre trappeur norvégien, puis à nouveau reconstruite. D'autres huttes secondaires étaient installées sur ce territoire, agrandissant ainsi le terrain de chasse. En font partie : Aeøya (Virgohamna, année d'origine inconnue, transformée en 1996/97), Sverdrupfjellet (Smeerenburgfjord, année 1928), Danskøya (à l'ouest de Danskeneset, année 1929), Kobbefjord (année 1934), Magdalenefjord (côte nord, en face Fugleholmen, année 1912 pour la NEC, ainsi que Trinityhamna année 1930), Hamburgbukta (année 1912 pour la NEC), Kvedfjordbukta (Dei Sju Isfjella, année 1928, hutte principale), et Roederfjellet (Dei Sju Isfjella). Le site de Bjørnhamna reflète bien la structure de ce qu'était un territoire de chasse au 20e siècle, même si aujourd'hui les petites huttes sont presque toutes en mauvais état.
Le sommet Hornemanntoppen (1092 m) fut gravi pour la première fois par une expédition autrichienne en 1931.

Danskøya

Généralités

Cette petite île rocheuse de 40,6 km2, aux formes arrondies rabotées par les glaciers, est surtout connue des historiens pour le site de Virgohamna, point de départ d'expéditions vers le Pôle Nord. Elle fait partie du Parc National du Nord-Ouest du Spitzberg et comprend au sud-ouest 2 réserves ornithologiques : Skorpa et Moseøya dont l'accès est interdit du 15 mai au 15 août.

Toponymie

Danskøya : « l'île aux Danois », d'après une station baleinière danoise installée ici au 17e siècle dans le Kobbefjord.
Kobbefjord : « le fjord aux phoques », autrefois « København Bay ».
Virgohamna : d'après le bateau du suédois Andrée S/S Virgo en 1896.

Faune et flore

En dehors de mousses, de lichens et de quelques plantes à fleurs comme le pavot arctique et les saxifrages, la végétation est pauvre sur l'île. À marée basse viennent quelquefois des phoques communs se prélasser sur les pierres ; à par cela on pourra observer quelques colonies d'oiseaux marins dans les falaises et une rencontre avec l'ours ou le renard polaires est toujours possible.

Virgohamna :

Pour pénétrer sur ce site historique fragile, l'autorisation écrite du Gouverneur est nécessaire et depuis 2000 des réglementations précises y sont en vigueur, concernant les critères de débarquement, les différents vestiges à visiter et leur protection ; ces informations se trouvant dans un dossier remis par le Gouverneur ainsi qu'une carte indiquant les endroits dont l'accès est autorisé.

C'est surtout sa longue et dramatique histoire qui rend un débarquement sur l'île intéressant.
À Virgohamna, autrefois « Houker Bay », c'est sur la côte nord que se concentraient les activités, les restes les plus anciens datant de l'époque des baleiniers, quand les Hollandais y entretenaient, entre 1636 et 1650, une station appelée « Harlinger Kokerij », avec des fondoirs à graisse de baleine et des bâtiments dont il reste encore quelques fondations ; quelques tombes sont aussi visibles près du rivage. Des fouilles archéologiques ont révélé les fondations de 5 bâtiments, de 3 fours à graisse doubles et livré de précieuses informations sur la vie quotidienne des baleiniers au 17e siècle.
En 1671, le médecin allemand Friderich Martens visita la station baleinière abandonnée et trouva 4 bâtiments encore debout.
Le visiteur suivant fut un riche anglais, Lord Arnold Pike, qui, en 1888-1889, voulut hiverner à l'est du Spitzberg et se consacrer à la chasse à l'ours polaire. La route de l'est étant barrée par la banquise, il atterrit finalement à Virgohamna, où il fit construire par ses compagnons norvégiens une maison préfabriquée confortable, afin d'y passer l'hiver. Cette construction fut utilisée plus tard par les explorateurs Andrée et Wellman, ainsi que par les trappeurs Oxaas et Nilsen dans les années 1920/21, avant d'être démontée en 1925 et transférée à Barenstburg, mais les fondations restent visibles.
C'est en 1896 et 1897 que le site devint mondialement célèbre, lorsque l'ingénieur suédois Salomon August Andrée tenta d'atteindre le Pôle Nord en ballon. Sa première tentative pendant l'été 1896 fut annulée ; en juillet1897 le ballon gonflé à l'hydrogène « Ørnen » décolla avec succès de Virgohamna avec à son bord Andrée, l'ingénieur Fraenkel et le photographe Strindberg. Alourdi par la glace le ballon s'échouera sur la banquise à 500 km de là. Les 3 hommes tenteront courageusement de rejoindre les terres, mais ce n'est que 33 ans plus tard qu'on eut des nouvelles lorsqu'on retrouva par hasard les restes de l'expédition ainsi que les corps sur l'île Blanche au nord-est du Spitzberg. Plus tard, un monument à la mémoire d'Andrée et de ses compagnons fut érigé à Virgohamna par la marine suédoise.
Une autre tentative moins connue et vouée à l'échec, à l'aide d'un radeau en bois, fut celle de l'allemand Bauenthal après un hivernage en 1901 dans la maison de Pike.
Quelques année plus tard c'est au tour du journaliste américain Walter Wellman, mais ses tentatives, en 1906, 1907 et 1909, de rejoindre le Pôle Nord avec le dirigeable « America » ont toutes échoué.

Kobbefjord

Là, sur la côte ouest de l'île, se déroula un autre épisode moins connu mais néanmoins dramatique.
À la fin février de 1922, les norvégiens Torgeir Møkleby et Harald Simonsen quittaient avec un petit bateau la station météo près de Kvadehuken dans le Kongsfjord, pour rendre visite à un ami trappeur dont ils étaient sans nouvelles. Encerclés par les glaces, ils vont dériver dans la banquise pendant 3 semaines le long de la côte ouest, entre le Kongsfjord et le Magdalenefjord ; ils réussirent finalement à débarquer dans le Kobbefjord avec très peu de nourriture et juste de quoi bivouaquer, sans savoir où ils se trouvaient. Le 10 avril un bateau parti à leur recherche passa au loin au-delà de la banquise, mais ils ne purent attirer son attention. Le journal de bord des 2 rescapés qui finiront par mourir de faim et d'épuisement, se termine le 13 juin et fut retrouvé ainsi que leurs restes l'année suivante. Le chef de la station, se sentant coupable de leur disparition, se suicida et les restes du trappeur disparu furent découverts dans les années 1960 ; apparemment, il fut victime d'un ours polaire à la fin de l'année 1921 après que son arme se fut enrayée.
À l'entrée du Kobbefjord se trouve un petit îlot rocheux appelé Postholmen, dont le nom renvoie à une vielle tradition de l'époque des baleiniers. Les bateaux qui passaient le long de cette côte y déposaient du courrier sur une lagune toute proche et ceux qui rentraient en faisant route vers le sud pouvaient le prendre au passage afin de l'acheminer jusqu'à la destination finale.

Amsterdamøya

Généralités

Juste au nord de Danskøya se trouve Amsterdamøya, une île plus petite avec ses 19 km², mais qui lui ressemble à de nombreux points de vue. Au sud-est se trouve Smeerenburg, l'un des sites culturels les plus connus et les plus appréciés pour un débarquement. L'île fait partie du Parc National du Nord-Ouest du Spitzberg.

Toponymie

Amsterdamøya : l'île Amsterdam d'après les baleiniers hollandais.
Salatberget : d'après la cochléaria officinale, plante que les baleiniers récoltaient et utilisaient pour se prémunir contre le scorbut.
Smeerenburg : la « ville de la graisse ».

Paysage

La plus grande partie de l'île se compose d'une montagne tabulaire, le Hollendarberget culminant à 480 m, et au sud d'une partie plus plate parsemée de quelques petites lagunes. Une ancienne moraine recouvre cette plaine qui, en été, devient humide et boueuse. On y trouve de nombreux blocs erratiques et des sols polygonaux. Près de Smeerenburg s'est formée, à cause de l'action des vagues sur la moraine, une vraie plage de sable, plutôt rare dans cette région rocailleuse. Un seul petit glacier est à noter au nord du Hollandarberget.

Faune et flore

À part quelques mousses et lichens, la végétation reste pauvre dans les environs de Smeerenburg, sauf sur les versants du Hollendarberget à proximité des colonies d'oiseaux, où poussent la cochléaria et l'oxyria, contenant de la vitamine C et que les baleiniers récoltaient dès le 17e siècle pour se protéger du scorbut.
Près de Smeerenburg, on peut voir quelques rennes et les petits lacs intéresseront les ornithologues (sterne arctique, bruant des neiges, tourne-pierre à collier, oies et labbes parasites). Sur le rivage, on peut parfois observer des phoques communs qui viennent de la colonie du Prins Karls Forland. Les morses y sont plutôt rares et se regroupent en colonie sur l'île de Moffen, plus au nord.

Histoire

Une fois de plus, c'est avant tout l'histoire qui rend l'île Amsterdam intéressante et attractive pour les touristes. Smeerenburg est certainement l'une des plus importantes et des plus célèbres stations baleinières du Spitzberg. Pas moins de 8 compagnies commerciales issues de différentes villes des Pays-Bas y avaient développé des activités et chacune possédait au moins 2 double-fours à graisse et 2 maisons ; temporairement se joignait à elles une société danoise. Dans les meilleures années, ce sont 200 personnes qui travaillaient à Smeerenburg et les restes des fondoirs à graisse de baleine sont encore visibles sur la plage. Les deux fours à l'extrémité Est de la plage appartenaient aux fondateurs de la station, issus d'Amsterdam, celui situé à l'extérieur a disparu, emporté par l'érosion côtière. D'Ouest en Est, les fours avaient les propriétaires suivants : Hoorn, Enkhuizen, Delft, les baleiniers danois, Veere, Vlissingen, Middelburg, Rotterdam et Amsterdam.
En tout, ce sont environ 19 bâtiments et une petite « forteresse », sans doute équipée d'un canon, qui constituaient la station fondée en 1617 et dont l'âge d'or dura quelques décennies pour ensuite péricliter à partir de 1660, après que les baleines aient déserté les fjords. Friedrich Martens, lors de sa visite en 1671, constata la décrépitude de la station.
Smeerenburg est aussi connu pour être le premier site d'hivernage volontaire d'Européens au Spitzberg : de 1633 à 1634, une équipe de garde de 7 hommes y passa l'hiver avec succès. Par contre, lors d'une deuxième tentative pendant l'hiver 1634-35 il n'y eut aucun survivant et les 7 hommes furent enterrés dans la plaine derrière Smeerenburg, où les archéologues ont pu dénombrer 101 tombes sur plusieurs emplacements différents et datant des 17e et 18e siècles.
En 1906, le croiseur hollandais Friesland visita Smeerenburg dans le but de remettre les tombes en état, laissant derrière lui un monument commémoratif à environ 1,5 km au nord de l'ancienne station baleinière.

Sources :

Spitzbergen / Svalbard (Rolf Stange)
Spitzbergen (Andreas Umbreit)
Crusie Handbook for Svalbard (Norwegian Polar Institute)
Svalbard Guide (P. Hermansen)
Place Names of Svalbard



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